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LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
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Écusson de Bône généreusement offert au site de Bône par M. Bonemaint
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SOMMAIRE de la SEYBOUSE N° 272
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- Puglisi : C'était un jour de 1958.
- Costanzo-barbara : UN SOUVENIR IMPÉRISSABLE !
- Acep 271 : UNE EGLISE OUBLIEE
- Echo-d'Oranie 262; JE VOUS ECRIS AU PLUS LOINTAIN DE MES RÊVES
- Mutilé 204-1921 ; STATION DES OULED GHALIA
- Alg-catholique 5-1938 : Bénédiction de deux cloches
- Bonjour 117 : Le magnifique palmarès du Vélo-Club-Bônois
- Alger-étudiants N°29-1924 : Le chemin professionnel
- PHOTOS BONE
- Ventura : Je suis né en Algérie française.
- Acep 271 : HISTOIRE DE L'AFRIQUE DU NORD
- PHOTOS de Bône
- Algudo ; Stidja
- Donato : 272-Texte Interview Pastor
- ACEP 271 : REGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE
- PNHA 187 : LE VELO PASSION DE CLARA SANCHEZ
- Algudo : RESPONSABLES ET COUPABLES D’UN DOUBLE DRAME HUMAIN
- Grieu poème : TROUS NOIRS
- BRASIER Panthéon : 54 maccarthy
- PNHA 187 : MARCEL HUMBERT ET BERROUAGHIA
- Grieu poème : ÂGE D’OR
- Revue de l'Orient 1846-1, P 165-169 : SAHARA ALGÉRIEN.
- PHOTOS Vassalo BONE Victor Hugo 54
- PNHA 183-187 : conférence sur le 24 janvier 1960
- Algudo : De « JE VOUS AI COMPRIS »
- PHOTOS Vassalo BONE Victor Hugo 53
- Grieu poème : NÉANT
- Castano : Oran mai 1962 : le cortège des enfants brisés
- Loïc Steffan : Sur le Canon Français
- Gomez : Ne leur en déplaise, c’est bien la France qui a créé l’Algérie
- inconnu : Bougez, exprimez-vous,
- Gomez : Que s’est-il passé en mai-juin 1945 dans le Constantinois ?
- Verdhelan : Le 13 mai 1958 : prémices d’une trahison
- Mise à jour photos école
- Livre d'Or :
- Vidéos : 219-alat-14 ; 220-alat-15.pdf
- Histoire : La femme Corse...
Chers Amies, Chers Amis,.
" Bône " lecture et bon mois de juin
A tchao, Diobône,
Jean Pierre Bartolini
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J'avais 20 ans et je buvais la vie comme du petit lait. Mais parfois, il arrivait que cette boisson, pouvait devenir particulièrement aigre et dure à digérer. C'est pourquoi, j'ai très envie de vous raconter aujourd'hui, ce qui m'est arrivé par une fin d'après-midi d'octobre 1958, sur une route de la Grande Kabylie :
" C'était la rentrée scolaire, j'étais très en retard d'une semaine et je devais prendre la direction de l'Ecole Nationale Professionnelle de DELLYS, sise, en Grande Kabylie. Après un voyage Bône – Alger par avion sans problème, j'atterrissais à Maison Carrée et me dirigeai tout droit vers Alger. Après une attente de deux heures environ, je grimpais dans un bus de la SATAC, qui devait relier Alger à Dellys distante de 80 kms à l'est. A mi-chemin nous atteignirent la ville de l'Alma et je devais constater, que j'étais le seul européen au milieu d'une foule d'arabes au sein du véhicule. En effet la rentrée ayant eu lieu, je ne fus pas étonné de la chose, puisque, tous les élèves avaient déjà regagné l'école.
Je me souviens du nom du chauffeur, un certain Cheralla, qui était un pur-sang de race kabyle. C'était un homme très aimable de haute taille et d'environ une trentaine d'années, très bien vêtu de sa personne et qui connaissait à merveille la conduite de son véhicule.
Nous avions repris tranquillement la route et il devait être aux alentours de 16 heures de l'après-midi. Alors que nous approchions de Dellys, qui devait se trouver à 25 kms environ, soudain ! J'aperçus au travers de la vitre avant droite, des individus en tenues militaires portant des armes. Ce sont des soldats pensais-je évasif ! Mais curieusement le bus après avoir ralenti, arrivé à leur hauteur accéléra brutalement et prit de la vitesse à la surprise quasi générale. Mais, je ne fus pas très long, pour comprendre le pourquoi de cette fuite, car, des coups de feu retentirent et brisèrent les vitres du véhicule. Assis sur une place de vis à avis, je m'étalais rapidement parterre les mains sur la tête, pour tenter de me protéger. J'entendis le bruit des mitraillettes qui tiraient sur le car, et qui faisait un bruit, qui ressemble à des graviers jetés sur la tôle du bus. Bien heureusement, un campement militaire situé dans une petite école était à proximité.
La course folle du bus se termina donc dans la cour et Cheralla le chauffeur, épouvanté, sauta par la fenêtre pour se mettre à l'abri et sous la protection des militaires, laissant le véhicule continuer doucement à avancer. J'eus alors le réflexe de prendre la place du chauffeur et de tirer sur la manette des freins et enfin d'arrêter le bus dans sa progression. Mon regard fit alors le tour de l'intérieur du car où, j'entendis des plaintes et des sanglots = il y avait une pauvre petite fille couverte de sang et un adulte tombé au sol qui saignait abondamment. Je me suis à mon tour enfui vers les militaires qui m'ont secouru, puis, portés assistance aux blessés, pour les confier à leur infirmier, qui devait s'empresser de leur donner des soins...
Moi, j'étais, il faut bien l'avouer quelque peu hagard, en prenant conscience du danger que nous venions de vivre, mais, pendant que je méditais, une étrange douleur dans la partie supérieure de l'épaule gauche, devait m'amener à y passer ma main, qui devait revenir couverte de sang. J'étais blessé et j'avais probablement, un impact de balle au niveau de la face postérieure de l'épaule. Je me souvins alors, que dans le bus à l'arrêt j'avais noté, qu'à ma place sur le dossier du fauteuil que j'occupais, se trouvait un impact rond de 10 mm environ et plusieurs petits trous bien groupés. En examinant ensuite mon bras gauche, je notais une longue trace rouge sur la peau de la face interne de mon bras. Manifestement un projectile était passé entre le côté gauche de mon thorax et raser la face interne du même bras et ce sont les multiples petits projectiles, issus sûrement d'un fusil de chasse qui devaient me blesser. Le brave infirmier me donna consciencieusement les premiers soins, alors que dehors un camion de militaires, armés jusqu'aux dents arrivèrent en renfort et se lancèrent à la poursuite des fellaghas. On entendit quelques rafales de mitraillettes, mais, les vauriens s'étaient déjà volatilisés dans la nature.
C'est en ambulance que je fus ramené dans mon école où, je fus admis à l'infirmerie immédiatement. Un brave médecin appelé à mon chevet est ensuite venu me consulter et m'administra une dose d'antibiotique et pansa mon épaule où, manifestement les dégâts n'étaient pas très sérieux. Je suis resté hospitalisé une dizaine de jours avec des hauts et des bas, notamment de la fièvre qui jouait au yoyo, malgré les injections d'antibiotiques. Notre infirmière dont hélas ! Je ne me souviens plus du nom, devait retirer de la plaie moult brins de tissus, venant d'une belle veste toute neuve en suédine, que ma maman m'avait offerte et qui à présent était percée de multiples trous.
Dans l'école où, les élèves étaient tous pensionnaires, ce fut un même cri = « PUGLISI a été blessé par les fellaghas ! » et il est à l'infirmerie ! A compté de ce moment, dans les locaux de l'infirmerie, je devais recevoir de nombreuses visites, mais, celle qui m'a le plus touché, c'est la visite de TRABZI, un Kabyle pur-sang aux yeux bleus et cheveux blonds, qui occupait le poste de cuisinier en second dans notre école. Dès qu'il a su que j'avais été blessé, il laissa un moment son poste pour accourir me voir. Il est vrai que depuis toujours j'entretenais avec Tabzy des relations amicales voire fraternelles. Il savait que ma mère était cuisinière dans les hôpitaux et cela ne fit qu'augmenter sa gentillesse à mon égard. Souvent, il me disait, « si tu as faim dans l'après-midi, viens donc en cuisine et je te donnerai un bon goûter...»
Durant tout le temps où, je restais hospitalisé à l'infirmerie, tous les midis et soirs, Trabzy me faisait parvenir de très copieux repas. Lorsqu'il vint me rendre visite la première fois, je lui disais la larme à l'œil = « Pourquoi ? m'ont-ils fait ça Trabzy, alors que je n'ai jamais fait de mal à personne.» et Trabzy de me dire avec tristesse = « mon fils, c'est la guerre ! » Lorsque je sortis de l'infirmerie et que je regagnais mon dortoir, j'appris avec stupéfaction et bien du chagrin, que Trabzy était décédé tué par les militaires, qui étaient venus l'arrêter alors qu'il tentait de s'enfuir... Nous avons appris, que Trabzy était un chef de réseau fellaghas du secteur de Dellys et qu'il œuvrait pour l'indépendance, ce qui ne devait pas l'empêcher d'aimer le petit Français que j'étais !
J'ai eu plus tard l'occasion de rencontrer Cheralla le chauffeur Kabyle. Je l'ai remercié mille fois de m'avoir sauvé la vie, car, m'a-t-il dit, ma présence était signalée aux rebelles depuis la ville de l'Alma. Si Cheralla avait stoppé le bus, je ne serais pas là aujourd'hui pour vous en parler. J'ai retenu ce qu'il m'a dit en catimini =« Arrêter mon bus t'aurait conduit à la mort. Moi, je n'ai pas voulu qu'on t'assassine !» Brave Cheralla, il faut être de race Kabyle pour raisonner comme cela.
J'ai gardé au plus profond de mon cœur et je n'ai pas oublié, ces deux personnages exceptionnels à qui je dois beaucoup.
- Cheralla – le chauffeur du car de la SATAC, à qui je me permets de baiser respectueusement la main.
- Trabzy – qui a bien mérité de rejoindre le paradis d'Allah et pour lequel vont toutes mes meilleures pensées."
Il y a dans l'existence des choses qu'on ne peut oublier. C'est pourquoi, aujourd'hui, j'ai eu très envie de retourner dans le passé, pour me souvenir qu'un jour d'automne, deux braves Kabyles m'ont tendu généreusement leurs bras = Cheralla et Trabzy.
Je me souviens du nom du chauffeur, un certain Cheralla, qui était un pur-sang de race kabyle. C'était un homme très aimable de haute taille et d'environ une trentaine d'années, très bien vêtu de sa personne et qui connaissait à merveille la conduite de son véhicule.
Docteur Jean-Claude PUGLISI
- de La Calle Bastion de France.
Paroisse de Saint Cyprien de Carthage.
Giens en presqu’île - HYERES ( Var )
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UN SOUVENIR IMPÉRISSABLE !
Par Georges Barbara et Rober Costanzo
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Si La Calle était comme chacun sait, avant tout un " coin à poissons" avec son petit port et ses innombrables chalutiers, qui faisaient les délices des cartes postales, ceux qui fréquentaient notre petite ville occasionnellement, ne se doutaient sûrement pas qu'elle abritait aussi une importante colonie de petits propriétaires terriens, que nous avions par habitude chez nous de surnommer, termes non péjoratifs, " les Jardiniers" ou plus couramment en Napolitain " les Tsapadours"!
Ceux-ci vivaient bien évidemment des produits de leur terre, faits de polyculture où se mélangeaient à souhait, maraîchages, production fruitière mais aussi quelques maigres hectares de vigne qui en dehors de leur consommation personnelle, arrondissaient par la vente du vin aux grossistes du coin le moment venu, des fins de mois bien souvent difficiles.
Et chacun, lorsque les grosses chaleurs frappaient aux portes, aidés par les membres de sa petite famille, où un personnel des plus restreint, entreprenait ses vendanges..... Quel grand mot ceci dit en passant !
Ces lopins de vignes, de par leur situation idéale, face à la mer d'une part et situés, sur des coteaux trais ensoleillés, permettaient les premières cueillettes aux alentours du 15 aout guère plus tard.
Aucun de ces petits viticulteurs n’œuvraient en coopérative, inexistantes d'ailleurs dans le coin. Auraient-elles trouvé place à l'époque? J'en doute car pour des raisons pratiques et surtout par orgueil personnel, nos petits viticulteurs aimaient faire leur vin, " leur vin à eux" comme ils le disaient si bien et à les entendre celui-ci était toujours meilleur que celui du voisin. Ces exploitations bien modestes il est vrai, avaient d'ordinaire une petite cave juxtaposant leur modeste maison d'habitation, où trouvaient place tant bien que mal, un rudimentaire pressoir quelques tonneaux et une foule de bombonnes de verre ou Damijeanne comme nous les appelions chez nous.
Mais le tout est que nos petits exploitants assumaient eux, et là était leur fierté " de vigne en vin" leur production !
Précisons au passage que le plus souvent leur rudimentaire pressoir, ne permettait d'écraser les fruits de la vigne qu'avec les pieds. Et ces enfants de Bacchus donc pratiquaient bon an mal an, toujours de la même manière et dans la bonne humeur l'éclatement de ces grappes juteuses à souhait, le tout accompagné vous vous en doutez de vieilles ritournelles napolitaines!
Dans les plus grandes exploitations, il en existait bien sur, comme celles de Balestrieri, Calligari, Auger Gélas ou autres Barbara et Balzano, c'était tout autant, en ces périodes de la mi-aout, la même fièvre joyeuse des vendanges qui s'emparait des grandes caves. On ressortait alors ces fameuses grosses corbeilles en roseaux tressés comme cela se faisait à l'époque. On attelait les mulets aux charrettes remplies à raz bord de ces fameuses comportes à poignées de fer, mais aussi on procédait à la distribution des couteaux. Les sécateurs n'ayant pas encore eut le courage d'arriver jusqu’à nous !
Notons au passage que les vendanges étaient avant tout un travail d’hommes et que les femmes y étaient que très rarement admises. Travaux assez pénibles il faut le convenir. Les hommes en grande partie des Algériens et leurs enfants de plus de 15 ans, arrivaient chaque matin des douars voisins, aux premières heures de la matinée, moment si particulier de l’embauche.
Chacun apportait avec lui en prévision du repas de midi, sa galette de semoule dans un petit panier de palmier tressé, accompagné de la sempiternelle Gargoulette et de son eau rafraîchissante bienvenue quand le soleil était à l’aplomb sur les coups de midi. La galette accompagnée d’une grappe de raisin, prélevée dans les comportes sous l’œil bienveillant du responsable du chantier, composait le principal du frugal repas de midi suivit bien sur d’une très légère sieste, prise à l’ombre d’un pied de vigne, o combien méritée pour se refaire une santé,.
Et c’était de nouveau le rituel cri du chef de rang : « Hiallah ! » annonciateur du redémarrage de la cueillette jusqu’au coucher du soleil, du remplissage des grosses corbeilles de roseaux que l’on portait sur les épaules protégées par un sac de jute plié en quatre et du basculement dans les charrettes pleines de comportes, qui attendaient le long des chemins caillouteux.
N’oublions pas que le cheval, plus souvent le mulet, qui jouaient en ces temps la un grand rôle dans les activités de la vigne et des champs, étaient omniprésents toute la journée dans ce va et vient en direction de la cave. Avoir hissé les lourdes comportes sur le haut des cuves, les grappes chaviraient dés leur arrivée dans ces horribles machines à broyer aidées pour la circonstance par un personnel armé de fourches ; le traitement du raisin commençait alors.
Mes souvenirs font ressortir ces moments où avec mes cousins dans l’exploitation de mon oncle Barbara sur la route du Mellah, nous nous mettions en quête de petites grappes de raisin blanc sûrement du Muscat, qui pour nous avaient ce goût de sucre qui faisaient les délices des enfants que nous étions. Quand nous ne montions pas a la ferme très tôt le matin, avec mes oncles assis sur une vieille charrette à cheval, il était fréquent sur les coups de midi que notre tante Alice l’épouse de l’oncle Nicolas nous chargeait d’apporter le repas à son époux qui dirigeait les vendanges. Cette opération effectuée en pleine chaleur, à partir de la rue du lieutenant Zeribi, nous obligeait à monter toute la route de Bone, prendre la route du Mellah et la descente de la ferme Auger-Gélas pour arriver enfin sous la chaleur dans la cave de mes oncles où nous prenions un repas familial fait le plus souvent d’une succulente omelette au pommes de terre. Nous découvrions alors avec joie ce monde étrange des vendanges. Les récoltes du raisin ou les vendanges avaient lieu dans notre période de vacances d’été « 3 mois s’il vous plaît en ce temps la » !
La suite comme un film qui se termine, je la revois encore dans cette cour de mon oncle, rue du lieutenant Zeribi, où une fois les vendanges terminées, il nous était donné d’assister à la paie de tout ce personnel occasionnel. Cela avait toujours lieu le lendemain du dernier jour des vendanges et tous ceux qui avaient participé à la récolte dans les vignes du seigneur, étaient invités à venir honorer cette journée tant attendue par chacun comme vous pouvez vous en douter ; Quelques fois habillée de neuf, cette foule descendue des douars avoisinants pouvait avec un large sourire se rendre ensuite chez les Salvia et Mallea ,,, épiciers du coin,,, pour faire des emplettes bien méritées.
Les vendanges chez nous à La Calle, du routinier bien évidemment, mais un routinier prétexte chaque année à de bon repas, de somptueux fou-rire, mais aussi, le tout très souvent à de circonstancielles griseries. Griseries sans lesquelles ces rituelles vendanges n’auraient pu se dérouler ! C’était chez nos braves « Tsapadours » la fête, leur fête annuelle ;
Pour la petite histoire sachez que notre vin, vrai vin de terroir non trafiqué, sortait à 14 et 15 degrés. Le reste bien sur était du ressort de Monsieur Joseph Balestrieri le négoce du coin qui se chargeait du « Marketing de la production » Marketing quel mot barbare pour l’époque. Ah ces vendanges calloises, de nos jours pour moi et pour tant d’autres je pense.
Georges BARBARA
robert.costanzo@wanadoo.fr
La Lettre édition 32
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UNE EGLISE OUBLIEE
(L'Eglise Catholique de Constantine au temps de l'Algérie Françaîse)
ACEP-ENSEMBLE N°271
Par M. Guy BEZZINA
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En hommage à tous les prêtres, religieuses et religieux qui ont consacré leur vie aux chrétiens de la communauté catholique du diocèse de Constantine et d'Hippone et qui les ont suivis dans leur exil.
Les Abbés par Mgr Paul PINIER
Léon D'Agon - Louis Attard Bernard Blaquat - Raymond Bonnello - Abbé Bruel - René Charlier - Mgr Jean Chazelles - Henri Clerc - Raymond Clauzel – Jean Coulomme - Heni Conseil - Norbert Crispi - Antoine Cutajar - Joseph Curmi – Mgr Jean Delpy - Pierre Ducros - Jean-Claude Duhoux - Lucien Eschbach - André Débo - Hector La Ferla - Antoine Galéa - Roland Garofalo - Paul George – Gérard Giordano - André Grima - Emmanuel Gima - Heni Houche - Jean Ichansou - Jean Issert - Louis Jeanne - Heni Lacrampe - Marcel Lafont - Léopold Landerer - Louis Laurent - Edouard Lauro - Mgr Lembo-Levray - Alfred Lidy – Auguste Malafosse - Joseph Malchair - Jean Maniglier - Paul Marchetti - Bernard Mestivier - Gabiel Moreau - Edouard Nicolas - Gïlbet Nicolas - Henri Niglio – Marcel Pastor - Armand Eugène Payan - Heni Pépîn - Norbert Poupeney - Lucien Pei Tfonchi - Jean-Marie Perier - Jean Pincos - Lino Poltbio - Joseph Porta - Dominique Porta - Louis Puel - Joseph Robert - Valentin Salette - Marcel Santina - René Sidi - Alexandre Stouvenot - Roger de Sulauze - Robert Sultana - Sauveur Taormina - Paul Teuma - Marcel Thiiot - Robert Vachino - Robert Viala Albert Weck....
Avertissement :
Retracer l'histoire d'une Eglise disparue en même temps que la communauté des chrétiens qu'elle accompagnait, est une gageure. La mémoire est devenue défaillante et parfois infidèle et la documentation rare el dispersée quand elle n'a pas été détruite...
Pourtant, le silence qui couvre généralement cette période de l'Eglise d'Algérie au temps de la présence française semble révéler une gêne, comme si tout ce qui touchait l'Algérie Française devenait suspect et tabou, jusque et y compris l'Eglise, ses œuvres et son clergé.
L’Eglise de l'Algérie Française, dont les diocèses furent administrés par évêques et cardinaux venus de Ia métropole, est devenue l'Eglise oubliée, celle que l'actuelle Eglise de France n'évoque jamais et dont elle semble avoir honte.
Malgré toutes ses imperfections, ses omissions, ses insuffisances, l'évocation de l'Eglise catholique de "notre" Algérie m'est apparue nécessaire par simple devoir de reconnaissance et de justice.
Puissent ces quelques lignes susciter d'autres témoignages, d'autres souvenirs, d'autres hommages.
L'Eglise d'Algérie, ferment d'unité
De 1831 à 1.846, l'Algérie Française n'avait qu'un diocèse créé par une bulle du pape Grégoire XVI en date du 8 août 1838.
C'est par une du pape Pie IX en date du 25 juillet 1868 que fut créé la province ecclésiastique d'Alger avec un archevêque métropolitain à Alger et deux diocèses avec un évêque, à Oran et un à Constantine.
Le premier évêque de Constantine fut Mgr de Las Cases qui ouvrit, en 1869, le premier séminaire à Ste Hé1ène, à quelques kilomètres du Kroubs qui sera remplacé par un autre séminaire au Faubourg Lamy lui-même fermé au moment de la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905. Un troisième séminaire construit grâce à la générosité des fidèles du diocèse fut inauguré le 27 novembre 1918 au faubourg d'El-Kantara. Cette courte histoire des séminaires de Constantine illustre la vitalité de l'Eglise de ce diocèse.
Des curés furent installés très tôt dans les paroisses des villes et villages d'Algérie. Ils venaient de France avant que se créent les séminaires d'où sortirent les premiers prêtres issus de l’immigration.
C'est autour d'eux que se rassemblèrent les chrétiens émigrés de divers pays : français, italiens, maltais ou allemands, différents et parfois rivaux, sans point commun, si ce n'est 1a misère et de la même soif d'un avenir meilleur. Les premiers colons de l'Algérie Française n'étaient pas naturellement prédestinés à former une communauté unie et se seraient sans doute enfermés dans des communautarismes hostiles sans le creuset d'unité que constituaient l'école de la République, l'armée de leur service militaire et l'Eglise catholique.
Mais ces pauvres gens qui parlaient le français, le patois auvergnat ou languedocien, le corse, le maltais, l'espagnol, l’italien ou l'allemand, se retrouvaient au moins une fois par semaine pour la messe du dimanche.
La misère pouvait les rendre jaloux, la foi leur faisait découvrir qu'ils étaient laits de la même pâte. L'Eglise en Algérie, même si elle n'a pas été la seule, a sans doute été l’institution qui a le plus contribué à faire tomber les cloisons qui divisaient les communautés d'immigrants. Comme au Canada où les français expatriés et abandonnés avaient retrouvé leur unité dans Ia communion à une même foi dans une même église.
Ils apprenaient à vivre ensemble, à se libérer de leur méfiance et de leurs préventions, à se sentir solidaires dans les épreuves de la faim, de la maladie, de la guerre et de l’insécurité des premières décennies et trouvaient une unité passagère dans le latin de leurs prières et le grégorien de leurs chants.
Des paroisses vivantes
Dans les paroisses du diocèse de Constantine, la vie religieuse était intense. Elle rythmait la vie quotidienne des chrétiens. Les offices de la semaine étaient suivis par des groupes de fidèles assidus. Les messes dominicales rassemblaient Ia grande majorité des catholiques. Hormis pour quelques familles notoirement "laïques" et parfois anticléricales, les événements importants de la vie étaient consacrés par une cérémonie religieuse. Baptêmes, communions solennelles, mariages, enterrements. La "densité" de 1a pratique religieuse ne se mesurait pas seulement à la fréquentation des offices religieux, mais à l'engagement des fidèles dans les activités paroissiales, liturgiques, éducatives, caritatives, associatives.
Toutes les activités déployées dans le cadre des paroisses n'étaient possibles que grâce au dynamisme et à la générosité des fidèles qui les animaient. Chaque paroisse organisait une kermesse annuelle et les produits mis en vente provenaient eux-mêmes des dons des paroissiens.
La kermesse la plus célèbre était celle du séminaire de Constantine qui se transformait en une grande foire, le temps d'un week-end et qui attirait une foule considérable. Elle abondait les finances du petit et du grand séminaire qui vivaient essentiellement de la générosité diocésaine.
Les constructions de nombreuses églises, salles paroissiales, écoles et dispensaires furent financées principalement grâce aux dons mais aussi à la participation active et bénévole des fidèles.
Une présence auprès des pauvres
L'action du clergé, séculier et régulier comme des religieux et religieuses concerna non seulement la vie religieuse et spirituelle mais s'étendit aux domaines de l'enseignement, des soins, de la vie sociale. Partout où un besoin se faisait sentir, se manifestait et action de l'Eglise.
Les associations caritatives de métropole étaient présentes dans les principales villes du Constantinois : Conférences de Saint Vincent de Paul, Action Catholique et Action Catholique Féminine.
Dès les premières années de la Conquête de l'Algérie, on trouve des religieux et des prêtres dans des initiatives caritatives. Ainsi, l'abbé Landmann, ému par le nombre considérable d'orphelins dont les parents avaient été décimés par la maladie, créa et administra un orphelinat à Guelma.
Les hôpitaux de Constantine, de Bône, de Bougie, de Biskra font appel aux religieuses de la Doctrine Chrétienne, aux sœurs de Saint Vincent de Paul et aux sœurs blanches de Mgr Lavigerie pour assurer 1'organisation des soins aux malades. A Sidi Mabrouk, près de Constantine, les religieuses de ND des Apôtres créeront une maternité dans les années 1950.
Sur la colline d'Hippone, près de Bône, les petites sœurs des pauvres accueillaient dans une égale sollicitude
Les personnes âgées les plus défavorisées, allant quêter en ville pour entretenir leur maison de retraite.
A Constantine, des orphelinats (filles et garçons) étaient administrés par les religieuses de St-Vincent de Paul alors que l’institution du Bon Pasteur à Sidi Mabrouk, accueillait des jeunes filles en difficulté. A Guelma, dans les années 1950, les religieuses de N.D. des Apôtres avaient ouvert un dispensaire qui survivra quelques années encore après l'Indépendance.
Une mission éducative
Au début de la colonisation, les paroisses s'implantaient en même temps que les villes et les villages. Des prêtres d'origine métropolitaine puis, issus de la population locale, assuraient les charges pastorales. Mais leur rôle ne se limitait pas aux fonctions religieuses. Les populations étrangères trouvaient auprès du clergé, les médiateurs qui leur étaient nécessaires tant auprès des services publics que des particuliers. Le curé était le conseiller, celui qui assurait les correspondances et les formalités administratives. Le prêtre catholique était partout où un besoin se manifestait.
Les mouvements de jeunes se multipliaient toujours dans le cadre des paroisses : Louveteaux, Scouts de France, Jeannettes et Guides, Cœurs Vaillants et Ames vaillantes, patronages... Ces groupes catholiques de jeunes organisaient des colonies de vacances en Algérie (Bessombourg, Bugeaud, Herbillon) ou en France (Garin, Chilly, Venton, Habere-Lullin, Lus la Croix Haute...) sous Ia conduite des abbés Grima, Pépin, Lauro, Salette, Marchetti....
De nombreux corps professionnels trouvaient dans l'Eglise des lieux de réflexion et d'action apostoliques (JOC, JAC, JEC) ou de véritables institutions de formation comme "Le Mouvement Familial Rural" longtemps animé et dirigé par Mlle Thérèse Godet.
Dans le domaine de l'enseignement, l'Eglise avait créé de nombreux collèges et écoles. (1)
Dans les dernières années de l'Algérie Française, Mgr Léon Etienne Duval avait fondé l'Association "Charles de Foucauld" dont le but était "la création, l'entretien, le développement d'écoles, d'établissements d'enseignement libre, d'œuvres d'éducation populaire, de patronages, de colonies de vacances, d'œuvres postscolaires de toute nature" (2)
L'appel à Ia générosité des fidè1es rapportera à l'association 65.535.000 frs obtenus auprès de 565 donateurs.
Une Eglise intégrée à la communauté française d'Algérie
Après les lois de séparation de l'Eglise et de l'Etat, les biens de l'Eglise furent confisqués. Le séminaire de Constantine devint une école normale d'instituteurs.
Cet épisode n'a pas affaibli l'attachement du clergé pour Ia mère patrie. J'ai le souvenir très vivant d'un drapeau français dans le chœur de l'Eglise de Guelma....
Les guerres de 1914/1918 et de 1939/45 lui donnèrent l'occasion de prouver son patriotisme. Les prêtres et les séminaristes du diocèse furent présents sur les fronts de Tunisie, d'Italie, France, d'Allemagne et d'ailleurs. Certains y laisseront la vie- (3)
La forte présence de communautés religieuses démontrait à l'évidence les liens étroits qui se tissaient entre les catholiques et leur église. Prêtres, religieux et religieuses exerçaient leur ministère essentiellement auprès des catholiques à l'exception des Pères Blancs et des Sœurs Blanches dont l'activité était consacrée aux soins et à l'éducation des musulmans du Sahara ou des régions montagneuses de Kabylie. (4)
C'est sans doute dans les rapports que le clerc séculier entretenait avec ses fidèles que la "symbiose" s'est le plus affirmée.
Au début de la présence française en Algérie, les évêques et les prêtres diocésains venaient de France. Les évêques furent d'ailleurs toujours choisis dans le clergé métropolitain... (5)
La création du Séminaire de Constantine en 1869 vit apparaître un clergé issu de la communauté chrétienne du département de Constantine. Des prêtres venus de France et de pays européens (Belgique, Malte, Italie) s'associèrent au clergé local pour une expérience pastorale temporaire, la majorité, définitivement. Le séminaire de Constantine accueillait régulièrement des séminaristes français ou étrangers qui furent ordonnés et "incardinés" au diocèse. - (6)
Par leur présence au milieu des fidèles de leurs paroisses, par leur origine locale pour beaucoup, par le partage de la même culture, des mêmes coutumes, du même accent, du même attachement aux traditions, par leur dévouement exemplaire, les prêtres du clergé diocésain s'étaient faits "pieds-noirs parmi les pieds-noirs". Aimés et estimés, ils jouissaient d'une autorité morale et spirituelle qui débordait largement la communauté catholique.
Aux deux soulèvements de 1945 et de 1958, des prêtres partagèrent par le sang le sort des victimes... (7)
Jusqu'aux dernières heures de l'Algérie Française, Ies prêtres diocésains manifestèrent, de façon exemplaire et parfois par le sang, leur solidarité aux chrétiens d'Algérie dans le drame et l'exil.
Quand l'Algérie fut secouée par les attentats terroristes du FLN, ces prêtres ne se reconnurent pas dans les prises de positions de certains journaux français dont La Croix et Témoignage Chrétien, comme dans les prises de positions de certains intellectuels français. Le scandale provoqué par les prêtres de Ia Mission de France, à qui Mgr Léon Etienne Duval avait confié la paroisse de Souk-Ahras et qui furent convaincus de collaboration avec les fellaghas a provoqué un scandale dans ce clergé qui enterrait quotidiennement des civils ou des soldats français assassinés par le FLN.
Le malaise sera encore aggravé par l'attitude pour le moins maladroite de l'archevêque d'A1ger qui ne sut pas manifester sa peine, sa solidarité et sa compassion aux chrétiens dont il était le pasteur au pire moment de leur histoire.
C'est sans doute dans ces circonstances que la solidarité du clergé avec Ia communauté catholique du diocèse de Constantine se manifesta dans un engagement sans équivoque.
Après avoir partagé le pain quotidien de leurs joies et de leurs peines, les prêtres du diocèse de Constantine ont fini par partager le déchirement de l'exil de leurs paroissiens. Les mêmes bateaux les ont emportés vers une France qui les a accueillis sans chaleur. A l'un de ces prêtres qui lui demandait de l'accueillir, un évêque du sud de la France eut cette réponse humiliante : "Je veux bien nous affecter dans une paroisse, mais je ne pourrai jamais vous nommer curé, les paroissiens ne l'accepteraient pas."
Jusque dans l’indifférence, voir l'hostilité de certains de leurs confrères, les prêtres du diocèse de Constantine ont partagé jusqu'au bout le sort du peuple que Dieu leur avait confié. Déracinés, beaucoup sont demeurés rattachés à leur diocèse en conservant leur incardination d'origine. D'autres, plus jeunes, se sont "reconvertis" dans 1'aumônerie militaire, la plupart se dispersèrent aux quatre coins de la France, quelques-uns enfin quittèrent les ordres.
Certains prêtres âgés terminèrent leur vie dans une douloureuse solitude.
Quelques prêtres demeurèrent dans leur diocèse, la plupart pour quelques années seulement, un seul, l'Abbé Payan, jusqu'aux derniers jours de sa vie.
L'Eglise du diocèse de Constantine et d'Hippone avait vécu un siècle et demi.
La présence d'un évêque et d'une poignée de prêtres sur une terre qui ne comptait plus de chrétiens n'empêcha pas la sécularisation des églises et la nationalisation des écoles et des biens de l'Eglise. La plupart des Eglises furent transformées en mosquées, d'autres furent rasées ou affectées à des usages profanes. L'Eglise de Saint Augustin disparaissait une nouvelle fois dans les sables de l'Histoire mais l'Histoire ne retiendra sans doute pas l'extraordinaire vitalité d'une Eglise qui s'identifia au peuple dont el1e avait la charge et contribua de façon décisive à son unité.
Témoignages d'affection et de gratitude
L'Eglise Catholique manifeste habituellement une particulière affection à l'égard de ses communautés persécutées.
L'Eglise d'Algérie a subi la persécution de l'indifférence et de l’injustice.
L'Histoire ne retiendra paradoxalement de la présence chrétienne en Algérie pendant 150 ans que le souvenir de Mgr Duval, archevêque et cardinal d'un diocèse sans prêtres et sans chrétiens. Elle oubliera cent cinquante ans de vie spirituelle, apostolique, caritative, sociale. Elle oubliera l'œuvre exemplaire, éducative et civilisatrice de ces prêtres, religieux et religieuses, toutes origines confondues qui, dans 1es séminaires, les collèges, les hôpitaux, les dispensaires, les paroisses donnèrent le meilleur d'eux-mêmes, de leur culture et de leur foi.
Je mesure l'indigence de cette évocation, son caractère incomplet, ses inexactitudes peut-être, ses insuffisances sans doute. J'al conscience du caractère tardif de ce témoignage alors que la plupart des prêtres, religieux et religieuses que nous avons connus sont morts et ne sauront pas le rôle essentiel qu'ils ont joué dans nos vies et combien nous les avons aimés. J'ai seulement voulu répondre à un impérieux devoir de rendre témoignage à une Eglise oubliée, calomniée, abandonnée qui a nourri des générations de sa culture, de sa foi et de son ardente charité et à qui, une fois, une fois au moins, un témoignage de gratitude aura été rendu.
1- Constantine : Le Grand Séminaire, le Petit Séminaire, l’Ecole Jeanne d'Arc, l'Institution de la Doctrine Chrétienne, le Pensionnat du Bon Pasteur, l'Ecole des Sœurs de St-Vincent de Paul à El-Kantara.
A Philippeville : L’Ecole des Frères des Ecoles Chrétiennes.
A Bône : Le Collège d'Alzon tenu par les Pères Assomptionnistes, le Pensionnat de la Doctrine Chrétienne.
Ailleurs, en Kabylie et à Biskra les écoles tenues par les sœurs blanches de Mgr Lavigerie.
2. Statuts de l'Association "Charles de Foucault"
5- Les Abbés Joseph Abela, Marcel Corallo, Emilien Baudoin, Roland Dufrénoi, et Victor Sidi.
4. Parmi les congrégations présentes dans le diocèse, on notera :
Les Lazaristes (Séminaire), les Assomptionnistes (Collège d'Alzon à Bône), Les Frères des Ecoles Chrétiennes (Philippeville), les Jésuites, les Pères Blancs (Biskra et Ighil Ali), les Prêtres de la Mission de France (Souk-Ahras).
Les religieuses de Saint Vincent de Paul (Hôpital de Constantine - Orphelinat d'Alsace Lorraine, Rue Pinget - Ecole d'El-Kantara Crèche de la rue Biscarrat) Les religieuses de la Doctrine Chrétienne (Collège de Bône et dc Constantine), Hôpital de Bône et de Bougie Les Petites Sœurs des Pauvres (Hospice d'Hippone à Bône) -
Les religieuses de notre Dame des Apôtres (Guelma et Sidi Mabrouk) - Les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique, Sœurs Blanches (hôpital de Biskra) Les sœurs du Bon Pasteur Les augustines religieuses espagnoles du Séminaire de Constantine.
5. Curieusement, après l’indépendance, deux évêques issus de la communauté française d'Algérie, seront nommés l'un à Constantine, Mgr Scotto, l'autre à Oran, Mgr Claverie.
6. Dans l'Eglise Catholique et l'Eglise orthodoxe, l’incarnation (du latin cardin, la charnière) est le rattachement d'un clerc à une Eglise particulière.
7- Le 8 mai 1945, était assassiné l'abbé Navarro, curé de Périgotville (Sétif). Au cours dc la "Guerre d'indépendance" c'est l'abbé Périsi qui subit le même sort.
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JE VOUS ECRIS AU PLUS LOINTAIN DE MES RÊVES
Camille BENDER
Echo de l’Oranie N° 262 mai/juin 1999
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Que Claude Villier veuille bien me pardonner d'emprunter le titre de mon article à celui de son émission quotidienne sur France-Inter, mais je l'ai trouvé si poétique et tellement adapté à mon texte que je me suis permis ce plagiat.
Est-ce qu'il vous arrive de rêver, après tant d'années à notre pays perdu ? Rêver en dormant bien sûr, pas de penser, les yeux ouverts, à notre vie d'avant 1962. Les premiers temps après notre douloureux exode, je rêvais souvent que j'étais encore "là-bas", et que ce que je vivais ici, n'était qu'un affreux cauchemar... quand je m'éveillais, c'est la réalité, elle, qui devenait un affreux cauchemar. Les années passant, je ne rêve plus aussi souvent à ce que fut le temps de "l'Algérie heureuse" et quand mes songes me ramènent là-bas, chose curieuse, c'est à l'époque de mon enfance ou de mon adolescence. que je reviens, et non aux dernières années vécues sur cette terre que nous aimions tant !
J'ai rêvé l'autre nuit, que je devais passer le concours de poésie et que j'échouais lamentablement, la mémoire me faisant défaut, après les premiers vers..., c'était horrible de se trouver " en panne" devant tout un aréopage, et le sentiment de honte fut tel, que je me suis réveillée. Qu'était-ce donc ce concours de poésie ? Dans mon école, nous apprenions beaucoup de poèmes. de beaux poèmes des plus grands auteurs, pas les vers de mirliton, sur des textes insipides que l'on apprend aujourd'hui.
Dans les petites classes, c'était surtout des fables de La Fontaine, l’inévitable "Mignonne allons voir si la rose..." de Ronsard, quelques sonnets de Du Bellay "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage". Un peu plus tard, on abordait des textes de Corneille, Racine, Molière, puis, après les Parnassiens, (Leconte de Lise, Heredia, Catulle Mendès) on passait aux Romantiques (Lamartine, Vigny, Musset et surtout Victor Hugo, on effleurait les symbolistes : Verlaine, Raimbaud, Mallarmé, que j'approfondirais plus tard, dans des études supérieures, en y joignant Henri de Regnier, Verhaeren, Albert Samain, Francis Jammes, Maeterlinck, pour enfin atteindre les poètes contemporains : Supervielle, Apollinaire, Max Jacob, Blaise Cendrars, Jean Cocteau.
Plus tard, j'ai suivi le mouvement dadaïste : Aragon, André Breton, Eluard, Philippe Soupeau, je me suis intéressée à Charles Péguy et à son besoin de spiritualité, à Valéry Larbaud, et à ce trio que je ne peux m'empêcher de citer : Anna de Noailles, Paul Ciaudei et Paul Valéry. Mais revenons à notre concours de poésie. A la fin de l'année scolaire, nous avions le droit de choisir parmi mes poètes favoris, un texte soit en vers, soit en prose, que nous devions réciter devant un jury formé de nos professeurs. Tout était noté : la diction, l'interprétation, et, bien sûr, la parfaite connaissance du texte. Les gagnantes du concours, suivant les catégories d'âge, recevaient un livre de poèmes, une sorte d'anthologie qui rassemblait en vers, en prose, ou en chansons, quelques-uns des plus précieux et des plus vivants trésors de la poésie française. Le goût de la poésie m'est resté et je suis navrée de constater qu'elle n'occupe plus dans notre culture, la place qu'elle devrait occuper.
Un libraire me disait dernièrement, que personne n'achetait plus de recueil de poèmes, et que rares étaient les clients qui en demandaient. C'est chez les bouquinistes des quais de la Seine, qu'on peut encore trouver des éditions anciennes de nos poètes. D'ailleurs le mot lui-même a bien évolué ; autrefois quand on disait de quelqu'un "c'est un poète", il y avait une nuance d'admiration dans le ton employé, aujourd'hui, on dit avec une certaine condescendance "vous savez, c'est un poète !" comme s'il s'agissait d'un être un peu lunaire, n'ayant pas le sens des réalités.
Poète ! qui ne l'a pas été à un moment de sa vie ? Nous avons tous écrit des vers, plus ou moins boiteux, plus ou moins inspirés, vers 15 ou 16 ans, à l'éclosion des sentiments ; nous avons éprouvé le besoin de coucher sur une feuille de papier, ce que nous ressentions, et, de l'écrire en vers, ajoutait à la profondeur de ce que nous éprouvions, mais nous cachions avec pudeur, à nos camarades de classe, ces balbutiements littéraires, de peur d'être ridicules.
J'ai été ravie, que sous l'égide de l'éducation nationale et du ministère de la Culture, on ait créée cette année, "le printemps des poètes" et j'ai applaudi toutes ces manifestations organisées par les associations culturelles, et les médiathèques départementales.
De nombreux jeunes et adultes sont venus écouter de la poésie, récitée par les artistes, qui ont sélectionné les plus beaux textes de notre littérature. Baudelaire ; Rimbaud, Verlaine ont été, particulièrement à l'honneur, et c'était justice de rendre, ainsi, un hommage à ceux que l'on appelait "les poètes maudits".
Parmi eux, j'ai une tendresse particulière pour Verlaine, du moins pour son œuvre : "il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville. Quelle est cette langueur qui pénètre mon cœur ?" "écoutez la chanson bien douce qui ne pleure que pour vous plaire" " je t'ais souvent ce rêve étrange et pénétrant, d'une femme inconnue, et que j'aime et qui m'aime". Malgré sa vie tumultueuse et son destin désordonné (n'oublions pas qu'il fit deux ans de prison, pour avoir tiré sur Arthur Rimbaud) il est l'auteur d'un art poétique, qui se traduit par une véritable musique des mots, et s'ouvre sur le monde infini du rêve, baigné d'une lumière surnaturelle. Je ne voudrais pas oublier parmi les poètes contemporains : Paul Fort, l'auteur des "Ballades françaises", élu prince des poètes par ses admirateurs. Rappelez-vous son poème "le petit cheval, dans le mauvais temps, qu'il avait donc du courage, c'était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant" Georges Brassens avait choisi ce texte pour en faire une chanson délicieusement émouvante.
Et puis Prévert arriva, et "les feuilles mortes" n'en finirent pas de tourner.
L'initiative prise par les dirigeants de l'éducation nationale et de la culture, pour réhabiliter la poésie, était fort louable, il m'a semblé qu'elle n'avait pu atteindre, véritablement le but et l'ampleur souhaités, car les tragiques événements du Kosovo, et le spectre de la guerre des Balkans, jetaient une ombre sur toutes les manifestations, les plus dignes d'intérêt soient-elles ! La poésie n'est pas morte... disons qu'elle est un peu en sommeil, les clubs de poètes, ceux d'Art et Poésie, reprennent, petit à petit, de leur vigueur.
Merci à ceux qui les animent avec enthousiasme, et ne se découragent pas devant le matérialisme de notre époque. Je terminerai par un texte de Pierre Seghers, auteur du "Livre d'or de la poésie française" : "Les aventuriers de la poésie demeurent infiniment vivants, ils sont votre plus secrète et intime compagnie, si certains vous distraient, d'autres iront beaucoup plus loin, ils vous révèleront à vous-même. Et quelques-uns, à l'improviste, vous conduiront à la réflexion. Devant tant de richesses et de présence, on se dit qu'il faut être respectueux et avides. D'où qu'il vienne, et même des plus réservés, le poème est un cri d'amour, il appelle à une mystérieuse communion, il cherche une autre voix, une moitié qui est vous-même... la poésie vous aide à vivre, je la tiens pour essentielle à l'homme, autant que les battements de son cœur ".
Mars 99 Camille BENDER
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Mutilé N°204 - 31 juillet 1921
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Les Eaux Minérales en Algérie
STATION DES OULED GHALIA
(Département d’Alger)
Notre merveilleux pays est doté de nombreuses sources thermales qui rivalisent de pureté et d'efficacité avec les plus renommées de France.
Une source importante qui donna naissance, à une jolie station, attire spécialement, notre attention et de nombreux malades. Très importante par sa situation et l'efficacité de ses eaux, le hammam des Ouled Ghalia, connu sous d'autres noms : (Hammam Sidi Sliman, Hammam El-Hamé) est situé à quelques kilomètres du petit village Beni-Hindel.
Accroché au sommet du massif montagneux de l'Ouarsenis, l'altitude élevée (1890 mètres) en fait une station, de tout premier ordre, recherchée pour sa fraîcheur - en plus de ses eaux - et la pureté de son air.
Eloignée que de 70 kilomètres, de la brûlante Orléansville et à la porte de l'étouffante plaine du Chéliff, la station des Ouled Ghalia est le lieu naturel de repos, le lieu d'orientation des populations anémiées et malades de cette cuisante plaine.
Depuis l'exploitation d'une mine de zinc qui est au sommet de la montagne, on a entrepris la construction d'une voie ferrée qui est la continuation de celle qui arrive jusqu'à Molière, et la station bénéficie des avantages de ce nouveau trafic.
Un service, d'autos confortable assure, la liaison et c'est par une jolie route en lacet et bien entretenue, ou chaque tournant offre un nouvel aspect de la nature sauvage et pittoresque qu'on arrive à la station.
La station des Ouled Ghalia possède deux sources thermales séparées l'une de, l'autre par quelques 100 mètres.
La première source qu'on rencontre, en venant sur la station, au fond d'une gorge boisée, est le hammam « Te Djerab » ou bain des galeux.
Bâti d'une jolie maisonnette style arabe, formant une seule pièce avec sa piscine au milieu et ses vestiaires sur le pourtour, l'eau arrive par une conduite ingénieuse et propre des flancs de la montagne. La température à son arrivée à Ia piscine est de 36° et son débit de 32 litres à la minute.
A une centaine de mètres de là, en allant toujours sur la station, c'est-à-dire l'hôtel et les bâtiments principaux, se trouve, la source du « Hammam Sidi Sliman » source beaucoup plus importante, du fait qu'elle est alimentée par de nombreuses antres sources qui captées et réunies arrivent dans la piscine du « Hammam Sidi Sliman ». Le. débit total est de 70 litres à la minute et sa température, se tient autour de 40°.
A plusieurs reprises on l'avait indiqué comme eau sulfureuse.
A la station s'élève un établissement récemment construit avec tout le confort moderne.
Deux grandes chambres en occupent une grande partie avec' leur piscine au centre ; deux cabines contenant chacune une baignoire et des douches chaudes et froides ajoutent leurs commodités aux précédentes.
Tout à côté et d'un style arabe s'élève l'hôtel. Une grande et unique salle à manger occupe le rez-de-chaussée. Au-dessus, le premier étage se compose de 4 chambres confortables et aérées donnant sur balcon où s'offre une vue splendide et unique. En un mot tout contribue à un séjour prolongé. La minéralisation salée de ses eaux, la fraîcheur du climat due à son altitude élevée, font, de cette station un réel lieu de convalescence, de repos, puissant rénovateur après l'anémie lente et funeste dont s'étiole la majorité des populations algériennes de la caniculaire plaine du Chéliff.
RENE FRANCE. .
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Algérie catholique n° 6, mai 1938
Bibliothéque Gallica
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Bénédiction de deux cloches
à l'Eglise de Belle-Fontaine
Son Excellence Monseigneur l'Archevêque a procédé dimanche dernier 3 avril à la Bénédiction de deux cloches de 250 et 120 kg. destinées à la charmante église de Belle-Fontaine, hameau de Ménerville. Voici les noms des baptisés : Thérèse dont le parrain est M. Didier Yung et la marraine Madame Louise Filée. Marie-Jeanne avec M. A. Lecher pour parrain et Mlle Jeanne Guglielmelli pour marraine.
La Fête avait été soigneusement, longuement et artistiquement préparée. Elle s'est déroulée en plein air dans un décor de joie et d'harmonie où la note patriotique n'avait pas été oubliée.
Une très nombreuse assistance venue de Ménerville, des agglomérations voisines et d'Alger a entendu d'abord la très délicate allocution de Monsieur le Curé de Ménerville et la vibrante, éloquente et combien touchante réponse de Monseigneur l'Archevêque qui, empruntant pour la commenter la voix des cloches en a résumé les différentes vibrations en une note dominante : l'appel à la charité.
Pendant que se déroulent les rites du baptême la chorale de Ménerville exécute d'excellente façon des chants de circonstance.. Deux solistes, M. Lintillac et M. Préchère, se font particulièrement remarquer.
Après la cérémonie quand les cloches bénites ont reçu de Son Excellence d'abord, de leurs parrains et marraines ensuite, le branle symbolique, Monseigneur donne du haut du terre-plein qui précède l'Eglise la Bénédiction du très Saint Sacrement. Puis, en quelques mots partis du cœur pour atteindre les cœurs, son Excellence dit sa joie, son désir ardent de voir de plus en plus la concorde et la charité régner entre tous les Français, entre tous ses enfants d'Algérie en particulier, puis à la profonde émotion des assistants elle annonce qu'elle va donner le Saint Baptême à un enfant de la paroisse.
Pendant la cérémonie les assistants s'approchent tour à tour des deux cloches et leur impriment des vibrations enthousiastes.
Une réception sous un hangar artistiquement décoré où la foule se reforme termine la fête. II s'y échange entre M. Desbourdeau, avocat, Son Excellence et Monsieur Zévaco, maire de Ménerville, des tostes où résonne en sons joyeux et sympathiques la note dominante. A travers les belles cérémonies de l'Eglise et avec leur concours il s'est établi une fusion réelle de toutes les âmes dont chacun souhaite la durée.
Ajoutons que Son Excellence était accompagnée de Monsieur le vicaire général Poggi, de Monsieur Jacquier, des R. Pères Marchal assistant des Pères Blancs, Devillard S. J., Lefèvre O. P., des curés de Ménerville, d'Isserville et de Courbet. MM. Rossano et Fénucciu assistaient Monseigneur comme diacre et sous-diacre.
Le service d'ordre et d'honneur était assuré par la Troupe de Scouts Saint Dominique.
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Le magnifique palmarès
du Vélo-Club-Bônois
Bonjour, N° 117, 24 mai 1934 journal satyrique bônois.
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Depuis son fondateur
M. Raoul Teddé
jusqu'aux hommes d'aujourd'hui
Il y a dix ans que le Grand Prix de la Ville de Bône a été créé et nous donnerons, dans, quelques jours, les détails de l'organisation du Grand Prix 1934.
En 1924, le cyclisme qui comptait déjà des adeptes nombreux, mais non organisés dans notre ville, a fait, tout de suite, des progrès rapides sous l'énergique direction de son fondateur et premier président, notre excellent concitoyen, M. Raoul Teddê. Il en a, d'ailleurs été remercié de façon assez curieuse, nous dirons comment et par qui.
Le Comité a entrepris une lourde tâche : amener à lui beaucoup d'adeptes et, partant, créer beaucoup de courses. Des épreuves sont disputées qui deviennent intéressantes de plus en plus et, notamment, toute la presse algérienne a pu dire, en 1926, que le Grand Prix de la Ville de Bône était la seconde épreuve de l'Afrique du Nord.
Quel chemin déjà parcouru. Le premier Grand Prix ne fut qu'une épreuve interrégionale et ne comprenait comme itinéraire que trois tours de la plaine de Bône, soit 210 kilomètres.
Une quinzaine de partants dont plusieurs, algérois et c'est un coureur étranger à la région, Bessadi, qui enleva la première place.
En 1925, la formule initiale demeure la même, mais le parcours s'allonge. Le trajet comprend Bône-Constantine par Saint-Charles et retour par Guelma, soit 383 kilomètres. On a compté une vingtaine de coureurs parmi lesquels les as algériens : Torrès, Thomas, Varo, Redmani, Guercy, les tunisiens Flifel et Xuereb, et les locaux Stornello et Celano. La victoire a été superbement enlevée par Flifel qui a gagné les deux étapes.
En 1926, le V.C.B. voit encore plus grand. Il veut faire classer internationale son épreuve. Il s'adresse, avec succès, à L'Union Vélocipédique de France et il fait appel aux coureurs métropolitains. Massol et Juge traversent la Méditerranée et se joignent aux Flifel, Gramatico, Cherchirillo, Xuereb, Vito, Rallo de Tunis ; aux Thomas, Kibilène, Borg, Coste, Buono, etc. d'Alger et, bien entendu, aux as bônois. C'est Borg, l'algérois, qui est classé premier. Le parcours était Bône, Philippeville, Constantine, 2 étapes, et Constantine Bône. Les organisateurs constatent que le public fait, chaque année, un accueil encore plus enthousiaste à la grande épreuve et ils trouvent ainsi une récompense hautement méritée.
En 1927, les métropolitains viennent encore plus nombreux, Baud, Filiat, etc. Le parcours est modifié. Il comprend neuf étapes et emprunte le sud constantinois jusqu'à Biskra. Borg enlève encore la première place renouvelant ainsi ou exploit de l'année précédente.
En 1928, le parcours, comprend Philippeville, Djidjelli, Bougie, Sétif, Constantine et Bône. Enfin, jusque nos jours, les succès se sont accentués.
Le grand prix, de cette année sera un triomphe, nous l'espérons bien. Nous en reparlerons plus longuement.
Après cette énumération succincte, nous devons, donner les noms des hommes jeunes et ardents qui se dévouent à une très belle tâche". Le Comité actif du, Vélo-Club Bônois, 1934, est ainsi composé : Président, M. André Fadda, que nous félicitons nettement de ne pas avoir cédé à certaines suggestions parfaitement déloyales.
Vice-présidents : MM. Joseph Caputo et Grenade. Secrétaire général : M. Falzon. Secrétaire adjoint : M. Bétro. Trésorier : M. Salvator Langella. Directeur sportif : M. Sauveur Longo. Commissaire général ; M. Sauveur Langella. Assesseurs : MM.. Favier, Charles Missud, Fiorini, Locastro, Antonietti. Lampe, Ginestar et Carbonara.
Il faut aider ces hommes-là. Des listes de souscription vont circuler et nous sommes certains que les Bônois leur feront un excellent accueil. Nos concitoyens aiment de voir s'augmenter en chaque occasion le bon renom de notre ville. Dans ce but parfaitement louable, ils donneront leur effort comme les organisateurs donnent le leur sans compter et de In façon la plus désintéressée.
P. Marodon
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ALGER ETUDIANT
N° 29, - mai 1924 Source Gallica
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Depuis un temps assez éloigné, c'est-à-dire depuis qu'existe la clique spéciale des voleurs, faussaires, escrocs, etc. (ça ne date pas d'hier !) je trouve qu'on emprisonne les gens un peu trop à la., bab-âlla, pour employer le terme du pays. On ne tient nullement compte — et c'est bien regrettable — ni du lieu où est commis le délit ni de l'état social du pauvre bougre qui s'est laissé. . . glisser sur la pente fatale. . .
Si j'étais la moindre des choses dans le Gouvernement — par exemple Ministre de la Justice !! — je voudrais que cela changeât sur le champ. Je décréterais que tous les rastaquouères, reconnus coupables, devraient immédiatement... prendre le chemin professionnel !
Quel chemin ? questionnez-vous.
Ne vous fatiguez point les méninges, surtout par ces bien vilains temps de grippe, espagnole ou autre ; voici quelques exemples :
Ainsi un chef de gare coupable de... (ici la nature du délit) serait, à sa propre gare et non ailleurs mis aussitôt en état... d'arrêt-station.
L'agent des P.T.T. conduit au. . . Poste (central) !
L'artiste musicien (avec ou sans tambour ni trompette) fourré au... violon !
Le quincaillier, dans son magasin même, serait mis sous les... verrous !
La sage-femme, chez elle, serait mise aux... fers !
La « petite main » conduite par les... menottes !
Le mécanicien d'un train, avec sa machine, serait envoyé au… Dépôt !
Le... « bourreau » dirigé sur la. . . Santé !
L'employé de la Cie « Le Soleil » aurait... l'assurance sur la vie qu'il serait mis... à l'ombre !
Le tailleur de pierres, à cause de sa caillasse, serait flanqué au... bloc !
Le jardinier, avec ses corbeilles de légumes, jeté dans le... panier à salade !
Le proprio — qui pour un oui ou pour un non — nous flanque dehors, on le mettrait... dedans !
Au vidangeur on lui ferait faire connaissance avec les... lieux de la geôle !
Le fabricant d'articles en celluloïd et par application de la loi Loïd) serait mis en... cellule !
Le ferblantier et l'entôleuse... à la tôle !
Un maître du « The Loop » en plein air et devant son public, serait... bouclé !
Le fabricant de jeu de jacquet, histoire de le distraire, serait flanqué à la... boîte !
Le policeman à la salle de... police !
Le marchand de cigares et cigarettes, tout simplement... passé à tabac !
Au caissier, qui aurait emporté le coffre, on le... coffrerait !
L'employé du Mont-de-Piété — comme ma regrettée montre — serait mis... ait clou !
Les maçons, âgés, conduits directement à la guillotine pour contempler une dernière fois... l’échafaud... d'âge, etc., etc.
Ne croyez-vous pas qu'il n'est pas si bête que ça mon système, non encore breveté ? Ah ! si j'étais la moindre des choses dans le Gouvernement, par exemple : Ministre de la Justice !......
J'allais oublier de vous dire aussi que les maboules comme moi, qui ont toujours la tête en l'air, seraient, naturellement,.. enfermés chez Gniol, successeur de Rouby !
M. H.
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PHOTOS BÔNE
Envoyée par divers lecteurs
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Je suis né en Algérie française.
POEME (revisité) Très beau et très vrai
Envoyé par M. J.L. Ventura
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Je suis né dans une contrée lointaine,
Loin de la France métropolitaine,
A vrai dire en Algérie française,
Un pays saturé de monts et de merveilles,
Fait de plages, de mer et de bleu outremer,
Liés à un Atlas massif qui accompagnait la mer,
Tout le long d’un parcours indivisible,
A la façon d’un époux jaloux de sa beauté physique.
Dans ce pays, dès l’école communale,
Nous fredonnions déjà l’hymne national,
Plus tard, lors des cérémonies militaires,
Ou lors des fêtes populaires,
Nous chantions d’une seule voix la Marseillaise,
Afin d’honorer la France contemporaine,
Et ses héros morts qui s’illustrèrent dans ses rangs,
Au cours des millénaires précédents.
Dans ce pays, chaque dimanche,
Nous allions à la messe célébrer la passion du Christ,
Pour qu’il nous pardonne nos pêchés comme nos offenses,
Puis, l’esprit purifié et blanchi,
Nous allions danser dans les guinguettes populaires,
Dans nos villages et dans nos villes,
Au bord de mer ou au cœur des terres,
Eté comme hiver.
Je suis né en Algérie française,
Au cœur de ce pays immense et sans pareil,
Saturé d’air pur et de soleil,
Cinq fois plus grand que la France métropolitaine,
Je fais partie d’un peuple de travailleurs,
Venu de France ou venu d’ailleurs,
Nous sommes devenus par le labeur,
Des français à part entière,
Et par le sang,
Des patriotes glorieux sans équivalent,
Nous avons participé à toutes les guerres,
De pères en fils et de fils en frères,
Au contraire de qui été dit et galvaudé,
Je veux crier ici ma vérité,
Pour ne plus jamais me faire insulter,
Nous n’étions pas de riches héritiers,
Mais nous vivions heureux comme des prolétaires,
A ramasser les oursins à la pelle,
Eté comme hiver,
A s’en rassasier en famille autour de la corbeille,
Eté comme hiver,
A pêcher au large ou le long des grèves,
Eté comme hiver,
La vive, la sole ou le sar à tête noire,
L’ombrine, l’oblade, la daurade et la petite girelle,
De l’aurore au coucher du soleil,
La peau purifiée par le sel marin,
Et la conscience confortée par l’origine de nos destins.
Je suis né en Algérie française,
Trahie et délaissée par la France métropolitaine,
J’y ai laissé ma vie d’avant,
Ma pauvre mère décédée prématurément,
Mes proches, mes amis, mon village de naissance,
Et tous ses habitants,
J’ai perdu mes arbres et mes forêts,
Mes plages et mes rochers,
Mon ciel et son soleil,
Mes montagnes et leurs merveilles,
J’y ai aussi laissé une partie de moi-même,
A vrai dire, la plus grande partie de ma jeunesse,
Puis, après avoir récupéré mes souvenirs et mes rêves,
J’ai quitté l’Algérie,
Le cœur et la conscience en ruine,
Et repris ma place aux côtés de ceux que j’aime,
En France métropolitaine,
En lieu et place de ma Patrie lointaine.
En France, afin d’éviter de lourds désagréments ,
J’ai mis au secret ma vie d’avant,
Pour ne point pleurer devant tous ces gens,
Qui nous ont trahi et délaissé dans la pire indifférence,
Et traité comme des vagabonds de l’existence,
A parquer à distance !!
José Yvars
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HISTOIRE DE L'AFRIQUE DU NORD
Par Henri PERRIER
ACEP-ENSEMBLE N°271, et 273
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La Berbérie : Algérie, Tunisie, Maroc
"Henri PERRIER tient à préciser qu'il n'est pas l'auteur de l’Histoire de l'Afrique du Nord publié dans ces colonnes, mais seulement le "rapporteur" d'un cours d'histoire dispensé à l’Ecole Préparatoire Monitorat Enseignement Ménager de Birmandreis (Alger), en 1958. Cours suivi par sa sœur Anne-Marie et dont il a saisi le texte pour en faire un fascicule à destination familiale".
Epoque phénicienne ou carthaginoise
1 - La civilisation égyptienne
Tandis que les populations habitant l'Espagne, la Gaule, l'Italie, la Grèce vivaient bien misérablement des produits du sol et de la chasse, l'Egypte était parvenue à un bon degré de civilisation. Depuis 4.000 ans, elle était gouvernée par des pharaons et les Egyptiens avaient une culture de la pensée, des arts et des sciences extrêmement poussée.
2 - En Asie Mineure
Les Assyriens et les Chaldéens avaient une civilisation très brillante. Ils habi¬taient un pays très fertile, et si les Egyptiens avaient le Nil, les Assyriens avaient le Tigre et les Chaldéens l'Euphrate. Chacun de ces peuples était soumis à l'autorité d'un chef et avait son armée pour réprimer les désordres et assurer la sécurité.
Les arts et les sciences, en particulier les mathématiques et l'astronomie, étaient en honneur chez ces deux peuples. Ninive était la capitale des Assyriens, Babylone celle des Chaldéens (à Babylone, on pouvait voir les fameux jardins suspendus de la reine Sémiramis).
3 - En Berbérie (Algérie, Tunisie, Maroc)
Que faisaient les habitants ?
A cette époque en Berbérie, il n'y avait pas de maisons, pas de villages, pas de villes. Vivre, pour les Berbères, c'était se procurer à la chasse le gibier dont ils se nourrissaient, c'était fabriquer armes et vêtements, et assurer la garde et la sub-sistance des troupeaux.
L'hiver dans la plaine, l'été dans la montagne, le pasteur berbère et toute sa famille parcourait le pays derrière son troupeau d'un bout à l'autre de l'année. C'était un nomade. La famille berbère se composait du chef, de ses frères, de ses fils, de ses neveux. La vie était simple, patriarcale, rude.
4 - Les Phéniciens
Revenons en Asie Mineure. La région côtière de la Syrie, à l'ouest de la Chaldée et de l'Assyrie était habitée par les Phéniciens. Leur capitale était Tyr. Les habitants étaient des marchands et d'excellents marins.
Les cèdres du Liban leur fournissaient du bois en abondance pour la construction de leurs bateaux. Ils parcouraient toute la Méditerranée et s'aventuraient même dans l'Atlantique et jusque dans la mer du Nord, vendant ce qu'on fabriquait chez eux et achetant les produits d'autres pays pour les revendre ailleurs. A ce commerce, ils s'étaient enrichis.
Au IX° siècle avant J.C., le roi des Phéniciens Pygmalion avait une sœur, Didon qui avait épousé un marchand extrêmement riche. Le roi, jaloux de la fortune de son beau-frère, le fit mettre à mort pour s'emparer de ses biens. Mais Didon transporta les trésors de son mari dans un gaoul et partit avec ses amis pour fuir Pygmalion. Au bout de quelques jours, elle aborda sur la côte de Tunisie où se trouve aujourd'hui Tunis.
Didon demanda au chef berbère de lui vendre un petit morceau de terrain qu'elle paierait très cher, tout juste la surface qui serait délimitée par la peau d'un bœuf. Le chef berbère accepta.
La peau du bœuf fut taillée en une lanière extrêmement fine qui s'allongeait, et eut finalement une longueur de plusieurs milliers de mètres. Disposée en rond sur le sol, elle entourait un très grand espace qui fut concédé à Didon.
Sur ce terrain Didon fit bâtir une forte¬resse qui fut appelée Byrsa. Plus tard, les rois qui succédèrent à Didon construisirent autour de la forteresse une grande ville : Carthage.
Les Phéniciens de Carthage eurent bientôt des petites colonies aux environs des villes actuelles de Bône, Bizerte et Sousse, ce qui leur permit de continuer leur commerce maritime. Les Berbères y venaient en acheteurs et emportaient en échange des peaux de bêtes, des défenses d'éléphants.
Trois siècles après : VI° siècle avant J.C.
Trois siècles passèrent pendant lesquels Carthage augmenta sa flotte marchande, développa son commerce, fonda de nouvelles colonies qui s'échelonnèrent sur les côtes de Berbérie. Là où s'élèvent aujourd'hui : Philippeville, Bougie, Dellys, Matifou, Alger, Cherchell, Ténès. Il y en eut jusqu'en Espagne, Tripolitaine, en Sardaigne. Les Carthaginois étaient les rois de la Méditerranée. Mais allaient-ils le rester ?
En Grèce, Athènes et Sparte s'étaient développées et enrichies rapidement. On trouvait chez les Grecs aussi bien la force physique et morale que l'intelligence, la valeur militaire et le goût artistique. Mais ce qui inquiétait les marchands de Carthage, c'était l'extension que prenait le commerce des marins grecs, qui avaient fondé en Libye une colonie nom¬mée Cyrène. Cyrène avait rapidement prospéré et était en train d'enlever à Carthage le commerce avec l'Égypte.
Puis les marins grecs vinrent s'établir à Marseille et leurs navires prirent la place des marins carthaginois dans les ports de l'Espagne et de la Gaule.
Cela ne pouvait durer. Les Carthaginois, profitant de l'expédition des Perses contre les Grecs mobilisèrent tous les bateaux de guerre et de transport et débarquèrent en Sicile. Mais leur armée fut écrasée par l'armée de Syracuse. Le même jour, la flotte des Perses était vaincue et mise en déroute par la flotte grecque.
Vainqueurs sur terre et sur mer, les Grecs accaparèrent le trafic maritime en Méditerranée. Le commerce carthaginois périclita de plus en plus et cela amena un grand changement dans la vie des Berbères.
Défrichements.
Jusque-là, les Berbères n'avaient eu que peu de relations avec les Carthaginois, des échanges de marchandises.
Quand ils virent tout autour de Carthage les soldats carthaginois s'emparer de terrains de pâturages pour en faire des domaines agricoles, ils en furent très mécontents. Puis ils s'intéressèrent au défrichement et apprirent à semer l'orge, l'avoine, l'avoine, à cultiver les oliviers et en tirer de l'huile.
Des familles berbères, abandonnant alors la vie nomade, se fixèrent dans certaines régions où la terre paraissait bonne et les pluies suffisamment abondantes. D'autres familles vinrent se joindre aux premières, on construisit des habitations de pierres et de terre sèche et ainsi se formèrent des villages. Aussi y eut-il désormais deux genres d'existence chez les Berbères : les sédentaires, c'est-à-dire ceux qui se fixèrent au sol, les nomades, ceux qui continuèrent à vivre sans demeure fixe.
Nomades et sédentaires furent le plus souvent ennemis. Les incursions des tribus nomades finirent par constituer de véritables expéditions guerrières, de sorte que les sédentaires n'eurent pas d'autres ressources que de s'enfermer dans des villages fortifiés des "ksours", ou de construire une forteresse où le chef entreposait les bien de la communauté : le " bordj„
IV° siècle avant J.C. : les Macédoniens
La Grèce, déchirée par les guerres civiles, allait s'affaiblissant. Le roi de Macédoine : Philippe, en profita pour occuper toute la Grèce. Son fils, Alexandre le Grand, s'attaqua ensuite à l'empire des Perses, après avoir envahi l'Asie Mineure, soumis l'Egypte et fondé Alexandrie. En quelques années, il fonda un immense empire lequel, à la mort d'Alexandre (à l'âge de 33 ans), donna naissance à trois grands royaumes : la Syrie, l'Egypte, la Macédoine.
Pendant ce temps les Carthaginois, profitant de l'anarchie qui régnait en Grèce, s'étaient rendus maîtres de quelques ports de Sicile, et réussirent à s'emparer de toute l'île. Mais la conquête de la Sicile allait les mettre en face d'un redoutable adversaire : Rome, qui s'est élevée en Italie il y a quatre à cinq siècles et qui par un jour étendra sa domination sur un immense empire.
III° siècle avant J.C. : Les guerres puniques
Les guerres puniques qui vont opposer Rome et Carthage dureront cent vingt ans. Nombreux furent les Berbères qui s'enrôlèrent dans l'armée carthaginoise (ou punique). On compte trois guerres puniques.
1 - La première guerre punique
Elle eut pour théâtre la Sicile. Les armées romaines ne purent y remporter des succès décisifs. Rome décida alors de débarquer en Afrique, où les Puniques n'avaient conservé qu'une faible garnison. Le débarquement réussit, mais les Romains échouèrent devant Carthage. Les cavaliers berbères et leurs éléphants jetèrent l'effroi dans les troupes romaines qui coururent se rembarquer, mais leur chef Régulus fut fait prisonnier. En Sicile, l'armée carthaginoise s'épuisait, les navires qui amenaient les renforts étaient coulés par la flotte romaine. Carthage fut obligée de signer la paix et d'évacuer la Sicile. Ce fut la fin de la première guerre Punique.
Matho :
Lorsqu'au retour de l'expédition on libéra les mercenaires (Berbères, Gaulois, Espagnols, Grecs) venue servir Carthage, attirés par les soldes élevées qui leur étaient offertes, il fut impossible de les payer, parce que le trésor était vide. Tous ces gens mécontents se joignirent aux agriculteurs berbères et formèrent bientôt une armée de 70.000 hommes, qui eut à sa tête un Berbère nommé Matho.
Berbères contre Carthaginois :
Cette guerre dura trois ans, les Romains fournirent des armes aux mercenaires, puis ils parlèrent de leur envoyer une légion en Afrique. Pour que ce projet fut abandonné, Carthage entra en pourparlers avec Rome et dut abandonner aux Romains la Sardaigne.
En échange, les Puniques furent autorisés à recruter des soldats en Italie. Le général carthaginois Amilcar qui avait été isolé, fut rappelé et pris le comman-dement de l'armée. II détruisit l'armée de Matho et tous les prisonniers furent suppliciés.
2 - La deuxième guerre punique
Les Carthaginois complètement ruinés avaient cherché fortune en Espagne, où Carthage possédait déjà une colonie : Gades (Cadix). C'est là que débarqua Amilcar, le général victorieux, avec une armée composée des meilleures troupes berbères. Il occupa rapidement tout le sud de l'Espagne : l'Andalousie. Tué dans une bataille, il laissa le commandement de l'armée à son gendre Asdrubal, mais celui-ci mourût assassiné. L'armée d'Espagne acclama alors pour chef le fils d'Amilcar : Annibal qui avait 22 ans.
Le jeune général résolut d'aller à la conquête de Rome. Ce fut la deuxième guerre punique. Maître de la Gaule Cisalpine, Annibal parvint à franchir l'Apennin et à pénétrer dans la vallée du Tibre, le fleuve qui arrose Rome. Mais l'armée carthaginoise avait souffert et malgré ses succès, Annibal fut obligé de passer de nouveau l'Apennin. Après avoir défait les Romains à la célèbre bataille de Cannes sur l'Adriatique, il entra en Campanie, C'est-à-dire dans la région de Naples et menaça Ronge par le sud. Mais Carthage ne lui envoyait que des renforts insignifiants. Durant plusieurs années, Annibal parvint à conserver ses positions malgré les attaques incessantes des légions romaines. II s'était retranché à l'extrême sud de l'Italie, dans la région montagneuse que nous appelons aujourd'hui la Calabre.
C'est alors que pour se débarrasser d'Annibal et le forcer à abandonner l'Italie, un général romain, Scipion, forma le projet d'attaquer Carthage.
Expédition en Afrique
Pour réussir en Afrique, Scipion comptait sur l'appui des Berbères dont les familles s'étaient groupées en tribus. Les tribus elles-mêmes s'étaient groupées et placées sous la conduite de chefs particulièrement braves et habiles. C'est ainsi qu'à l'époque dont nous parlons, trois grands royaumes se partageaient la Berbérie.
L'un couvrait le Maroc et était composé de tribus qu'on appelait les Maures, c'était la Maurétanie. Les deux autres s'étendaient entre le Maroc et la frontière punique : c'était les deux royaumes de Numidie.
Numidie de l'ouest, dont le roi était Syphax.
Numidie de l'Est, qui avait pour roi Galla.
Massinissa, fils de Galla, était alors fiancé à Sophonisbe, la fille du gou¬verneur militaire de Carthage.
Scipion voyant Carthage faire des avances à Galla était entré en relations avec Syphax et lui avait envoyé un lieutenant pour faire l'instruction de ses troupes. Dès lors Syphax, se sentant soutenu par Rome, attaqua Galla et le chassa de ses états. Il s'apprêtait à mettre le siège devant Carthage. Carthage effrayée chercha par quels moyens elle pourrait calmer l'ardeur belliqueuse de Syphax et ne trouva rien de mieux que de lui offrir la main se Sophonisbe. C'est ainsi que la jeune fille âgée de 16 ans épousa le roi Syphax qui en avait 70. Cette trahison indigna Massinissa qui, pour se venger, vint se mettre à la disposition de Scipion qui avait débarqué à Utique, non loin de Carthage. Il réunit donc une armée berbère et vint rejoindre l'armée Romaine. Les deux armées surprirent le camp de Syphax, l'incendièrent et firent le roi prisonnier. Massinissa entra à Cirta où se trouvait Sophonisbe. Enfin il allait pouvoir l'arracher à Syphax et l'épouser. Mais comme elle était la femme du roi vaincu, Scipion s'y opposa en disant qu'elle devait défiler avec les captifs dans les rues de Rome. Sophonisbe, dans une pièce voisine, avait entendu la discussion. Quand ils entrèrent dans la chambre, ils la trouvère inanimée : elle s'était empoisonnée.
Pendant ce temps, la plus grande inquiétude régnait à Carthage. Un seul homme pouvait sauver la ville : Annibal. On lui fit dire de rentrer au plus vite, mais malgré une résistance désespérée, il fut vaincu par Scipion et Massinissa.
Carthage demanda la paix : ce fut la fin de la deuxième guerre punique. Les conditions imposées à Carthage furent dures. Plus d'éléphants, plus de flotte de guerre et lourdes indemnités à payer, défense d'engager aucune guerre sans l'autorisation de Rome. Massinissa reçut le titre de roi et reçut les états de Syphax. Il régna donc sur toute la Numidie.
Un grand roi berbère : Massinissa
Pendant les soixante années de son règne, la Numidie se transforma : les campagnes se couvrirent de riches moissons, partout se construisirent des villages fortifiés. Pour être protégés contre les pillards, les cultivateurs acceptèrent de payer des impôts qui permirent l'équipement et l'entretien de troupes.
Mais Carthage avait aussi retrouvé sa prospérité, ce qui déplaisait à Massinissa. A 90 ans, celui-ci s'avança vers la cité punique à la tête d'une puissante armée. Les Carthaginois se défendirent, mais Massinissa remporta la victoire.
II° siècle avant J.C. : agonie et mort de Carthage
3 - La troisième guerre punique
En face du succès de Massinissa, Rome s'inquiéta. Sous prétexte de châtier Carthage d'avoir violé le traité en faisant la guerre à Massinissa, Rome envoya des légions qui débarquèrent à Utique.
Les citoyens de Carthage, indignés, jurèrent de se défendre jusqu'à la mort. Les Romains, surpris de trouver une telle résistance, mirent trois ans pour prendre la ville, trois ans pendant lesquels les assiégés se défendirent héroïquement.
Enfin les Romains parvinrent à pénétrer dans le port. Ils mirent six jours à conquérir la ville, maison par maison. Les hommes armés furent envoyés à Rome et jetés dans des cachots d'où ils ne sortirent pas vivants La population fut dispersée dans la campagne et la ville incendiée.
Pendant plusieurs jours, les flammes dévorèrent les temples, les palais, les magasins, les arsenaux. De Carthage, il ne restait plus que des cendres.
La rivale de Rome avait cessé d'exister.
IV - Epoque Byzantine (VI° siècle après J.C.)
Les Berbères de Tunisie avaient accueilli avec joie les troupes de Bélisaire, car ils avaient eu particulièrement à souffrir de la domination vandale.
Mais après la mort de Genséric, ses successeurs n'occupaient plus qu'une faible partie de la Berbérie, les tribus de l'intérieur les ayant obligés à replier leurs garnisons vers la côte. Les montagnards étaient descendus dans les plaines et ils avaient semé la ruine. Des nomades sahariens vinrent prendre leur part du butin. Les villes de Timgad, de Lambèse et de Tébessa furent saccagées et n'offrent plus aujourd'hui que des ruines.
L'occupation byzantine
Les Byzantins devront se contenter d'occuper la Tunisie, le nord de la province de Constantine et quelques ports fortifiés comme Matifou, Tipaza, Cherchell, Ceuta, uniquement accessibles par la mer. Il leur faudra renoncer à tout établissement durable dans les régions de l'intérieur. Le général Salomon, à qui Bélisaire avait laissé le commandement de ses troupes, a essayé d'établir des relations d'amitié avec les chefs berbères. Mais jugeant inutile de poursuivre plus longtemps les relations diplomatiques, il partit avec son armée pour infliger une leçon aux rebelles. Mais il eut la désagréable surprise de voir ses chevaux se cabrer et refuser d'avancer en face de la muraille du camp. Cette muraille vivante était composée de douze rangées de chameaux placés de flanc, sous le ventre desquels étaient agenouillés des hommes couverts de leur bouclier. Il fallut s'ouvrir un passage et le combat s'engagea. Une brèche fut faite et toute l'armée fit irruption dans le camp.
Expédition contre les montagnards
Ce fut à des tribus de montagnards qui avaient pris position dans un défilé bordé de montagnes abruptes que Salomon eut affaire. Les Berbères, massés en rangs serrés, se sentaient déjà assurés de la vic-toire, lorsque tout à coup une grêle de flèches s'abattit sur eux. C'était une petite troupe d'un millier de fantassins hardis que Salomon avait envoyée pendant la nuit par des chemins détournés prendre possession, dans le plus grand silence, des hauteurs qui dominent le défilé. Pris de panique, les Berbères s'élancèrent en désordre dans une étroite gorge, avec l'espoir de gagner la montagne voisine. Mais le sentier surplombait un précipice et bientôt la bousculade fut telle que fan-tassins et cavaliers roulèrent pêle-mêle dans le ravin. Cinquante mille hommes trouvèrent la mort dans cette aventure et femmes et enfants furent emmenés en captivité en grand nombre.
Mutinerie et soulèvement
L'armée byzantine était insatisfaite de ces expéditions, le butin se révélant plutôt maigre dans ces pays déserts. Il fallut l'arrivée de Bélisaire pour rétablir l'ordre. Quant aux gouverneurs, ils se révélèrent d'une incapacité complète et d'une odieuse brutalité. Il y eut un soulèvement général. Salomon fut tué dans une bataille. Il fallut une armée envoyée de Constantine pour ramener le calme dans le pays.
Gouverneurs indignes
Les provinces byzantines sont enfin pacifiées. De nouvelles forteresses sont construites à la frontière pour tenir en respect les tribus environnantes. L'Empereur Justinien s'était efforcé d'établir partout l'organisation romaine. Mais les territoires soumis à l'occupation byzantine continuaient à être gouvernés par des chefs indignes, sensibles aux arguments dorés d'anciens propriétaires romains jadis évincés par les Vandales. Nombre de Berbères se virent dépossédés de leurs champs, les hommes étaient si accablés d'impôts qu'ils pouvaient à peine assurer leur subsistance. La situation allait donc empirant et les Berbères appelaient de leurs vœux une nouvelle invasion qui les débarrasserait des Byzantins.
V - Epoque arabe (VII° siècle après J.C.
Au 7° siècle, les Arabes étaient des nomades qui menaient la même vie errante que les pasteurs berbères, accompagnés de leur famille et de leurs troupeaux. C'étaient surtout des guerriers, des cavaliers remarquables. Leur ardeur se dépensait dans des rivalités et des querelles entre tribus. C'est Mahomet qui unit ces tribus par un même sentiment, le sentiment religieux.
Mahomet
Orphelin très jeune, Mahomet avait été élevé par son oncle qui habitait La Mecque. De bonne heure, il s'était fait remarquer par son intelligence, son habileté dans les affaires. C'est ce qui lui a valu d'épouser une jeune et riche veuve mecquoise, qui lui avait confié la direction de ses affaires.
I - Première conquête de l'Islam
A la mort de Mahomet, son beau-père lui succéda sous le titre de khalife. Il entreprit aussitôt des expéditions pour convertir les peuples voisins et entra en Syrie et en Perse.
La conquête arabe a duré soixante-dix ans, mal connue faute de témoignages et d'archives. Les historiens arabes sont très postérieurs à cette époque.
- en 640 : les Arabes venus de Syrie franchissent l'isthme de Suez.
- en 642 : conquête de la Cyrénaïque et de Tripoli et premier raid jusqu'en Ifriqiya (Tunisie) qui résiste.
- en 647 : sous le khalife Omar, nouveau raid des armées d'Egypte sous le commandement d'Abdala
A partir de ce moment, les Byzantins cessent de défendre le pays, sauf des postes isolés dans le Nord. La résistance sera le fait des tribus berbères alliées con¬tre l'envahisseur.
- fonde Kairouan (place d'armes, entrepôts, protection de la ligue d'Egypte).
- vainc la résistance berbère Qoccéla (région des hauts plateaux).
- pousse à l'ouest jusqu'à l'Atlantique (Tanger).
- revient et est tué près de Biskra par Qoccéla, qui s'est échappé (683).
- Résistance berbère de la Kahina, dans l'Aurès. Elle règne cinq ans et est tuée en 708.
- 697 : Hassan s'empare de Carthage et fonde Tunis. Fin de la résistance byzantine
- 711 : les Arabes sont à Tanger. Les troupes berbères passent le détroit sous la conduite de Tariq.
Conquête de l'Espagne qui restera 8 siècles liée à l'Islam
- 732 : extrême avancée arabe jusqu'à Poitiers, refoulée ensuite derrière les Pyrénées.
Les Arabes, peu nombreux mais animés d'une foi nouvelle, diffusent la langue arabe, convertissent les Berbères. Désormais, la Berbérie passe sous l'influence de l'Islam.
Les Arabes, maîtres de Tanger, avaient porté leurs regards sur l'Espagne et comptaient continuer en Europe leur marche victorieuse.
Un chef berbère, Tariq converti à l'Islam, offre d'entreprendre une expédition en Espagne. Il réunit une armée de 13.000 hommes, débarque au pied d'une promon-toire rocheux auquel il donna son nom : Djebel Tariq (dont on a fait Gibraltar), s'empara de Cordoue, Tolède, Aragon et de la Castille. Puis ayant été disgracié (ses suc-cès avaient excité la jalousie d'un chef arabe), l'armée berbère, sous un autre chef, franchit les Pyrénées, pénètre en France et ne s'arrêta que devant Poitiers, où elle fut repoussée par Charles Martel en 732.
Les Berbères furent contraints de repasser en Espagne où ils demeurèrent. De nombreux Arabes vinrent les y rejoindre, l'Espagne devint ainsi une province arabe. Elle ne fut cependant pas soumise au khalife d'Orient, mais un khalife fut proclamé en occident et ses descendants régnèrent sur l'Espagne plus de deux siècles et demi. L'occupation musulmane subsista en Espagne jusqu'au 15° siècle, laissant après elle des mosquées et des palais tels que ceux de Cordoue, Séville, Grenade (Alhambra) qui comptent parmi les plus belles réalisations de l'art arabe.
VIII° siècle après J.C.
II - L'Afrique du Nord échappe aux khalifes orthodoxes de Damas
L'Afrique du Nord échappe aux khalifes orthodoxes de Damas : domination du khâridjisme, qui est un Islam non orthodoxe.
1 - Installation du khâridjisme (VIII° siècle)
- hérésie des musulmans qui ont refusé de suivre le khalife Ali.
- la révolte trouve un terrain favorable : pays conquis mais non soumis. Les Berbères supportent mal les vexations des gouverneurs arabes (en particulier, ils n'acceptent pas de payer l'impôt foncier alors qu'ils sont convertis).
- le khâridjisme se répand et donne une forme religieuse à la révolte. Les Berbères prennent Kairouan. En 771, les khâridjites tiennent le Maghreb central et oriental (Ifriqiya).
- la révolte est châtiée durement par les Arabes venus d'orient. Ils reprennent l'Ifriqiya et installent un émir à Kairouan. Mais le reste du Maghreb leur échappe et s'organise en royaume religieux.
VIII° - IX° siècle après J.C.
2 - Les trois royaumes religieux du Maghreb
a - Royaume de Tahert (khâridjite)
- en 778, Rostem, chassé de Kairouan, s'installe sur les hauts plateaux et fonde Tahert (la pacifiée, l'actuelle Tiaret).
A la tête, un imam qui a l'autorité absolue, dirige l'état selon le Coran.
- en 909 : chute de Tiaret prise par les Arabes de Kairouan car ce royaume n'a pas d'armée. Les khâridjites pourchassés fuirent vers le sud à Sédrata, puis au Mzab et deviennent les Mzabites.
b - Royaume de Fez : les Idrissides
En 809, Idriss, descendant du prophète fonde Fez.
Après une lutte contre certaines hérésies et la conversion des tribus berbères, les Idrissides organisent le pays. Conception orientale et arabe de l'état, qui s'étend d'Oran à l'Atlantique. On doit à cette période des foyers urbains de culture arabe, avec influence des centres de culture de Kairouan et de Cordoue.
c- Royaume de Kairouan : les Aghlabides
- avant 800 : période de troubles où les khâridjites s'installent. Le khalife parvient à rétablir l'ordre. Un émir commande au nom des khalifes de Bagdad sur la Tunisie. Peu à peu Kairouan concurrence Bagdad. Par la vie fastueuse des émirs, apparition de foyers de culture et de religion, mais aussi de despotisme
- en 800 : un des émirs gouverneurs de l'Ifriqiya s'affranchit de la tutelle des khal¬ifes de Bagdad. Extension du royaume de Bougie à Tripoli et du nord de l'Aurès à la mer. Conquête de la Sicile et maîtrise de la mer (Méditerranée occidentale). Epoque des châteaux forts pour personnes voulant acquérir le mérite de la guerre sainte (marabout)
d - Royaume d'Espagne : Emirat puis Khalifat de Cordoue
- en 755 : dissension intestine, lutte contre les chrétiens. Un Omeyyade, échappé des massacres des khalifes de Damas, se réfugie en Espagne et y fonde un émirat : l'Emirat de Cordoue.
- en 929 : l'émir prend le titre de khalife et au 10° siècle, Cordoue va rivaliser avec Bagdad. Mais au début du 10° siècle, le déclin commence. Rivalité intérieure et fractionnement.
X° siècle
3 - Le khalifat fatimide : X° siècle
Le khalifat Mahdia
- le chiisme : hérésie de l'Islam.
Il prétend que le khalifat revient aux descendants du prophète par Ali et Fatima (gendre et fille de Mahomet). Persécutés en Orient, les chiites se réfugient en Afrique du Nord où ils organisent la propagande.
- l'établissement.
Il s'appuie sur une tribu berbère de petite Kabylie : les Kôtama. Ils s'emparent de Kairouan, poussent vers l'ouest, détruisent le royaume de Tahert et vont délivrer un chiite arabe : Mahdi Obayd Allah, prisonnier à Tafilalet. Ils reviennent à Kairouan en triomphe et fondent Mahdia entre Sousse et Sfax.
- la conquête.
Obayd Allah s'empare de Tahert, Fez et Tlemcen. Les Kôtama berbères ont réalisé l'unité chiite sous la conduite d'un prince arabe. Ils ont tout le Tell et les Hauts Plateaux.
- les difficultés.
Les Kôtama représentent les sédentaires. Ils luttent contre les nomades chameliers dont ils envahissent le domaine : c'est la source des luttes qui marquèrent tout le 10° siècle.
Révolte kharedjiste d'Abou-Yezid : prise de Kairouan, échec devant Mahdia.
- établissement du khalife de Mahdia au Caire en 973.
Les Fatimides quittent l'Ifriqiya et s'établissent au Caire. Le Maghreb est confié aux berbères Ziri de la tribu des Canhaja (çanhaja).
le khalifa du Caire.
X - XI° siècle : les dynasties canahejiennes
- Rôle des émirs kabyles : gouverner l'Ifriqiya au nom des Fatimides et tenir en respect les nomades.
- Les capitales.
- Kairouan : Bologguin s'y installe aux environs et représente le calife.
- Fondation d'Alger par Bologguin en 975, ainsi que Médéa et Miliana.
Achir est fondée au temps des califes de Mahdia par Ziri en 935, pour contenir les tribus nomades (près de Berrouaghia). Fondation de El Quala qui prend de l'importance, se détache de Kairouan et fait figure de capitale.
XI° siècle : l'invasion hilalienne
Un émir de Kairouan se libère de la tutelle du calife fatimide du Caire en 1950. Pour se venger, le calife lance sur l'Ifriqiya la tribu des Beni Hilal (200.000 personnes) venue d'Arabie et campant en Haute Egypte et à qui il offre la propriété des pays conquis.
Conséquences : lente progression de ce peuple.
- anarchie de l'Ifriqiya
- pillage qui fait retourner à la steppe les régions cultivées : dominance de la vie pas-torale.
- imposition de la langue, de la religion, des mœurs.
- la vie se retire sur les côtes : Kairouan ruinée est abandonnée pour Mahdia, El Qala évacuée pour Bougie.
XI° siècle au XV° siècle : la période berbère
4 - Les royaumes berbères
Du 11° au 15° siècles, l'Afrique du Nord allait être gouvernée par des chefs berbères, mais leur manque d'union devait peu à peu aboutir à morceler la Berbérie en une multitude de petits états, que gouvernaient des chefs de tribu, des princes berbères ou des chefs religieux.
XI° siècle
Youcef, berbère marocain, marabout très pieux, entreprit d'enseigner le Coran à la tribu des hommes voilés qui occupaient le sud du Maroc. Il fonda une sorte de couvent ou plusieurs chefs de la tribu vinrent écouter ses prédications.
Avec ces hommes à la foi musulmane ardente, il s'élança vers l'Atlas marocain pour convertir les montagnards à l'islam et ranimer le zèle des croyants.
D'autres tribus se joignirent à eux et c'est avec 80.000 cavaliers que l'armée s'élança sur le royaume de Fez, puis poussant vers l'est, s'empara de Tlemcen, Oran, Tunis. Revenu au Maroc, Youcef entreprit la con-struction d'une capitale qui devint plus tard Marrakech. Il partit ensuite en Espagne, remporta une victoire sur l'armée chrétienne, destitua les roitelets berbères arabes espagnols et imposa son autorité à l'Espagne.
A sa mort, Youcef régnait sur les deux tiers de l'Espagne, le Maroc en entier et la moitié de l'Algérie.
XII° siècle
Le fils de Youcef ne possédait pas les qualités de son père. Les montagnards prirent donc pour chef Abd et Moumen, fils d'un modeste artisan côtier.
Abd et Moumen conquit tout l'empire des hommes voilés et continuant sa marche vers l'est, entra dans le royaume de Hammad. Il s'installa à Bougie, qui était devenue la capitale des successeurs de Hammad et s'empara de tout le royaume. Abd et Moumen poursuivit sa route vers Sétif, puis vers la Tunisie et la Sicile qu'il conquit.
XIII° siècle
Les successeurs d'Abd et Moumen eurent à faire face à des insurrections. Cent après la victoire de Sétif le royaume d'Abd et Moumen était de nouveau morcelé.
Les royaumes de Tunisie, de Tlemcen, et du Maroc, se faisaient la guerre, aidés par de nombreuses tribus bédouines qui étaient ensuite payées par l'attribution de territoires. La Berbérie était de plus en plus morcelée.
XIV° et XV° siècles
La situation ne fit qu'empirer. Le Maroc lui-même était divisé. Les sultans de Fez et de Marrakech avaient perdu leur autorité. Les ports devinrent les refuges des corsaires qui parcouraient la Méditerranée pour capturer les Chrétiens.
Tunis reste au centre actif de commerce.
Mais le calife ne pouvait plus sortir de sa capitale, car toute la campagne était livrée aux bédouins. Fez et Marrakech devenaient riches et prospères, mais les sultans avaient dû renoncer à tout domaine en Espagne et les Portugais commencèrent à prendre pied sur les côtes du Maroc. A leur tour les Espagnols débarquèrent des garnisons sur le littoral du Maroc et de l'Algérie. Ils s'installèrent à Melilla, à Mers et Kébir et Oran, puis débarquent sur un petit îlot à l'entrée du port d'Alger. A cause de ce rocher, l'Algérie allait se trouver pendant trois cents sous la domination turque.
VI - Epoque turque (XVI° siècle)
Pour débarrasser Alger des Espagnols ins-tallés dans leurs forteresses du Penon, le chef des Algérois fit appel à Arroudj, corsaire turc établi à Djidjelli et que ses exploits contre les chrétiens ont rendu célèbre. Arroudj accepta et arriva à Alger. Il se proclama roi après avoir obtenu la soumission de Médéa, Miliana, avoir chassé le roi de Tlemcen et pris sa place.
Ayant été tué par les Espagnols venus assiéger Tlemcen, Arroudj fut remplacé par son frère, pirate renommé de toute la Méditerranée pour son effroyable audace. C'est Kheir-el-Din (Barberousse), qui pour s'assurer l'aide des Turcs, offrit son royaume d'Alger au sultan qui régnait sur l'Empire turc. Le sultan accepta et le pria de gouverner en son nom le royaume d'Alger avec le titre de beylerbey, c'est-à-dire émir des Emirs et lui envoya une armée de 6.000 Turcs pourvus d'une importante artillerie. Barberousse reprit rapidement sa vie de corsaire, puis décida de faire d'Alger un port corsaire. Mais il fallait auparavant détruire le Penon, qui dut se rendre malgré une héroïque résistance. Pendant trois cents ans, le port d'Alger allait devenir le plus redoutable repaire de la piraterie turque.
Gouvernement
L'état de Barberousse allait être maintenu par la force. L'armée des janissaires (soldats turcs) était répartie en une trentaine de compagnies dont les chefs formaient le conseil du beylerbey. Ce conseil se nomma le Divan. Barberousse, dont les états de service avaient émerveillé le sultan, fut nommé Capitan-Pacha, c'est-à-dire amiral de la flotte turque. Avec sa flotte, Barberousse revient en Afrique du Nord, débarque à La Goulette, s'empare de Tunis et prend possession de la Tunisie. Charles Quint s'émut de cette nouvelle, remporte un premier succès contre Barberousse et après avoir débarqué à La Goulette, lui reprend Tunis. Mais il dut renoncer à prendre Alger et cet échec de Charles Quint devant Alger allait avoir pour conséquence de laisser les pirates maîtres du port pendant trois siècles.
Le royaume turc fut divisé en trois pro¬vinces :
- la régence d'Alger
- la régence de Tunis
- la régence de Tripoli
administrée chacune par un pacha.
XVII° siècle
Les corsaires turcs d'Alger et de Tunis faisaient la terreur de la Méditerranée. Leurs fines galères, canons à l'avant, donnaient la chasse à tous les bateaux de commerce. Marins et passagers étaient capturés et conduits en esclavage, les marchandises de valeur transbordées et les bénéfices de ces expéditions répartis selon certaines règles. La population d'Alger s'accrut rapidement. Elle dépassait 100.000 habitants pour la plupart turcs, arabes, venus d'Espagne ou renégats. On y comptait en outre 25 à 30.000 esclaves chrétiens. Les moins malheureux étaient ceux rachetés par des particuliers (Cervantes et peut-être St-Vincent de Paul).
Cependant, grâce à l'amitié du sultan de Constantinople, le roi de France avait obtenu que ses navires de commerce soient respectés par les pirates. Mais ces faveurs étaient mal vues du dey et des janissaires et un jour vint où les navires français ne furent plus épargnés par les corsaires turcs. Louis XIV envoya l'amiral Duquesne réclamer au dey tous les captifs français et une indemnité importante. Le dey s'étant refusé à tous pourparlers, ce ne fut que l'année suivante que l'amiral Tourville réussit à obtenir un traité garantissant le commerce et qui devait être scrupuleusement respecté par les corsaires algériens.
XVIII° siècle
Les nations européennes ayant multiplié les croisières de surveillance, la piraterie barbaresque rencontra plus de difficultés et les prises étant plus rares, les pirates durent désarmer une partie de leur flotte. Les revenus de la régence furent ainsi diminués et les Berbères en pâtirent, car ils furent grevés d'impôts.
Seuls les montagnards de Kabylie et les tribus nomades des hauts plateaux et du Sud échappèrent au joug turc. Malgré de nombreuses expéditions, les forces armées du dey ne parviendront pas à les soumettre. En Tunisie, pour ne pas écarter de Tunis les commerçants européens, les deys s'efforcèrent autant qu'ils le purent de modérer l'activité des corsaires.
Quant au Maroc, il resta impénétrable. Son sultan Moulay-Ismaïl fut un très grand souverain, qui fit édifier à Meknès de somptueuses constructions, constitué une armée de 150.000 nègres et gouverna avec sagesse.
Ses successeurs, sans avoir son prestige, continuèrent à entretenir de bons rapports avec les puissances européennes et à favoriser les échanges commerciaux qui enrichirent le pays... Les Berbères marocains restèrent donc à l'abri de la domination turque qui s'étendait sur l'Algérie.
Début du XIX° siècle
Les maîtres de l'état algérien étaient toujours les farouches janissaires, qui nommaient les deys, puis les étranglaient dès que ceux-ci ne leur plaisaient plus.
L'un des derniers deys réussit cependant à prolonger son règne et abandonnant son palais pour s'enfermer avec le trésor de l'état dans la citadelle de la Kasbah gardée par des Noirs.
Hussein, son successeur, viendra également s'y mettre à l'abri et n'en sortira que douze ans plus tard, avec l'arrivée du générral de Bourmont.
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PHOTOS BÔNE
Envoyée par divers lecteurs
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STIDIA
Acrostiche
De Monsieur Alain ALGUDO
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Sans toi et elle peut-être n'aurais-je jamais connu ce grand bonheur
Tu étais ce village qui respirait la joie de vivre et aux mille senteurs
Images incomparables qui reviennent sans cesse dans mes pensées
Des souvenirs de moments inoubliables au milieu de tant de beautés
Indéfinissables sentiments d'un vrai Paradis perdu à tout jamais
Assaillent mon esprit en pensant à l’Éden de celle que j'aimais.
Alain ALGUDO
(dédié au village de son inoubliable épouse)
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Victor Young Perez, Marcel Cerdan…
et François Pastor.
Par M. Marc Donato
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Robert Pastor est né à Rabat. Il habite Pierrevert depuis 1980 et il est bien connu dans le milieu du tennis et du jogging.
L'actualité cinématographique a réveillé en lui de nombreux souvenirs de famille.
- Robert Pastor, François Pastor était votre grand-père ; pourquoi ce besoin de parler de lui maintenant ?
La sortie du film « Victor Young Perez « a été l’élément déclenchant d’une envie restée refoulée en moi depuis la mort de ce grand-père en 1963.
- Quel rapport entre FP et V Y P ?
Entre FP et la boxe, plutôt. Mon grand-père était une personnalité de Rabat, reconnu par tous comme un homme bon et loyal.
« Papa Pastor », comme on l’appelait, a été un animateur sportif réputé qui a consacré sa vie au sport.
- Et à la boxe tout particulièrement ?
Oui, tout jeune, il s’est adonné à ce sport remportant de nombreux succès qui l’ont imposé dans le monde pugilistique marocain et au-delà, devenant « prévôt » de boxe chargé de former les entraîneurs.
Il pensait que l’éducation sportive des jeunes était essentielle. C’est comme cela qu’il a créé la salle Pastor où on pratiquait la culture physique, la lutte, l’haltérophilie et la boxe.
- C’est ce qui l’a amené à connaître quelques champions ?
A les former tout d’abord, comme Marcel Cerdan dont mon grand-père aura été celui qui a décelé en lui les qualités d’un futur champion et lui a inculqué les rudiments de la boxe ; c'était dans les années 30. Marcel encore gamin faisait pratiquement partie de notre famille nombreuse ; il a vécu une partie de son adolescence à la maison, partageant même avec mon père son lit où ils dormaient tête-bêche. Mon g p le considérait comme un de ses fils et sa mort accidentelle a été dramatiquement ressentie chez nous.
- Et avec lui un certain V Y P ?
Ce jeune Juif tunisien dont le film de Jacques Ouaniche raconte la vie et la mort tragique en déportation avait été le plus jeune champion du monde dans la catégorie poids mouche et, sous le régime de Vichy, il avait rejoint le Maroc et Rabat.
Il était venu préparer ses combats à venir chez mon grand-père qui a joué auprès de lui le « rôle d’une véritable mère poule » (Courrier du Maroc).
Il venait de connaître une défaite contre Panama Al Brown le 1er novembre 1934, peut-être par un excès de poids qui l’avait contraint à passer chez les poids coq. Il lui fallait perdre quelques kilos et mon gp lui servait de sparring-partner disputant huit rounds par jour avec lui…
Mais, grand-père, dénoncé par la milice du gouvernement de Vichy, fut obligé de fermer sa salle de boxe et VYP dut fuir en France pour se réfugier à Paris auprès de Mireille Balin, sa compagne, actrice réputée à l'époque.
Ni mon grand-père, ni VYP ne se doutaient que ces leçons serviraient au petit Juif déporté à Auschwitz ; les SS le forçaient à rencontrer des boxeurs bien supérieurs en poids. Epuisé, il sera abattu à Gliwice par un SS qui le jugea trop faible pour effectuer la « dernière marche », celle de l’évacuation du camp.
- Je crois aussi que votre grand-père a joué un rôle particulier pendant la dernière guerre ?
Il n’a pas hésité à braver les lois racistes de Vichy pour aider les Juifs de Rabat et Victor Young Perez en faisait partie, jusqu’à ce que, dénoncé, ce dernier dût quitter le Maroc pour revenir en France.
"Au moment où l'accès de quelques clubs ou de certaines piscines étaient refusés à la jeunesse israélite, les portes de sa salle étaient toujours ouvertes. Papa Pastor me disait : "Il n'y a pas de place chez moi pour la haine. Je ne connais que des hommes et j'ignore leur race et leur couleur." (Presse locale Rabat)
- En somme, FP a été un humaniste ?
Oui. Et il a été reconnu comme tel, collectionnant les plus hautes décorations nationales et internationales.
Il mériterait de figurer dans la liste des Justes des Nations.
Propos de Robert Pastor, Pierrevert, recueillis par Marc Donato.
Mai 2026 - Marc DONATO
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LE 7ème REGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE
Par Josette GIACOBBI
ACEP-ENSEMBLE N°271, février 2010
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En décembre 1940, le Général de la Porte du Theil, avait nommé le colonel Van Hecke Commissaire Régional des Chantiers de la Jeunesse pour l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Un peu plus tard, ce dernier fit partie du Groupe des Cinq * qui œuvrèrent en grand secret, pour préparer le débarquement des Américains qui eut lieu en Afrique du Nord le 8 novembre 1942.
Il s'en suivit la dissolution des Camps de la Jeunesse et la reconstitution d'anciens régiments.
Entre temps, le colonel Van Hecke était allé étudier l'utilisation des chars modernes américains sur le front de Tunisie. De retour, il demanda au générral Giraud alors général en chef en Algérie, le commandement d'un régiment de chars qui serait constitué par la classe 43 des Chantiers de la Jeunesse. En remerciement de ses services, le colonel Van Hecke obtint des américains des chars T.D.* qu'il avait pu apprécier en Tunisie. De surcroît, par l'intermédiaire de Murphy, consul des Etats-Unis à Alger, le Président Roosevelt lui fit demander ce qu'il désirait pour lui personnellement. Il répondit : "des ambulances". Son régiment prit le nom de 7eme R.C.A. en souvenir de son prédécesseur qui s'était couvert de gloire en Syrie. Il conserva les traditions des Chantiers de la Jeunesse : bérets verts et cravates vertes* ainsi que leur devise "Par nous la France renaîtra".
Au combat ses hommes furent dignes de leur devise, mais comme le laissent apparaître certains de leurs souvenirs, ils étaient peu aptes aux disciplines militaires et enclins aux espiègleries.
Lorsqu'il dirigeait les Chantiers de la Jeunesse, le colonel Van Hecke, grand meneur d'hommes, avait remarqué les meilleurs chefs et les meilleurs musiciens qu'il avait sous ses ordres. Il fit appel à eux.
C'est ainsi que grâce à ses compétences et en bon visionnaire, il eut des chefs de qualité et 120 musiciens de talent, 12 ambulancières, 4 ambulances et 36 chars T.D.
Après un an d'entraînement dans les montagnes de l'Ouarsenis autour de Berrouaghia, le régiment fit mouvement vers l'Oranie et prit son cantonnement dans la zone marécageuse de la Macta entre Mostaganem et Arzew.
Bâtie sur une colline, une petite chapelle entourée d'oliviers, semblait veiller sur les alentours.
En ce Noël 1943, les soldats qui campaient non loin, assistaient à la messe de minuit, avec d'autant plus de ferveur qu'ils savaient le départ proche pour une destination inconnue.
Au cours de cette messe le timbre d'une trompette raisonna sous les voûtes de cette humble chapelle. Jamais Minuit Chrétien n'avait été aussi émouvant. Encore sous l'effet d'un bon repas un peu trop arrosé, le trompettiste s'était surpassé. Le bon vin l'inspirait ! Certains soirs où il l'avait trop apprécié, il modulait l'extinction des feux d'une façon peu réglementaire, mais sous les étoiles les notes s'étiraient, s'envolaient, tendres, nostalgiques. Pris sous leur charme, les copains rêvaient. Jamais aucun gradé ne fit de remarques pour ces interprétations si fantaisistes...
Plus tard en Italie et en Allemagne, lorsque le Colonel recevait des personnalités*, il faisait appel à ses 5 ou 6 musiciens spécialisés dans la musique de chambre. Quant aux autres, orientés vers le jazz pour le plus grand plaisir de tous, ils animaient quelques trop rares soirées qui avaient lieu en seconde ligne et entre deux combats, pour distraire soldats et ambulancières*.
Ce n'est qu'à la fin de la guerre qu'ils connurent le succès. Joséphine Baker venue en Allemagne pour distraire la troupe, fut coupée de son orchestre retenu en France.
Pour faire sa tournée, elle eut recours au groupe de jazz de la musique du 7eme R.C.A. Musique bien connue de toute la 1ère Armée. Conquise par leur talent, elle leur proposa de rester avec elle, mais impatients de rentrer chez eux après trois ans d'absence, aucun n'accepta une telle opportunité.
Toujours en Allemagne, lorsque des personnalités venaient inspecter les armées, il y avait automatiquement un défilé et il était fait appel à la musique du 7eme R.C.A. Leur colonel consentait à la céder, à condition que ses chars défilent aussi. Pour les équipages c'était une corvée et l'obligation d'avoir une tenue soignée, car à la suite d'un malencontreux incident, ils étaient sévèrement inspectés. Cela se passait en Juillet, au centre de Stuttgart où les cérémonies avaient lieu. Il faisait très chaud. A l'intérieur des chars la chaleur était intolérable particulièrement pour le conducteur et le radio dont seul le visage apparaissait par les écoutilles. Pour les trois autres, un peu plus favorisés, ils avaient fière allure, buste hors de la tourelle, décorations pendantes. Arrivé devant la tribune officielle où les hautes autorités se tenaient, un des chars, sans doute usé par les campagnes, déchenilla. Pour les équipages qui maintes fois, avaient eu l'occasion de se perfectionner sur des terrains boueux, neigeux, caillouteux, c'était une panne facile à réparer sur ce boulevard propre et plat.
La difficulté était tout autre. Pour réparer, il fallait sortir du char. Les cavaliers sautèrent avec chemise, cravate, béret, impeccables, mais... en caleçon ! Il ne manquait que le pantalon qui à cause de la chaleur et en prévision de la sortie du soir, était resté bien repassé, à la caserne. Résultat : 15 jours de consigne générale et inspection devant les chars avant tout défilé.
Pour maintenir une bonne ambiance, il y avait donc les musiciens mais également les ambulancières.
Ah ! les ambulancières... Ils les admiraient, les affectionnaient et elles le leur rendaient, c'était le réconfort d'une présence féminine. Lorsqu'elles venaient du front, transportant les blessés amis ou ennemis, elles profitaient de leur passage
dans les hôpitaux pour fureter, mendier, chiper aux américains chocolats, bonbons, chewing-gum, cigarettes.... Oui, mais au préalable, pour une cueillette plus abondante, elles décousaient leurs fonds de poches et serraient le bas de leurs pantalons dans leurs guêtres de toile. Ainsi lestées, elles avaient une démarche lourde.... lourde de gâteries. Leur souvenir leur a laissé une impres-sion si forte, qu'il faut que je vous raconte les retrouvailles 50 ans plus tard dans une petite ville du sud de la France dont ils ont oublié le nom.
Pendant que mon mari garait la voiture, j'attendais dans le hall de l'hôtel. Le réceptionniste était occupé par trois femmes qui ne pouvaient être que leurs ambulancières. Je fis donc indirectement leur connaissance.
En attendant le dîner, les premiers arrivés prenaient l'apéritif à la terrasse d'un café. Nous étions bien une vingtaine, épouses comprises. Les discussions allaient bon train quand un peu plus loin apparurent les ambulancières. Je leur dis : "Voilà vos ambulancières". Le mot fut magique. Aussitôt, ils se sont redressés, ont rectifié la cravate et du regard les ont cherchées.... En quelques minutes ils avaient retrouvé leurs vingt ans ! Entre temps, elles étaient arrivées à la hauteur de la terrasse. J'ai dû insister pour qu'ils les reconnaissent. Plus de pétillements dans leurs yeux, les regardant passer, ils se sont affaissés sur leur siège. La désillusion était cruelle : leurs petites ambulancières avaient plus de 60 ans ! Le rêve était rompu, mais l'amitié, les souvenirs et la réalité prirent vite le dessus. Je peux vous assurer que je n'ai rien inventé.
Depuis les années ont continué de s'écouler. L'étendard de l'amicale va être remis dans quelques mois au Musée de Clerval* dans le Doubs. Pour nos anciens du 7eme c'est encore une façon de passer le flambeau.
Raconté et vécu par Claude GIACOBBI
*Le Groupe des Cinq : Alphonse Van Hecke, Lemaigre-Dubreuil, Jean Rigault, Henri d'Astier de la Vigerie, Jacques Tarbé de Saint-Hardouin. De Gaulle leur en voulut de n'avoir pas été tenu au courant (il arriva 1 mois plus tard, comme il arriva 1 mois plus tard au débarquement de Normandie).
* Le 7eme R.C.A. fut le premier régiment de l'armée française à porter la cravate verte, héritage et tradition des Chantiers de la Jeunesse. Après 1945, il en restait un lot très important. Certains régiments de la Légion Etrangère en bénéficièrent.
* T.D. : Tank Destroyer.
* Réception du colonel : De Ben Chicao à Stockach (carnet de note du 7eme R.C.A. 1er avril 1943-8 mai 1945) * Récit de Manu : "Manu Carbonnel à ses Potes."
* La Maréchale Juin a été la marraine du 7eme R.C.A. et venait à leurs réunions jusqu'à ce que la maladie qui l'a emportée, l'en empêche.
Le Maréchal juin : son grand-père était gardien du phare du cap Rosa près de Bône : il était né à Constantine où son père était gendarme (lire : "Le Maréchal Juin, duc du Garigliano" du Général René Chambe). Il sortit major de sa promotion de Saint Cyr qui était également celle de De Gaulle. Après les brillantes campagnes d'Italie, De Gaulle le mit sur une voie de garage pour éviter l'ombre qu'il lui faisait auprès des Alliés.
* Clerval : dans le Doubs. Région délivrée après de durs combats en septembre 1944 par l'Armée d'Afrique avec cette fois, la contribution des maquisards. Chaque année le 1er samedi de septembre, ses habitants, avec fidélité et reconnaissance, célèbrent cette libération.
1942-1945 : 16,40 % de la population Pieds Noirs mobilisée - 25.000 tués soit 16,65 % des partants.
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LE VELO PASSION DE CLARA SANCHEZ
CHAMPIONNE DU MONDE
Par Jean Marie Barrois
Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N°187 - Juillet 2010
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A chaque grand rendez-vous de la piste mondiale, nous sommes un certain nombre à veiller (décalages horaires obligent) pour suivre les épreuves dans lesquelles est engagée notre Clara Sanchez.
Clara, née le 20 septembre 1983, licenciée à l'Amical Vélo Club d'Aix-en-Provence, est pour ceux qui ne le savent pas la petite fille du marchand de cycles d'Arzew. Très tôt elle a entendu parler de vélo, très tôt elle a enfourché un vélo, très tôt elle a été conseillée par son papa, Lucien, qui a fréquenté les pelo¬tons provençaux à son arrivée en métropole.
Nous avons vu Clara dans des épreuves sur route mais la piste lui avait fait un clin d'œil. Il faut dire qu'elle fréquentait le vélodrome voisin de son domicile, celui de Port-de-Bouc, un vélodrome fait pour les débutants, puisque les virages ne sont guère relevés. Elle va pourtant décrocher un titre de championne de France cadettes sur route à deux pas de chez elle, à Bollène, l'opportunité de se servir de sa pointe de vitesse lui ayant été offerte. Mais ce titre, il est difficile de le retrouver dans son palmarès tant il est écrasé par les maillots et les médailles conquis sur la piste.
Rapidement Clara a rejoint le pôle France d'Hyères, suivie et conseillée par un des entraîneurs fédéraux Benoit Vêtu.
Les titres vont succéder aux titres et Clara va se spécialiser dans une disci¬pline que l'on appelle le Keirin.
Six concurrentes partent ensemble et essaient de se placer derrière une moto "aspirante", celle-ci s'écartant à quelque 500 mètres de l'arrivée laissant les concurrentes s'expliquer entre elles dans le sprint pour la victoire.
Ces dernières années des règles très précises ont été établies car certains n'hésitaient pas à mettre les coudes ou à donner des coups de tête !
Devenue athlète de haut niveau, Clara privilégie cette spécialité dans un premier temps. Elle est championne du Monde à Melbourne (2004), à Los Angeles (2005). Mais sa grande rivale Félicia Ballanger prenant sa retraite, Clara va briller sur le 500 mètres départ arrêté où elle devient championne de France en 2003, 2004, 2006 et sur la vitesse individuelle où elle collectionne le maillot tricolore de 2004 à 2009. Tout naturellement Clara a fait partie de la délégation française des Jeux Olympiques de Pékin où elle obtint une belle place de cinquième.
Depuis deux ans, Clara est militaire dans l'armée de Terre à Canjuers. L'épreuve du 500 mètres départ arrêté ayant été supprimée du programme des Jeux.
Clara fait tout pour progresser en vitesse individuelle dans l'optique des Jeux de Londres. Travailler, travailler, travailler. telle est sa devise.
D'un abord très agréable. Clara a connu pratiquement tous les vélodromes du monde.
Quand on lui demande ce qu'elle retient de ses voyages, elle répond : "Des aéroports, des hôtels, des vélodromes !".
A Pékin, aux derniers Jeux, elle a quand même pu faire un peu de tourisme et pour y avoir participé, elle garde un souvenir ému du défilé de clôture. Dans quelques mois elle en vivra un aussi beau. Maman Sylvie nous a fait savoir que Clara convolera le 7 août avec Didier Henriette, autre pistard de l'équipe de France, mairie à Fos-sur-Mer, église à Martigues... Et les bambinos nous demanderez-vous... Après les Jeux de Londres... voyons !
Jean Marie Barrois,
Président de l'Oranie Cycliste
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VERITAS N° 130
Le 21 mars 2009
Envoyé par M. Alain Algudo
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DE PART ET D’AUTRE DE LA MEDITERRANEE
RESPONSABLES ET COUPABLES D’UN DOUBLE DRAME HUMAIN
Dans un monde où tous les actes engagent la responsabilité des États, certains élus de la nation qui se rendent coupables d’agissements engendrant des tragédies aux conséquences immédiates, à court terme ou à long terme, devraient en payer le prix fort !
Or, à quoi assistons-nous aujourd’hui en prenant le recul nécessaire à l’analyse de la situation engendrée par l’abandon des départements français d’Algérie ? :
En premier lieu sur le plan du déroulement de cette tragédie, une invraisemblable manipulation : D’abord des populations autochtones et issues d’immigration de peuplement à qui on inculque dès l’enfance que les gaulois étaient leurs ancêtres. Ensuite on les jette sur les champs de bataille au son de la Marseillaise pour qu’« un sang impur abreuve les sillons » … de la métropole.
Plus tard, ils abreuveront de leur sang les sillons du sol Algérien, livrés aux égorgeurs « de leurs fils et de leurs compagnes » par ceux-là même qui leur avait juré qu’ils étaient Français par le sang versé, à tout jamais, et que la mère patrie serait leur protectrice ! Abominable infanticide !
Puis il y a « les pions », ceux que la France, depuis 1830, a poussés sur l’échiquier d’une politique coloniale qu’elle voulait éradicatrice du fléau méditerranéen de la piraterie dont les côtes d’un pays sans nom, jusqu’en 1839, servaient de repaire.
Puis après le débarquement de SIDI FERRUCH s’ensuivit la réalisation d’une belle et grande œuvre, en milieu hostile pour ceux qui, affrontant tous les dangers, allaient faire de ce pays un « paradis lumineux » un Eldorado, à force de bras, de sueur, de maladies, de misères et de deuils.
Mais quel poids pesait ce petit peuple laborieux pour ces hommes politiques parisiens qui se succédèrent pour finir, par l’intermédiaire d’un fourbe criminel, par l’abandonner entre les mains d’une minorité sanguinaire pour les plus malchanceux, ou les condamner à l’exode et à la vindicte populaire française, pour les plus « chanceux ?» Il ne pesait que le poids d’une ambition nationale démesurée personnifiée par un monstre de duplicité sans conscience ni pitié. Elle se révélera dans l’histoire très lourde de malheurs engendrés pour une gloriole personnelle démentielle étayée sur du vent qu’un peuple, en majorité avachi, lui a donnée, se lavant ainsi les mains dans le sang de leurs compatriotes judéo-chrétiens et musulmans.
Jean MOULIN, George BIDAULT, Pierre BROSSOLETTE et tant d’autres authentiques héros combattants de l’ombre, de 1939 à 1945, ont hissé sur son piédestal « l’homme au micro » camouflé à Londres : éliminés !
De 1954 à 1962, Jacques SOUSTELLE le gaulliste pur et dur, exemple symbolique de fidélité, mais qui refuse le soudain revirement, le parjure et dénonce la trahison : éliminé !
SALAN, JOUHAUD, CHALLE, ZELLER 20 étoiles des généraux les plus prestigieux de l’armée Française face à 2 étoiles d’un général de pacotille à titre provisoire dont le premier souci, lors de sa nomination, a été de se faire tailler un uniforme. Éliminés eux aussi !
Ceux qui refusent l’infamie et se rebellent, armes à la main : embastillés ou éliminés physiquement par une véritable Gestapo d’état, ou condamnés par des tribunaux staliniens, et fusillés !
Les exemples de perfidies et de complots que Charles le fourbe fomente foisonnent, la plupart du temps avec des issues ruisselantes de sang exclusivement Français.
Alors, bien sûr, pour exécuter ses sinistres besognes, depuis son apparition, tous les moyens seront bons. Pour finir, en 1945, par l’alliance avec les communistes, allant même jusqu’à une rencontre avec l’horrible STALINE qui le traita avec le mépris qu’il méritait. Il n’en dirigea pas moins avec ses alliés rouges, cette terrible épuration qui fit plus de 100.000 morts !
Puis vint avec l’affaire Algérienne, le retour de l’ombre où il complotait déjà. Puis ce fut le temps des promesses, des mensonges aux peuples locaux puis les caresses dans le sens du poil et du sentiment qui transforma une population métropolitaine ignorante, et il le savait, des réalités sur le terrain, en une force de frappe électorale qu’il se réserva pour accomplir la sinistre besogne du référendum de juin 1962, rejetant notre droit à décider de notre avenir, bafouant ainsi la Constitution.
Il avait bien soupesé ses « veaux », le boucher ! Il détenait le couteau, il allait s’en servir pour le multiplier et en approvisionner les égorgeurs !
Et ce fut donc le temps des assassins, de l’alliance longtemps prévue, puis effective, avec les barbares d’un autre temps encore au pouvoir aujourd’hui, qui écrasent leur peuple et qui osent aujourd’hui faire des comparaisons entre AL QUAIDA et l’OAS !
Il abattait ainsi une carte de son jeu de vie et de mort en lançant dans la bataille les traîtres issus des pires basses fosses, les porteurs de valises avec SARTRE, cet abcès purulent dégénéré de l’intelligentsia progressiste Française, qui incitait ouvertement et publiquement le FLN à assassiner le plus de Français d’Algérie possible, « éliminant ainsi à chaque fois un oppresseur et faisant un homme libre !» écrivait-il !!
DE GAULLE interdit son arrestation en disant que l’on « n’arrêtait pas Voltaire !» Rien de moins !
VOUS AVEZ COMPRIS ? Ceux qui se ressemblent, s’assemblent !
Rarement, il faut le reconnaître, un pays accorde à ses citoyens une telle liberté d’expression. Mais hélas pour nous, même si nous pouvons nous exprimer dans nos publications, nous constatons néanmoins ailleurs qu’il y a obstruction, ostracisme, désinformation, et droits de réponse sont bafoués : Le mépris !
Mais son jeu était celui du tricheur, sans les risques, car il se savait assis à une table où il était évidemment sûr qu’aucun flingue ne sortirait ou trop tard, quand il n’abattrait que les « atouts mortels de la trahison. »
Il en avait même gardé un, un homonyme, pour le 5 juillet 1962 à ORAN, « Hatoum le fou sanguinaire » de sinistre mémoire, qui égorgea à lui seul, selon les témoignages, plusieurs dizaines d’otages.
Tellement cruel qu’il horrifia même le FLN, il fallait le faire, qui l’exécuta !
Aujourd’hui, le responsable et coupable suprême et ses complices qui l’ont suivi en enfer, subissent la justice divine !
Le Maréchal Alphonse JUIN n’a-t-il pas écrit que la France était en état de péché mortel ?
Victime de ce monumental gâchis, hélas, un peuple innocent qui majoritairement en souffre et se lance dans une fuite éperdue, par tous les moyens, et : la « harga bat son plein et des dizaines de famille pleurent maintenant le naufrage de leurs enfants. »
Cette fuite dramatique atteint aujourd’hui de telles proportions qu’un cinéaste algérien en fait un film dont le synopsis est : « partir cela s’appelle « brûler » (h’raq)…brûler ses papiers, brûler les frontières, brûler sa vie s’il le faut mais partir. Quitter ce pays de malheur ! »
Nos progressistes de tous poils d’hier et surtout ceux d’aujourd’hui qui ouvrent encore leurs grandes gueules devraient « monter au créneau » et mettre leurs convictions en application en se mettant à leur service car Ils sont aussi RESPONSABLES ET COUPABLES.
Ainsi apparaissent dans les villes et notamment à ORAN, notre ex perle de la Méditerranée, des événements qui nous laissent penser que « la malédiction du 5 juillet » s’abat sur cette ville.
Ali Oualdi OUAHIB, journaliste Algérien écrit :
« l’aube de l’année 2009 s’annonce aussi fastidieuse que calamiteuse, la montée en flèche du nombre de malade du Sida, la maladie qui n’épargne aucune tranche d’âge a atteint son summum. » Ou encore : « La santé est malade à ORAN. Des dizaines de cas de tuberculose, de maladies respiratoires chroniques. Jadis jardin de paix la ville d’ORAN est l’épicentre des fléaux sociaux qui se conjuguent au quotidien. Elle croule sous les effets du plus vieux métier du monde, et l’abandon de nouveaux nés, retrouvés dans des poubelles, soit devant des immeubles. La mendicité a atteint des proportions alarmantes. Près d’un millier de femmes, hommes enfants et handicapés sillonnent la ville en quête d’argent, drogue…criminalité…corruption… » Trop long pour citer tous les malheurs qui s’abattent sur la ville. Mais encore : « La ville d’ORAN s’écroule comme un château de cartes. Une moyenne de deux effondrements est enregistrée chaque jour. Tous les quartiers sont menacés de ruine. La ville meurt à petit feu. » « Derrière le Front de mer se cache un front de misère. »
Il nous dit aussi que « respirer l’air peut provoquer des maladies respiratoires, consommer un produit acheté sur un marché c’est accroître le risque d’une intoxication, boire son eau c’est l’assurance d’un séjour prolongé à l’hôpital !!! » Rendez-vous compte si c’était nous qui écrivions cela, et aussi que « la propreté est une notion inconnue. » Que n’entendrions-nous pas, « affreux colonisateurs » que nous sommes toujours ? »
Alors en m’adressant à nos compatriotes qui s’autoproclament « Pieds-noirs progressistes » dénigrant l’œuvre de la France en Algérie et nos actions pour notre mémoire en France, je leur demande de me dire quelle a été leur participation au développement du pays et à l’émancipation des populations à notre époque, alors que notre absence aujourd’hui fait sombrer ce peuple, en grande partie, dans la misère, la saleté, la maladie et le désarrois le plus total. Et surtout quelle est leur action pour ce peuple dans le malheur actuellement ?
Ces donneurs de leçons se désintéressent totalement de cette situation catastrophique, sinon leurs « valeurs » commanderaient d’être sur place. Mais leur courage a des limites que n’ont pas leurs langues fourchues.
N’en déplaise aux responsables de ce lamentable gâchis, les bienfaits de l’œuvre Française en Algérie y transpirent à travers des réactions qui sont symptomatiques et des déclarations qui appartiennent à une élite de ce peuple qui ne s’y trompe pas.
L’affaire très récente du drapeau Français accroché par des adolescents au mat du lycée Oba à Alger en remplacement du drapeau National, n’est pas, comme veut le faire croire le journaliste du quotidien algérien « L’EXPRESSION » du 3 janvier 2009, le fait de jeunes qui « succombent aux charmes de son occupant » (sic) ne connaissant pas leur histoire et la « condition des colonisés. » Comment croire, ou faire croire dans un Éditorial, à l’irresponsabilité d’un tel acte alors qu’il s’agit de réactions de certains qui se posent des questions en voyant autour d’eux l’importance du patrimoine laissé par ceux qui sont vilipendés depuis des décennies maintenant et la fuite éperdue d’un peuple désespéré.
Mais certainement ce journaliste prend ces jeunes pour des ignares incapables de réfléchir. Ils les croient aussi incapables d’écouter leurs parents qui ont vécu une époque qui ne ressemble plus en rien à celle qu’ils endurent aujourd’hui. Ils leur dénient apparemment cette faculté de faire des comparaisons en s’apercevant que ce peuple d’ex « colonisateurs », dont leurs « dirigeants à vie » s’acharnent à démolir l’œuvre, aujourd’hui exilé dans des conditions extrêmes, a eu cette faculté, sinon de s’intégrer en France, mais surtout de réagir et de montrer l’exemple de réussites exemplaires, malgré dénigrement et hostilité agressive qui, hélas, perdurent à travers une certaine opinion et une presse sciemment perverse.
Ils savent aussi écouter et lire les déclarations de ces « colonisateurs » qui, sans cette haine dont ils sont toujours les victimes, sont autant de cris d’amour pour leur pays natal perdu où un accueil fraternel et émouvant leur est toujours réservé lors des séjours nostalgiques. Aucun journaliste de ces torchons de métropole qui continuent à nous accabler, n’accompagne ces compatriotes dans leurs villes ou villages natals. La honte les envahirait, les faits démentant les monceaux d’immondices qu’ils ont toujours déversés sur les relations que nous avions depuis des générations avec ce peuple avec qui nous partagions, en majorité, joies et peines dans une affection partagée.
Alors, ces jeunes sont loin d’être les imbéciles pour lesquels on veut les faire passer, et tous n’acceptent pas l’idéologie de service et le bourrage de crâne systématique arguant que leur histoire est faite par leurs colonisateurs alors que nous constatons, depuis 1962, que celle-ci est faite par des pseudos historiens Algériens et tiers-mondistes en complicité avec les porteurs de valises français.
Alors ces adolescents plus courageux que d’autres ont osé arborer le drapeau Français, acte grave dans ce régime où tout ce qui représente l’apologie des « colonisateurs » est sévèrement réprimé.
En France des stades entiers insultent l’hymne national en toute impunité, là-bas ont hisse le drapeau tricolore, malgré la foudre qui s’abat ensuite : Ces jeunes ont été, en dehors de la sanction pénale qui ne tardera pas, « interdits de BAC à vie. »
Devant ce constat catastrophique d’une politique criminelle mise en place à l’époque, aux pires conséquences pour deux peuples frères séparés et toujours maltraités, comment ne pas s’interroger sur l’avenir ?
En métropole la responsabilité de nos dirigeants est engagée sur une pente verglacée. Le laxisme actuel et les exagérations qui en découlent, et ce n’est qu’un euphémisme, ne peuvent que laisser augurer un avenir bien sombre aux seules lueurs, épiphénomène pour nos édiles, des centaines de voitures en feu.
C’est l’exemple même de la politique de l’autruche !
C’est le fait d’une une minorité certes, mais agissante et qui évolue « comme un poisson dans l’eau !» Et nous sommes bien placés pour savoir à quels « débordements » elle peut en arriver !
Mais la France n’en a-t-elle pas eu déjà un avant-goût ?
L’exaspération gagne du terrain et même si la désinformation sur la réalité de la situation est aussi irresponsablement présente, il ne faut pas s’y tromper.
L’histoire de France prouve, s’il le fallait, les réactions violentes du peuple quand La coupe est pleine !
Alors ceux qui ont vécu en 1962 le déchaînement d’un « nettoyage ethnique » et ses horreurs, s’aperçoivent qu’aujourd’hui , sous le manteau, une sourde colère s’installe provoquée par les exagérations, l’arrogance et les provocations de certains individus fanatisés et ceux impliqués dans des trafics en tous genres qu’il ne faut pas déranger, tous en majorité issus d’une population issue de la folle politique d’immigration, encouragée par les démonstrations journalières d’une permissivité sélective, avec en prime maintenant, cette suicidaire « discrimination positive », basée sur l’appartenance et non sur la valeur.
C’est une politique insensée, qui depuis 1957 et la résurrection du gaullisme, foule au pied l’essence même de ce qui a fait la grandeur de la France et qui générera tôt ou tard, irrémédiablement, une explosion.
Qui aura enfin le courage d’appeler « un chat, un chat ! »
Sinon, nos dirigeants actuels seront eux aussi alors :
RESPONSABLES ET COUPABLES !
Nous, Français d’Algérie, que ressentons nous et que pensons- nous en majorité devant une telle situation ? Nous aurions envie de crier haut et fort : ATTENTION, CASSE-COU !!!
« Mais tant que le mensonge d’Evian n’aura pas été avoué pour ce qu’il est, c'est-à-dire, précisément, un mensonge et une forfaiture, tant que le massacre du 26 mars n’aura pas été reconnu pour ce qu’il est, et expié, il n’y aura pas de Nation Française, ni de politique française, mais quelques chose de fondamentalement faussé, rongé, vermoulu…Cette réalité, c’est que la trahison d’Evian et le sang de la rue d’Isly, résumés et symboles d’un ensemble proprement inouï de forfaitures et d’atrocités, ont creusé au cœur de la Nation une plaie qui n’est pas guérie et le sera jamais tant que réparation n’aura pas été faite. » (Jacques SOUSTELLE)
Nous rajouterons : tant que le responsable suprême de l’affreux carnage du 5 juillet 1962 à ORAN n’aura pas été dénoncé, tant que nos idéologues gaullistes de la pensée unique, notion qu’ils osent dénoncer chez les autres, n’auront pas reconnu avoir toléré, en complicité, l’assassinat massif de compatriotes dépouillés de leurs droits et qu’ils avaient mission de protéger, tant que l’acharnement médiatique contre nous fera toujours une large place aux traîtres et à l’ennemi d’hier, il n’y aura pas de cesse dans notre action. Pour nous,
« L’espoir est de gagner, mais l’honneur est de combattre »
Alain ALGUDO
Président C.D.F.A./U.C.D.A.R.A
Vice-Président de VERITAS
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TROUS NOIRS
De Jacques Grieu
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Ça y est, on le tient, on en a chopé un
Un vrai, photographié, disent nos physiciens.
Ils parlent du trou noir comme on traque un lapin
Et brandissent leur chasse avec beaucoup d’entrain.
Il est vrai qu’on doutait que ce trou-là existe,
Alors qu’on n’avait pu croiser toutes ses pistes
Il faut craindre les trous, tous les trous nous font peur :
Il n’y a pas de trou qui soit porte-bonheur.
Même le trou normand qui réjouit nos banquets,
Incite aux beuveries pour nous intoxiquer.
Car, boire comme un trou reste une affreuse tare,
Le trou fût-il breton, alsacien ou picard.
Faut-il, disaient certains, avoir peur des trous noirs ?
D’abord, existent-ils et doit-on bien y croire ?
Personne n’en a vu, de ces curieux mouroirs
Pourquoi seraient-ils noirs, si on ne peut les voir ?
Si un jour on découvre un trou noir blanc ou rose,
La science est dans le trou et son aura explose.
On sait que les trous d’air sont pour les aviateurs,
Ce que les trous dans l’eau sont aux navigateurs.
Pour un spéléologue, un trou est une aubaine,
Mais s’il est par trop noir, il en sort à grand-peine.
Pourtant, pour les gangsters, les truands, les marlous
Grandes chances ils ont tous, d’aller finir … au trou.
Des trous dans son budget, la France en est truffée ;
C’est le plus noir des trous : il va nous étouffer.
Nos ministres auraient-ils des goûts cavernicoles,
Pour ainsi dans le trou rechercher le pactole ?
Pour boucher ce grand trou, faut-il en creuser d’autres,
Ou pour ce trou si noir, agrandir tous les nôtres ?
On va en trouver d’autres, assurent les savants
Car chaque galaxie en a un dans ses flancs.
Le nôtre est bien lacté mais est tout aussi noir
Et l’on saura bientôt comment l’apercevoir.
Il croque nos étoiles, engloutit leurs planètes,
Et sa moralité n’est sans doute pas nette…
La chasse est donc ouverte à tous les trous trop noirs
Qui bientôt n’auront plus aucune échappatoire.
Leur mise en examen est une question d’ans,
Avec leur historique ainsi que leur bilan.
Je voudrais vous citer un des trous les plus noirs,
Mais … suis victime alors d’un gros trou … de mémoire !
Jacques Grieu
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MON PANTHÉON DE L'ALGÉRIE FRANÇAISE DE M. Roger BRASIER
Créateur du Musée de l'Algérie Française
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A SUIVRE
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MARCEL HUMBERT ET BERROUAGHIA
PNHA - N'187 - Juillet 2010
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LE CHANT DE L’ALOUETTE
Marcel Humbert c'est mon père. Il reste inscrit dans ma mémoire d'enfant debout devant une grande table à dessin couverte de chiffres, de calculs « faits à la main ». Il était en effet le bâtisseur infatigable de quantité d'immeubles d'habitation parsemant tout Alger... On peut dire que c'est lui qui a lancé le béton armé à Alger.
Né à Berrouaghia avec le siècle (le vingtième) dans une famille de bâtisseurs, il continuait avec fougue la lignée. Tenez, c'est lui qui a construit les immeubles qui bordent le Forum, devant le Gouvernement Général, des immeubles qui ont donc vu les évènement de Mai 58, qui ont renvoyé l'écho de nos colères, puis de nos joies, et enfin du « Je vous ai compris » qui scellait notre arrêt de mort...
Et c'est lui aussi qui avait cons¬truit en 1930 le plus haut immeuble de France, à l'époque et pour plus de vingt ans encore, le 12 rue de Mulhouse, quinze planchers de béton armé que Le Corbusier aimait à venir visiter, et où j'ai passé les dix-huit premières années de ma vie.
Ses parents s'étaient rencontrés sur la piste du grand Sud où l'entreprise de mon grand-père, avec celle de son frère et d'autres encore, traçait et construisait la route qui mène d'Alger vers le Sud et traverse toute l'Afrique... en commençant par Berrouaghia, justement, avant d'avancer lentement vers Djelfa, Laghouat. Il s'agissait de tracer, puis d'empierrer, de stabiliser, de couper, de con¬struire...toujours plus loin...
Les entrepreneurs et les ouvriers vivaient sur le chantier. Ils s'y mariaient, ils y mouraient, ils y enfantaient. La tante de mon père y avait mis au monde un petit garçon, entre Boghari et Guet es Stel, et ce petit garçon souffrait de la variole, La maman de mon père, alors jeune fille, était partie de son Médéa natal et confortable pour aider à le soigner, Horizon sans fin, alfa, soleil brûlant, ou froid qui glace... lourd parfum du thym sauvage, chevauchées, hommes qui luttent dans la liberté... Elle en était revenue fiancée, puis mariée.
Berrouaghia a bénéficié de ce chantier permanent, de cette avancée vers le Sud. Les échanges entre le Nord et le Sud se faisaient dans ses portes...Marcel Humbert raconte tout cela dans un petit ouvrage écrit pour que nous en gardions la mémoire, et qui vient de recevoir le Prix Littéraire du Cercle Algérianiste (Edition « Mémoire de Notre Temps »). Oui, cet entrepreneur n'a pas craint d'entrepren¬dre un ouvrage nouveau, littéraire maintenant, pour que la mémoire de cette épopée française demeure. Il l'intitule :« Le Chant de l'Alouette ». Pourquoi un tel titre ? Ecoutons-le :
... « une alouette. cachée dans la vigne, tout près de moi, s'est élevée d'un seul trait, et, immobile dans le ciel, ses ailes palpitant dans son extase, chantait pour tout le pays le plus beau cantique d'amour et d'espérance qui se puisse concevoir...Je retrouvai alors toute la séduction et la grandeur d'une terre morte qui reprend vie grâce à un effort humain, et le cœur rasséréné je descendais vers la ferme... »
Voici traduite toute la force des pionniers ; l'espérance profonde des pionniers, ceux qui croient en l'avenir et pensent que la grandeur trouve sa force dans l'effort, un effort humain, l'effort des créateurs.
C'est bien là l'esprit pionnier qui animait nos générations. Et nous avait fait entreprendre la renaissance de ces terres abandonnées, incultes, très dures. Une mission si belle à remplir pour un ensemble de peuples chrétiens, menés par des Français, Ils ont, je pense, poussé très loin, non pas jusqu'au bout, ils en ont été empêchés, mais très loin. Ils ont lancé cette terre d'Algérie dans le monde contemporain.
« Mon pays natal, écrit l'auteur, porte un nom arabe, Berrouaghia, que les européens ne prononcent pas facilement, mais qui, une fois traduit en français, « le pays des asphodèles », évoquerait volontiers un paysage aux couleurs chatoyantes. Encore faudrait-il que cette plante portât des fleurs. Les peuples de l'antiquité aimaient, paraît-il, beaucoup cette plante qui avait la réputation de plaire aux morts. Aussi en semaient-ils sur les tombes. Cette préférence n'est pas réjouissante ; et par ailleurs les différentes espèces sont plus ou moins belles. Mais, à Berrouaghia, on lui préférait nettement toutes les autres fleurs des champs. Au printemps les asphodèles brandissent, au bout d'une longue tige rigide, un petit bouquet blanc et rose, insignifiant au milieu des modestes coquelicots. En somme, dans le pays même qui se pare de leur nom, les asphodèles ne devaient leur notoriété qu'à leur nom. C'était par dérision qu'on appelait cette région « pays des asphodèles ». On ne pouvait rien en tirer. Et jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle elle n'était qu'un lieu de passage.
Le gouvernement français décida d'étendre la colonisation au-delà de l'Atlas Tellien, malgré le climat plus rude que sur le versant nord de cette chaine de montagne. La route qui atteignait Médéa serait poussée vers le Sud et le chemin de fer sui¬vrait sans tarder.
Quelques villages de colonisation jalonneraient ces voies de communication. Le pays des asphodèles était le premier intéressé par ces mesures et, sur le plateau, on implanta un village qui aurait comme rue principale la route elle-même et porterait le nom fleuri de la région.
Le plan du village consista en un quadrillage de rues larges et droites, bordées de trottoirs spacieux et dallés autour d'une vaste place publique qui contenait en son centre l'église préa¬lablement construite. Devant l'église un petit jardin public avec des arbres d'essence métropolitaine, puis une piste de danse.
Derrière, des espaces en terre battue pour jeux et distractions diverses. Des plantations d'arbres dans les rues donnèrent, malgré l'apparence austère du pays, une physionomie assez agréable au village. Bien entendu une adduction d'eau convenable et un réseau d'égouts complétèrent l'installation. Les cultures ne paraissaient pas avoir un très grand avenir dans cette région aride. Par contre la situation géographique, à la porte du Sud immense. promettait une activité commerciale considérable. La construction de la route vers le Sud peupla bientôt Berrouaghia de ceux qui v travaillaient. Le chemin de fer qui y arriva aux environs de mille huit cent quatre-vingt-dix en fit une tête de ligne importante et donna au village son aspect définitif de gros bourg de fonctionnaires et de commerçants. Ses magasins regorgeaient de grains et de produits sahariens. Des meules monumentales d'alfa s'élevaient et disparaissaient comme par enchantement sur les quais de sa gare. Ses rues n'étaient plus assez larges pour contenir les caravanes. Les chariots qui s'y croisaient, les grognements gutturaux des chameaux, les claquements de fouet des charretiers accompagnaient gaiement l'activité fébrile de toute une population.
« Ce pays des asphodèles était un plateau adossé au Nord à une montagne qui lui faisait un paravent de trois cents mètres de hauteur empêchant ainsi l'air humide et vivifiant de la mer d'arriver jusqu'à lui. Les bords de ce plateau se relevaient dans toutes les autres expositions suffisamment pour en faire une cuvette. Les terres les plus riches étaient, comme le village lui-même, au fond de cette cuvette, et les cultures que l'on tentait d'y faire se trouvaient très exposées aux gelées tardives du printemps. Il fallait donc supprimer la vigne dans les bas-fonds et aller la planter sur les crêtes où les gelées tardives sont moins efficaces. Ces vignes de crètes, à plus de mille mètres d'altitude formaient la lisière sud des terres cultivées de la région, et par conséquent de tout le département. Quand on y arrivait, il n'y avait plus de voisin, plus de clôture, pas de montagne ou de fleuve non plus, mais on avait bien l'impression que rien désormais ne pouvait s'opposer à une incursion de notre part vers le centre de l'Afrique. Je ne me privais donc pas de ce plaisir, tout au moins en rêve, et mon regard plongeait sans hésitation vers ces pays qui, à l'époque, étaient encore pleins de mystère.
« Quand je m'installais sur le versant sud j'essayais de distinguer, au petit jour, l'arrivée lointaine d'un convoi de rouliers dont la lenteur s'accordait si bien avec la sérénité du paysage, en plein soleil. Je suivais le jeu d'un petit nuage blanc, dit de chaleur, qui promenait la tache violette de son ombre sur l'ocre des collines dénudées. Cette contemplation m'élevait au-dessus des contingences humaines et je ne m'en arrachais que difficilement... »
C'étaient ces rouliers qui partaient d'Alger avec leurs lourds chargements de matériaux et qui s'enfonçaient vers le sud. Louis Bertrand, de l'Académie Française, alors professeur au lycée d'Alger décrit tout cela dans son ouvrage « Le sang des races ». Par cette longue procession de charriots lourdement chargés la France et donc la civilisation occidentale s'enfonçait vers le centre de l'Afrique et mon père le ressentait. Par cette route il était venu au monde et la France lui confiait sa mission de bâtisseur....
« Pays de contraste et d'opposition, le village l'était aussi bien dans son comportement social que dans ses aspects naturels. Depuis trente ou quarante ans que le village existait les différentes communautés s'étaient groupées dans son sein par affinité raciale et vivaient bien séparément, sans s'ignorer. Le seul fait d'exister en même temps sous le même ciel suffisait pour créer une unité qu'il était inutile de consolider d'une autre façon. La compréhension mutuelle ne posait avec pas de problème puisque chacun était persuadé qu'elle viendrait en son temps et sans effort. Dans ces quadrilatères de constructions dessinés par les rues on trouvait, là un véritable ghetto avec cour com¬mune pour les Juifs, là une petite médina de courettes bien fermées pour les Arabes, enfin quelques groupes d'appartements ouverts sur rue et occupés par des Français. Les Français étaient les maîtres incontestés du village, et malgré la nostalgie qui n'avait pas encore disparu, ils accueillaient sans récriminer les Arabes et les Juifs. Une rivalité possible allait cependant se manifester vers 1910 avec l'apparition, à côté du clocher, du minaret de la mosquée. Jusqu'à cette date en effet il n'y avait pas eu de mosquée à Berrouaghia, elle n'avait pas été prévue à l'origine.
Le village n'était pas destiné aux Arabes et les musulmans ne s'en offusquaient pas. Le gouvernement français, laïque dans certaines directions seulement, voulant prouver sa libéralité, alloua des crédits pour son édification. Le choix de l'emplacement fut laborieux, la place d'honneur étant bien occupée par l'église. Et bientôt, en dehors de la place, mais à proximité immédiate de l'église on construisit une mosquée resplendissante de blancheur.
L'Église, à coté de sa voisine, se faisait modeste, et désormais le village pouvait vivre en même temps à l'heure de l'angélus et à celle de l'appel du muezzin. Cette dualité n'avait heureusement rien de contradictoire et la paix religieuse n'en fut nullement troublée. Les dignitaires de la mosquée et monsieur le curé faisaient ce qu'ils pouvaient pour qu'il en soit ainsi.
Heureuse époque où les hommes de haine n'avaient pas encore triomphé....Et maintenant, regardez sur Google : La place est toujours là, et la mosquée, mais plus d'église... Les politiques, tant français qu'arabes, ont accompli leur œuvre de mort...
« De la mer au désert, tout mon univers tenait en ces quelques mots. Les rouliers du sud parcouraient cet univers au pas lent de leurs attelages en moins d'une semaine, mais je m'imaginais mal l'existence d'une vie autre que celle contenue dans leur itinéraire. Pendant toute mon enfance je les avais vus traverser mon village, centre de toute animation qui pouvait me concerner. Du haut des crêtes, comme d'un balcon à l'abri des remous de la rue, j'avais contemplé les lourdes silhouettes de leurs chariots s'estomper dans les broussailles des dernières collines boisées »
Eh bien ! Marcel Humbert partira tout de même faire ses études à Alger, puis à Paris. Ingénieur, il fondera très jeune une entreprise qui sera donnée en exemple lors du centenaire de l'Algérie. Patriote et chrétien convaincu il s'opposera au marxisme en exposant la doctrine sociale de l'Eglise dans les cafés communistes de Bab-el-Oued, tout en gardant une profonde estime pour son contremaître parti se faire tuer en Espagne. Pendant la guerre, à la tête de la troisième compagnie du troisième Zouave il s'opposera à la ruée de la Wehrmacht et sera grièvement blessé au combat. Il donnera un de ses fils à l'Algérie Française et finira exilé et ruiné, loin de sa terre d'enfance, comme chacun d'entre nous...
Humbert
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| ÂGE D’OR
De Jacques Grieu
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L’âge qu’on dit « certain » est plein d’incertitudes,
C’est une vue d’esprit, une fausse attitude.
Mais celui qu’on vous « prête » est-il celui qu’on « donne » ?
Car en cette matière, on ne croit plus personne.
L’âge qu’on veut avoir gâte celui qu’on a,
Où chaque tricherie tombe toujours à plat.
L’âge est le grand sujet des âgés les plus sages ;
On voit bien qu’à leur âge, ils pensent au passage.
Âge d’or, âge d’or, on nous la baille belle !
Comme la « fleur de l’âge », un vieux mythe éternel,
On se trouve novice à chaque âge de vie.
Invention du vieil âge, la jeunesse on envie,
Tel un rêve un peu flou qu’on ne sait plus situer.
L’âge de ses artères est pour les résignés,
Celui de nos neurones est bien plus important :
Plus que de nos vieux os ou de nos pauvres dents.
Est-ce pour mieux vieillir qu’on nous classe les âges ?
Qu’ainsi du temps qui passe, on tourne mieux les pages ?
À l’âge des cavernes, on eut celui de pierre,
Après l’âge de bronze, on eut celui de fer
Et celui du charbon, du bois et de la brique,
Puis celui du pétrole et l’âge du plastique,
Celui du caoutchouc pour consciences élastiques,
Enfin l’âge atomique et l’âge électronique.
On dit l’âge « avancé » quand il est reculé.
Quand on dit qu’il est « mûr », va-t-il tout seul tomber ?
Est-ce le troisième âge ou bien le quatrième ?
Alors, « l’entre deux âges » sortirait du barème ?
Comme le Moyen-âge, il peut laisser perplexe.
« Sexagénaire », hélas, n’est pas l’âge du sexe.
L’âge adulte non plus, celui de l’adultère.
Et si le « retour d’âge » allait en marche arrière ?
Les années les plus courtes ont les jours qui redoublent ;
De moitié sont nos forces où les ans comptent double.
Pleurer sur son époque est pleurer sur son âge,
Mais le fait de vieillir n’est ni tare ni rage.
Ceux qui vieillissent bien voient tourner le manège ;
Enterrer l’ennemi est leur grand privilège.
« Partout des centenaires », est-ce un nouveau prodige ?
A la limite d’âge, il faudra qu’on s’oblige ;
Ce qu’on n’agrandit pas, c’est notre pauvre terre ;
Chacun le dit en prose... et je l’écris en vers !
Jacques Grieu
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SAHARA ALGÉRIEN.
Gallica : Revue de l’Orient 1845-2, pages 165-169
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LA MER SOUTERRAINE.
HAUTEUR DE L'ATLAS.
TEMPÉRATUREDES PLATEAUX ET DU DÉSERT.
Les explorations et les travaux récents de M. Henri Fournel, ingénieur en chef des mines, envoyé en mission en Algérie, démontrent l'existence de cette mer souterraine s'étendant sous tous les points du Sahara, et dont les tribus arabes des oasis parlent avec tant d'admiration.
En effet, il suffit de jeter les yeux sur la carte de l'Algérie pour y reconnaître les traits particuliers qui offrent à l'art de l'ingénieur hydraulique la plus utile occasion de s'exercer. Par une exception singulière, cette vaste plage, qui s'étend depuis les contreforts septentrionaux de l'Atlas jusqu'à la mer Méditerranée, ne présente que des cours d'eau d'une médiocre puissance. Il faut donc admettre que les eaux de l'Atlas prennent leur écoulement par des voies souterraines.
De cette observation résulte la certitude presque complète de pouvoir faire surgir des sources à tel point que l'on voudra de ces plaines, où l'eau est si précieuse. On arrive au même résultat si l'on considère le versant méridional de l'Atlas et, de ce côté, les espérances qu'il est permis de fonder sur l'emploi de la sonde sont encore plus séduisantes, puisqu'il ne s'agit de rien moins que de transformer le désert en une immense oasis.
Depuis longtemps, toujours prêt à étendre les applications de l'art qu'il pratique avec succès, M. Degouzée avait envoyé en Afrique un jeune ingénieur plein de zèle, d'expérience et d'habileté ; l'exploration faite par ce jeune homme à la suite de nos colonnes fournit des renseignements très précieux. Avec cette vive intelligence qui le distingue, M. le général Lamoricière comprit tout le parti qu'on pourrait tirer de l'emploi de la sonde pour le progrès de la conquête et de la civilisation. C'était en effet un moyen puissant de s'assurer de la fidélité d'une tribu que de lui donner une fontaine qu'on pouvait, à la moindre faute, lui enlever en quelques coups de pioche. Aussi le général écrivait-il à Paris : « Envoyez-moi des outils de forage ; je ferai plus ici avec la sonde qu'avec l'épée. »
Cette demande ne fut pas d'abord accueillie comme elle le méritait. La guerre attirait toute l'attention. Il parait pourtant qu'on ne tarda pas à y faire droit.
Lorsque, au milieu de l'année 1844, M. Fournel fut envoyé en Afrique, cet habile ingénieur ayant commencé ses explorations dans l'ouest de l'Algérie, se hâta de demander à M. Degouzée un équipage complet ; un journal annonça cet événement si important pour l'Algérie en termes qui le décidèrent écrire la lettre où nous croyons devoir donner l'extrait suivant :
« Vous annoncez que des équipages de sonde viennent de m'être envoyés, et qu'un sondage va, sur la proposition que j'en ai faite, être immédiatement commencé au camp du Figuier (province d'Oran).
« La plus grande partie de ces faits est exacte ; seulement, l'équipage, de gros calibre qui vient de m'être expédié est destiné à pousser plus loin un sondage commencé au mois de mai dernier, sondage qui, vers la fin de juillet, avait atteint la profondeur de 62 mettes.
« Sur quelque point que l'on perce la vaste plaine qui s'étend au sud d'Oran, on trouve, à 3 ou 4 mètres au-dessous du sol, une espèce de nappe d'eau saumâtre qui, dans les parties surbaissées, forme les lacs plus ou moins étendus que les cartes indiquent entre la mer et celui des chainons de l'Attas qui domine et limite au sud la plaine du Tlélat. Le plus considérable de ces lacs est connu sous le nom de Sebgha ; il n'a pas moins de 10 lieues de long sur 2 à 3 lieues de large. Mon sondage est installé entre le camp du Figuier et un blockhaus qui domine la pointe orientale de ce lac.
Le problème à résoudre consiste à traverser les eaux saumures pour aller chercher à une profondeur indéterminée une nappe d'eau douce qui viendrait, au moyen de dispositions convenables, jaillir à travers la nappe d'eau salée. Si je me sers de cette expression, profondeur indéterminée, c'est que, dans l'ensemble des couches que j'ai dû étudier sur un grand rayon, il y a eu une certaine couche d'argile que je dois percer et dont je n'ai pu connaître la puissance, parce que là où il m'a été possible de l'observer, entre Oran et la montagne des Lions, elle disparaît dans la mer.
« J'espère d'heureux fruits de ce travail, et en général je crois que la sonde est destinée à jouer un rôle très important en Afrique. Ainsi, dans l'étude que j'ai eu occasion de faire, en février et mars derniers, entre la Méditerranée et le désert, j'ai reconnu, à partir de Constantine, deux grands bassins artésiens, et il me paraît presque certain que le désert lui-même forme un troisième et vaste bassin dans lequel on pourrait multiplier à volonté les oasis. J'aurai certitude à cet égard quand il me sera possible de pousser jusqu'à Touggourt.
« Les conséquences d'un pareil fait sont d'une haute importance, il devient clair, par exemple, qu'une grande route à travers le désert se réduit à une série de coups de sonde convenablement espacés dans la direction qu'on veut suivre. Ainsi le jour, et ce jour n'est peut-être pas éloigné, où il conviendra à la France de rattacher le commerce de Touggourt à celui de notre colonie, et de lier par ce grand caravansérail une rotation avec l'intérieur de l'Afrique, il sera facile, si mes prévisions sont exactes, de rendre la route de Biskra à Touggourt aussi facile, et même beaucoup plus facile que celle de Constantine à Biskra.
Six ou sept trous de sonde feraient sortir de terre une ligne d'oasis qui formerait ta grande route, et si l'on élevait un phare au centre de chacune de ces oasis, on comprend comment on pourrait ne voyager que la nuit, et traverser aisément, dans la saison la plus brûlante, cette mer de sable qui semblait infranchissable pour les Européens. Il ne resterait que le danger du Simoun, comme sur l'Océan il nous reste le danger des tempêtes ; mais les chances de surprise seraient, bien faibles, puisqu'il faudrait que le Simoun se déclarât subitement entre deux étapes peu distantes. »
Nous possédons maintenant des détails sur l'exploration que M. H. Fournel a faite dans l'est de l'Algérie, et dont il a consigne les résultats dans un Mémoire adressé tout récemment à l'Académie des sciences. A ce mémoire est annexée une coupe faite du nord au midi sur les deux versants de l'Atlas.
M. Fournel a franchi la ligne de partage des eaux de l’Atlas à une hauteur de 1090 mètres au-dessus du niveau de la mer. A partir de cette station, il est descendu vers le désert par une pente assez rapide. Arrivé à Biskra, un horizon indéfini comme celui de la mer se déroulait devant lui et il s'occupa de mesurer la hauteur du désert au moyen d'une série d'observations barométriques, qu'il a comparées depuis à celles qui s'exécutaient simultanément à Constantine. Le résultat curieux de cette mesure, c'est que cette partie du désert est élevée de 75 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer.
De là découlent des conséquences importantes. La première est, comme il l'avait annoncé, la possibilité de percer des puits artésiens dans le désert. L'inclinaison des couches de terrain vers le sud, la compacité du calcaire qui forme les bancs supérieurs, la porosité des marnes intercalées dans ces bancs, tout porte à croire qu'une série de coups de sonde donnés dans le désert ferait jaillir des eaux à tel point qu'on choisirait.
Ainsi s'explique ce que Shaw rapportait il y a un siècle, et ce que M. Ausone de Chancel cité dans le mémoire sur Touggourt et son oasis (Revue de l’orient, p. 155). « Les environs du Wad-Reag, dit Shaw, sont fournis d'eau d'une manière singulière : ils n'ont proprement ni fontaines ni sources, mais les habitants creusent des puits à 100, quelquefois 200 brasses de profondeur, et ne manquent jamais d'y trouver l'eau en grande abondance.
Ils lèvent, pour cet effet, premièrement diverses couches de sable et de gravier, jusqu'à ce qu'ils trouvent une espèce de pierre qui ressemble à l'ardoise, que l'on sait être précisément au-dessus de ce qu'ils appellent Babar That el erd, ou la Mer au-dessous la terre. Cette pierre se fend aisément, après quoi l'eau sort si soudainement et en si grande abondance, que ceux que l'on fait descendre pour cette opération en sont quelquefois surpris et suffoqués, quoiqu'on les retire aussi promptement qu'il est possible. »
Une série de coups de sonde convenablement espacés entre Biskra et Touggourt formerait ce qu'on peut appeler la grande route entre ces deux points. Pour que tous les coups de sonde réussissent, il faut et il suffit que le premier amène l'eau à la surface. La question est donc bien simple à résoudre ; le gouvernement possède aujourd'hui le matériel ; la seule chance à courir en cas d'insuccès se réduirait à perdre la façon d'un seul sondage. Il est rare, comme le dit très-bien M. Fournel, qu'une idée dont les conséquences seraient si grandes puisse être vérifiée avec une dépense aussi minime.
Une autre observation de M. Fournel est relative à la configuration du pays.
Depuis longtemps on savait que l'intérieur de l'Afrique présente des plaines élevées, et Lambesa, dont les restes magnifiques sont encore debout, prouve que les Romains avaient dû choisir ces plateaux pour y bâtir des villes où la température devait être assez douce.
La coupe envoyée par M. Fournel donne la hauteur approximative de ceux de ces plateaux qu'il a traversés. Le niveau si peu élevé du désert, là où M. Fournel l'a mesuré, se relève dans la région placée au sud d'Oran et de Tlemcen. Il faudrait admettre alors que le Sahara a une pente générale de l'ouest à l'est, ce que semble indiquer un grand cours d'eau marqué sur toutes les cartes, et qui le sillonnerait dans cette direction.
La distinction de grand et de petit Atlas semble destinée à disparaître. Sur presque aucun point les chaînes ne sont nettement distinctes ; déjà M. le général Duvivier avait remarqué que cette distinction n'avait pas été faite par les Romains, et qu'elle appartient à Ptolémée.
Jusqu'à présent on avait considéré le massif du Djurjura, élevé de 2,100 mètres, comme le point culminant de l'Atlas ; les monts Aurès paraissent beaucoup plus élevés. M. Fournel a mesuré la hauteur d'un piton qu'il évalue à 2,663 mètres, et qui est loin d'être le plus élevé de ceux qu'on apercevait du camp de Batna.
Les observations barométriques faites à Constantine assignent à cette ville une hauteur de 653 mètres.
M. Fournel a exécuté aussi des observations météorologiques intéressantes. Il a trouvé sur les plateaux une température plus froide qu'on ne l'aurait supposé. Le 26 mars, à Batna, à 101 mètres d'élévation le thermomètre marquait, au lever du soleil 5°,7. La température la plus élevée qu'il ait éprouvée dans le désert est celle du 6 mars, près de l'oasis des Sidi-Ocba ; à une heure après midi, le thermomètre marquait + 32", 6 (1).
Cette température, très-élevée pour la saison, fut comme le prélude du simoun qui surprit la colonne le lendemain, et que M. Fournel a pu observer avec soin. Le 7 mars, a cinq heures du matin, le vent commença à souffler de l'ouest avec force ; l'horizon s'obscurcit, et bientôt la colonne fut enveloppée dans un nuage de sable fin qui ne permettait pas de distinguer les objets, même à une assez faible distance. Une grande baisse du baromètre précéda et accompagna le phénomène qui fut aussi marqué par un grand abaissement du thermomètre.
X.
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PHOTOS D'ECOLE BÔNE
RECHERCHE DE NOMS
Envoyée par M. E. Vassalo
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ECOLE VICTOR HUGO 1954
Est-ce que quelqu'un peut ajouter des noms à cette photo ?
Si OUI, contacter le webmaster, SVP, d'avance merci.
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Conférence donnée
Sur le 24 janvier 1960
par le docteur Jean-Claude PEREZ
à Cagnes-sur-Mer, le 23 janvier 2010 à 10 H 30
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A l'initiative du Collectif du Rassemblement National des Français d'Algérie, de la Maison du Pied-Noir et de ses Amis de Cagnes sur Mer et sur invitation de Gabriel Anglade.
Ouvrages écrits par le Docteur Jean-Claude PEREZ
" Le sang d'Algérie "
" Debout dans ma Mémoire "
" Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie "
" L'Islamisme dans la guerre d'Algérie "
" Attaques et contre-attaques "
aux Editions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX
Primatice Diffusion - distribution - 10 Rue Primatice 75013 Paris
AVERTISSEMENT
Lors de cette conférence du 23 janvier 2010 à Cagnes-Sur-Mer, je me suis employé à décrire, préférentiellement, les évènements auxquels j'ai participé. Ou plutôt, les évènements que j'ai suscités, provoqués ou ordonnés.
C'est la raison pour laquelle vous noterez un emploi abusif mais incontournable du " je ".
Il est certain que lors de cette conférence, il ne me sera pas possible de décrire toutes les péripéties de cet évènement dans leur intégralité. Je me suis permis d'en relater l'essentiel. Mais, chaque fois que possible, je ne laisserai pas passer l'occasion de situer cette Semaine des Barricades d'Alger, dans la totalité du drame de l'Algérie française. En précisant, à maintes reprises :
- l'identité capitaliste, fon¬damentale et exclusive de la motivation première de l'abandon de l'Algérie ;
- le rôle pratiquement nul, joué par le parti communiste et les forces de gauche en général dans le déclenchement de cette guerre
- le rôle négligeable du parti communiste dans le dérou¬lement des opérations militaires anti-françaises en Algérie ;
- lorsque j'évoquerai le rôle des chrétiens progressistes, je prendrai soin de souligner leur dépendance à l'égard des sectes capitalistes qui ont prôné le délestage économique du débouché algérien, dans le but d'augmenter la valeur ajoutée des capitaux investis ;
- parmi ces sectes capitalistes, je soulignerai le rôle décisif, ou plutôt décisionnaire qu'a tenu la fraction pompidolienne du capitalisme financier moderne. Le " pompidolisme ", par l'intermédiaire de Monsieur Pompidou évidemment, a joué un rôle " magistral " dans la prise du pouvoir par le général De Gaulle. Celui-ci était, en réalité, le chargé d’exécution, du délestage de l'Algérie pour le compte de cette fraction " pompidolienne " du capitalisme financier. C'est, d'ailleurs, cette même fraction pompidolienne du capitalisme financier qui, en 1969, participera d'une manière décisive au départ du général De Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises.
Encore une fois, pardonnez-moi de relater ces évènements à partir du point d'observation qui fut le mien. Retenez simplement qu'il s'agit d'un point d'observation à la fois essentiel et privilégié.
Avec mes sentiments les plus cordiaux, en souvenir d'un combat que je ne renie pas.
Jean-Claude PEREZ
La journée du 24 janvier 1960, il y aura demain 50 ans, fut la journée au cours de laquelle fut gaspillée la meilleure chance, qui fût offerte de sauver l'Algérie française.
Pourquoi ?
- Des raisons civiles
- Des raisons militaires
A/ LES RAISONS CIVILES
A cette époque, il existait en France un terroir politique, qui n’était pas encore totalement hostile à l’Algérie française.
1°/ Certes, il existait une majorité à l'Assemblée Nationale, regroupée dans un parti politique : l’U.N.R. Mais nous savions que la majorité de cette majorité s'était fait élire sur le thème de l'Algérie française. Beaucoup de réunions électorales se sont déroulées au Chant des Africains.
Il semblait raisonnable d'envisager que dans l'éventualité d'un départ anticipé du général De Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises, cette majorité de la majorité n'aurait éprouvée aucune répugnance à revenir à ses véritables convictions.
2°/ Le Centre National des Indépendants et Paysans, sié¬geait à côté de l'UNR. Il était en opposition, à propos de sa politique algérienne, avec le général De Gaulle. C'était un parti représentant des classes moyennes en France, dont on peut dire qu'il illustrait une fraction lucide et raisonnable de l'esprit national français.
Un véritable séisme, à l'intensité mal évaluée à cette époque, se manifesta cependant au sein de ce parti dans le courant de l'année 1960. C'était après les Barricades d'Alger. Nous étions alors à la prison de la Santé. Un député de ce CNI, de l'Isère, manifesta par voie de presse, sa décision de se rallier désormais à la politique algérienne du Général de Gaulle. Immédiatement, se constitua un nouveau groupe parlementaire, celui des indépendants giscardiens puisque c'est Giscard d'Estaing qui présida ce groupe. Un groupe qui se ralliait, officiellement, à la politique algérienne du général De Gaulle.
A posteriori, il est facile de considérer que ce nouveau groupe, qui se portait, en apparence, au secours de la politique algérienne du général De Gaulle, représentait en réalité, à l'échelon parlementaire français, une fraction très opérationnelle du capitalisme financier moderne. Plus précisément de la fraction pompidolienne du capitalisme financier. Celui-ci, avait prétendu démontrer que la valeur ajoutée des investissements, pour être améliorée, exigeait le délestage économique du débouché algérien. Ce groupe parlementaire va apporter à l'UNR un soutien parlementaire qui révèle la vigueur sous-jacente et presque silencieuse du pompidolisme dans la mise en route de la politique algérienne du général De Gaulle
Dès la prise du pouvoir par le Général De Gaulle en 1958 en tant que dernier président du Conseil de la IVème République, Pompidou occupa les fonctions de chef du cabinet du général. Immédiatement, il produisit un document : le document Pompidou, sur lequel les historiens ne sont pas prolixes. Dans ce document, élaboré avec l'aide de Brouillet et de Tricot, furent précisées des modalités de prises de contacts rapides avec l'Organisation Extérieure de la Rébellion Algérienne. Dans le but d'amorcer des négociations pour aboutir, au plus tôt, à un cessez-le-feu. Un lieu de rencontre avait été choisi. C'était en Espagne franquiste, à Barcelone plus précisément. Les services spéciaux espagnols avaient déjà pris toutes leurs dispositions pour protéger les émissaires FLN contre toute tentative d'agents français qui auraient été animés de mauvaises intentions à leur égard. Pompidou, ancien fondé de pouvoir de la banque Rothschild, se révélait être un chargé d'exécution d'élite de la thèse capitaliste, fondamentale et exclusive, du largage de l'Algérie française. Celle-ci fut abandonnée pour le bénéfice espéré du grand argent et non pas pour promouvoir un essor économique du peuple algérien. Le délestage économique, voilà qui résume le pourquoi de la décolo¬nisation en général, et plus précisément du délestage de l'Algérie française. C'était une stratégie exclusivement capitaliste. Il est utile de le rappeler sans arrêt.
Malgré le ralliement extrêmement productif de cette fraction des indépendants giscardiens à la politique algérienne du général De Gaulle, il restait néanmoins une fraction majoritaire du CNI, encore favorable et militante à la thèse de l'Algérie française. Qui s'efforçait de faire entendre sa voix.
3°/Par ailleurs, il nous faut rappeler que dans les milieux de la presse, l'unanimité n'était pas faite pour sonner l'hallali de l'Algérie française. A Paris, deux quotidiens au moins défendaient la survie de cette terre, en tant que terre française : L'Aurore et Combat. En province, de nombreux autres périodiques défendaient la vie des départements français d'Algérie.
De multiples associations d'Anciens Combattants, d'Officiers de réserve, de Combattants de l'Union françase, soutenaient, chacune à sa place, notre terre française d'Algérie.
B/ LES RAISONS MILITAIRES
En Algérie, l'armée française était majoritairement acquise à la thèse et à l'espérance de l'Algérie française.
Une adhésion qui était confortée par les brillants succès que remportaient nos soldats sur les crêtes, dans le combat anti-FLN.
Le général Challe, commandait en chef.
Le général Massu, jusqu'au début du mois de janvier 1960, commandait le Corps d'Armée d'Alger et assurait la gestion administrative de tous les départements de l'Algérois. Le colonel Argoud occupait les fonctions de chef d'Etat-Major du Corps d'Armée d'Alger.
Le colonel Godard assurait les fonctions de chef de toutes les polices d'Algérie, de la frontière marocaine à la frontière tunisienne.
Le général Faure commandait en Kabylie.
Le général Mirambaud commandait les Territoires du Sud.
Le colonel Bigeard commandait le secteur de SAIDA.
Dans le Constantinois, le colonel Vaudrey commandait le secteur de Philippeville, le colonel Romains-Desfossés commandait le secteur de Collo.
Les commandos de chasse, les divisions aéroportées, et surtout les Harkis étaient majoritairement favorables à l'Algérie française et disposés à s'engager dans un mouvement salvateur de cette terre, certes, mais salvateur en même temps de la France, de l'Europe et de l'Occident.
Car nous avions conscience de lutter avant tout pour la France, mais aussi pour l'Europe et l'Occident. Un Occident qui à cette époque, se terminait au niveau du mur de Berlin et du rideau de fer, avec au-delà, un grand point d'interrogation quant à l'avenir de ces terres et des peuples de l'est européen.
Je le souligne encore : ce 24 janvier fut la journée qui n'aurait jamais dû être gaspillée. Gaspillée par ceux qui n'ont pas voulu comprendre que la révolte d'Alger était en réalité une invitation à la victoire. La victoire de la France, de l'Europe et de l'Algérie française.
Au début de l'année 1959, mon camarade et frère d'armes, Joseph Ortiz, décida de lancer un nouveau mouvement : le Front National Français.
Nous avions interprété avec d'autres, comme il se devait, la significa¬tion de la prise de pouvoir par le général De Gaulle à partir du mois de juin 1958, après le fameux 13 mai 1958.
Nous avions refusé, avec très peu d'autres, le OUI au référendum du 28 septembre 1958. Parce que nous avions compris qu'à n'importe quel moment, l'intégrité nationale, c'est-à-dire l'intégrité territoriale française, pouvait être remise en question par voie de référendum. Cette constitution de 1958 mettait notre patrie à la merci des aléas politiques qui pouvaient surgir sur le territoire métropolitain et ailleurs.
C'était la base de notre antigaullisme de 1958-1959 et nous avons évidemment entrepris des recherches de renseignements pour connaître les véritables intentions opérationnelles du général De Gaulle.
Au moment du référendum, dans ma volonté désespérée d'engager mes compatriotes à voter NON, je m'appuyai sur un article publié dans la revue des « DEUX MONDES », au début de l'année 1958. C'est au prin¬temps 1958, 50 jours environ avant le 13 mai 1958, que j'eus connaissance de cet article.
Il s'agissait en réalité d'une interview de Bourguiba, rapportée dans cette revue, qui exposait ses prévisions sur l'avenir de l'Algérie. Il divisait les Français en deux grandes catégories.
- Les « nordistes » : c'est le terme qu'il employait. Les nordistes, qui regroupaient essentiellement les partis de gauche et le monde syndical français. Ceux-là, précisait Bourguiba, étaient favorables à l'indépendance de l'Algérie.
- Les « sudistes » : c'est le terme qu'utilisait encore une fois, Bourguiba. Il y regroupait les Français d'Algérie, les Français de métropole qui, normalement militaient dans des mouvements qui représentaient l'ensemble de la droite nationale française.
Bourguiba déclarait en substance :
« Les sudistes sont prêts à s'appuyer sur l'armée. à solliciter son concours pour un éventuel coup de force dans le but de garder l'Algérie à la France. Et dans cette perspective, ils n'hésiteront pas à faire appel au général De Gaulle. Mais. ils ignorent que le général De Gaulle est celui qui leur imposera l'indépendance de l'Algérie et qui va se jouer d'eux pour les engager dans une politique qui n'est pas du tout favorable à l'Algérie française ».
J'ai utilisé le contenu de cet article au cours de différents contacts durant l'été 1958, auprès de mes confrères médecins, auprès de notables de l'Algérie française. auprès de mes amis personnels, dans ma famille, auprès de mes patients. pour essayer de les convaincre de voter NON au référendum prévu pour le 28 septembre 1958.
Je me suis fait. la plupart du temps, traiter de tous les noms d'oiseaux que vous pouvez imaginer.
Certains sont même allés jusqu'à me dire :
« En réalité, tu es un marxiste parce que tu raisonnes comme eux ».
Cette réflexion de ceux qui étaient prêts à se laisser tromper, dans l'enthousiasme, par le général De Gaulle, me fut souvent opposée.
En France, lorsque vous proposiez une technique de raisonnement bien argumentée, bien structurée, on avait tendance à vous traiter de « marxiste », comme si les marxistes étaient les seuls à être capables de conduire un raisonnement supposé logique.
Mais, aussi bien Ortiz que moi-même, avons cherché à savoir. Et nous nous sommes informés auprès de sources de renseignements qui étaient extrêmement fiables, sources de renseignements émanant souvent de la Sécurité du Territoire et des Services de Renseignements Militaires. Renseignements fournis grâce à une osmose de sympathie entre quelques membres de ces services et nous.
Et nous avons appris ceci.
En 1956, le général De Gaulle était souvent présent rue de Solferino à Paris dans le 7ème arrondissement, dans les locaux de l'ancien RPF. Il avait constitué un bureau politique, à l'initiative et sous la direction d'Olivier Guichard.
Ce cabinet politique n'avait d'autre but que d'étudier un processus de négociation avec l'Organisation Extérieure de la Rébellion Algérienne. A partir de la rue de Solferino. le général De Gaulle nouait des contacts avec Bourguiba, ainsi qu'avec l'Organisation Extérieure de la Rébellion Algérienne.
Je vous rappelle qu'à cette époque le GPRA n'existe pas encore : il verra le jour 10 jours avant le référendum du 28 septembre 1958, au Caire, en présence de deux émissaires gaullistes clandestins : Farès et l'écrivain Amrouche.
En 1956 existait encore le CRUA, qui avait fait suite à l'Organisation Secrète (l'OS) née du MTLD, qui fut la base de la constitution du FLN. Plus tard, vont naître, après le congrès de la Soummam, le CNRA et le CCE.
Donc en 1956, il existe une Organisation Extérieure de la Rébellion Algérienne, représentée en Suisse, en Tunisie, en Egypte et un peu partout dans le monde, y compris en Espagne et en Italie.
Les contacts entre De Gaulle d'une part, Bourguiba et le FLN extérieur d'autre part, vont s'exercer par l'intermédiaire de plusieurs personnalités parmi lesquelles :
1. Son excellence l'ambassadeur de Tunisie à Paris, Monsieur Masmoudi.
2. Un journaliste autrichien, très engagé dans la thèse de l'indépendance de l'Algérie qui s'appelait Rosenberg.
3. Monsieur Palewski, ambassadeur de France à Rome…
4. Maître Boumendjel. Celui-ci assura à Berne, capitale fédérale suisse, des contacts avec des chefs FLN puis avec Ferhat Abbas, dès que celui-ci eut rejoint le FLN en 1956. Boumendjel rendait compte au général De Gaulle, rue de Solferino, de ses entretiens avec les différents leaders de la rébellion algérienne. Et il s'entendit dire par le général De Gaulle : « Il est bien certain que l'Algérie sera indépendante ».
En 1959, nous n'étions pas en possession d'informations aussi bien structurées, comme je crois vous les présenter aujourd'hui même.
Mais « on » avait pris soin de nous avertir de ces contacts.
Depuis lors, elles ont été confirmées par des ouvrages, en particulier les études du général Jacquin qui, je vous le rappelle, avait été le dernier patron du BEL, Bureau d'Etudes et de Liaisons. Celui-ci avait succédé au CCI, Centre de Coordination Interarmes, l'une des ultimes structures des services spéciaux militaires en Algérie.
Pour nous, en 1958 et 1959, le général De Gaulle était animé de la volonté d'abandonner l'Algérie française. C'était une certitude absolue. Une conviction basée sur une étude de renseignements particulièrement fia¬ble.
Ce qui nous a conduits à créer ce mouvement le FNF, comme je vous l'ai rappelé précédemment.
C'était un mouvement essentiellement patriotique.
Ortiz était certes engagé politiquement, avec Goutallier et d'autres, dans le poujadisme. Il avait occupé des responsabilités dans l'UDCA et en 1955, j'avais pris contact avec lui pour coordonner nos opérations anti-terroristes. Nous avions passé en 1957 deux mois en prison, à Barberousse, lorsque je fus inculpé de tentatives de destruction d'édifices publics et de tentatives de provoquer la mort, lors de mon engagement dans le contre-terrorisme.
Je n'avais jamais fait de politique. Je continue à ne pas faire de politique et je ne suis membre d'aucun parti. J'ai toujours été indépendant, libre mais convaincu à outrance du combat qu'il a fallu mener.
Le FNF éprouva, au début, quelques difficultés à trouver des adhérents. Nous y sommes parvenus néanmoins, mais à vrai dire, c'était bien pauvre, à l'instar d'ailleurs, de tous les autres mouvements patriotiques d'Algérie. Les Pieds-Noirs furent très longs à comprendre que tout reposait, avant tout, sur leur volonté de combattre le pouvoir mortel, qui s'était emparé de la France par surprise, dès le mois de juin 1958.
Tout a changé brutalement à partir de deux évènements :
1. le discours du 16 septembre 1959 prononcé par le général De Gaulle,
2. l'affaire Massu, lorsque le général Massu fut rappelé à Paris par le général De Gaulle, au début de l'année 1960. Evènement qui servira de déclencheur à la manifestation du 24 janvier 1960.
Il EST IMPORTANT D'INSISTER TOUT D'ABORD
SUR LE DISCOURS DU 16 SEPTEMBRE 1959
Ce discours exprime, avant toute autre considération, un véritable dégoût à l'égard de l'Algérie. Un dégoût éprouvé par le chef de l'état, un dégoût suscité, suggéré, et projeté vers l'auditoire.
En dehors de toute autre interprétation, le chef de l'état a voulu générer dans l'esprit de nos concitoyens métropolitains, par les mots qu'il emploie, un refus de l'Algérie.
LEXIQUE
CRUA : Comité Révolutionnaire d'Union et d'Actions
MTLD : Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques
CNRA : Conseil National de la Révolution Algérienne
CCE : Comité de Coordination et d'Exécution
UDCA : Union pour la Défense des Commerçants et Artisans
B/ LES RAISONS MILITAIRES (suite)
Mais quand il évoquait l'Algérie, il ne pouvait éviter évidemment, de s'exprimer sur les femmes et les hommes qui y vivaient. Que dit-il à leur propos ?
« Là, végètent des populations »
Il ne prend pas de gant. Il exprime, par ce propos, un mépris absolu à l'égard de l'œuvre française en Algérie. Il utilise le verbe « végéter » avec une délectation pleine de dédain pour ces populations, dont il avait dit seize mois plus tôt, qu'elles étaient constituées de Français à part entière. A propos de cette formulation que l'on doit au général De Gaulle, au début du mois de juin 1958, lors de son discours au Forum d'Alger, permettez-moi d'apporter ici, une précision que je ne peux différer.
Ce jour-là, le général De Gaulle ne fait qu'exprimer une vérité vieille de 128 ans. En effet, les sujets français, c'est-à-dire les indigènes algériens de confession musulmane, sont titulaires de la nationalité française depuis l'arrivée de la France. Ils sont soumis au code pénal français, au droit constitutionnel français et tributaires, en vertu de celui-ci, au devoir de conscription depuis 1912.
Mais ils ne sont pas citoyens français. Leur refus de se soumettre au code Napoléon, comme tous les autres citoyens français, ne leur permet pas d'accéder à la qualité de « citoyens français ». Celle-ci impose une renonciation définitive au code coranique et par voie de conséquence, une soumission au code Napoléon.
Donc, je me permets d'insister : lorsque le général De Gaulle déclare « Il n'y a ici que des Français à part entière », il n'offre rien. Il fait un constat.
Revenons à ce discours du 16 septembre 1959. Voulant enfoncer encore plus le clou du mépris qu'il éprouve à l'égard de ces populations, il précise :
« Une population, doublant tous les 35 ans »
Vient alors une autre précision qui illustre le summum de son dédain, quand il soutient :
« Elles sont, pour les trois-quarts, plongées dans une misère qui est comme leur nature »
Nous avons bien compris : la nature de ces populations c'est d'être miséreuses.
Conclusion logique qu'il veut susciter chez son auditoire :
« Que voulez-vous que l'on en fasse chez nous ? »
Si ce propos n'est pas un propos discriminatoire, il faudrait nous préciser ce qu'il est vraiment. Car je ne vois pas, aujourd'hui, un chef d'Etat traiter une population africaine, ou une population insulaire des Caraïbes, de « populations dont la nature est d'être miséreuse ». L'accusation de racisme serait formulée avec une véhémence qui inviterait l'auteur de ce propos à un silence prudent.
Mais que va-t-il proposer à ces populations ?
Une auto-détermination
La première question qui surgit, c'est celle-ci : Quand ?
Le général De Gaulle n'est pas avare de précisions car il indique avec un aplomb surprenant :
« au plus tard quatre années
- après le retour effectif à la paix » Oui, mais comment définir la paix ? « C'est une situation telle, qu'embuscades et attentats n'auront pas coûté la vie à 200 personnes en 1 an » Nous avons bien retenu le message :
- jusqu'à 200 cadavres par an c'est la paix,
- à partir de 201 cadavres par an, c'est la guerre.
Je me suis permis, lors du procès des Barricades, quelques mois plus tard, de souligner la puérilité de ce propos, devant mes juges du Haut Tribunal Militaire de Paris.
Quelles options va-t-il offrir à ces populations dont la nature est d'être miséreuse ?
Il propose « trois solutions ». Attention, il propose « 3 solutions concevables »
Je souligne l'importance de cet adjectif « concevable ».
PREMIERE OPTION : LA SECESSION
C'est la première option « concevable » qu'il envisage dans un premier temps.
Qu'en pense-t-il ? Son opinion est nette :
« ... un tel aboutissement serait invraisemblable et désastreux ». Soulignons, en passant, qu'il n'ose pas utiliser le terme « d'indépendance ».
Quand il utilise le terme de « sécession », il veut imputer la décision de cette solution aux Algériens eux-mêmes. Mais, dans le cadre de cette option, il croit opportun d'ajouter une précision frappée du sceau du ridicule le plus absolu. Après avoir évoqué le chaos qu'elle provoquerait, l'égorgement généralisé et l'extraordinaire malheur qu'elle entraî¬nerait, il précise qu'il redoute l'installation de :
« la dictature belliqueuse des communistes ».
Aujourd'hui on se rend compte, quand-on relit ce discours avec attention, que lui-même n'en croit pas un mot ! Le général De Gaulle, en effet, en septembre 1959, est parfaitement informé que les communistes algériens ne jouent absolument aucun rôle dans les opérations de la guerre d'Algérie.
Nous avons vu précédemment, que le déterminisme stratégique de l'abandon de l'Algérie était exclusivement capitaliste. Il s'exprimait dans la thèse du délestage économique de l'Algérie. Dans le but capitaliste d'améliorer la valeur ajoutée des investissements.
Sur le plan tactique, en 1956, Hadjerès, chef du PCA, sollicite en insistant, la participation des communistes au combat livré par le FLN. Il s'adresse au chef de la ZAA, Ben Khedda qui lui répond par un refus, en obéissance aux consignes qui lui sont transmises par l'Organisation Extérieure de la Rébellion Algérienne.
A propos de cette Organisation Extérieure de la Rébellion Algérienne, permettez-moi de vous rappeler qu'à cette époque, en 1956, il n'existe pas de gouvernement en exil. Il existe encore, nous l'avons vu, un vague CRUA, Comité Révolutionnaire d'Union et d'Action. Celui-ci est né au mois de juin 1954. Il est né à partir de l'Organisation Secrète, l'OS, qui est une fraction dissidente du MTLD de Messali Hadj, permettez-moi de le souligner une fois de plus.
En 1954, cette même fraction belliqueuse du MTLD, va convoquer une réunion préparatoire de la guerre d'Algérie.
Où va-t-elle se tenir, cette réunion ? En Belgique, dans le Brabant, dans la petite ville de Hornu. Dans une salle de cinéma.
Quand ?
Le matin du premier dimanche de juillet 1954.
Par qui est-elle organisée ?
Cette réunion fut organisée à l'initiative de deux leaders anti-français, particulièrement militants :
- Khidder, membre actif de l'OS, ancien du MTLD, ancien du PPA de Messali Hadj,
- Lahouel, qui, lui, remplit les fonctions d'adjoint du maire FLN d'Alger Jacques Chevallier.
Ces deux hommes, vont obtenir de l'assemblée réunie ce jour-là à Hornu dans le Brabant, une décision opérationnelle. Celle-ci sera différée à cause du tremblement de terre d'Orléansville qui va survenir dans le courant de ce même mois de Juillet 1954.
Mais, par qui étaient mandatés Lahouel, adjoint du maire FLN d'Alger Jacques Chevallier et Khidder, membre de l'OS, l'Organisation Secrète ?
Etaient-ils mandatés par le Parti Communiste français ? Par le Parti Communiste algérien ? Par les Services Secrets soviétiques ?
Pas du tout.
Ils étaient mandatés et manipulés par la C.I.S.L.
Il s'agit de la Confédération Internationale des Syndicats Libres, émanation européenne de l'énorme Fédération Américaine du Travail, qui est une fédération intersyndicale de droite. Elle prétendait supplanter en Europe, les organisations syndicales de gauche, dont elles pensaient qu'elles étaient soumises à l'influence soviétique. Cette CISL n'hésite pas à financer cette première déci¬sion de déclencher la guerre d'Algérie.
Le premier financement se monte à 500.000 dollars. Dès le mois de juillet 1954 ils seront attribués à Khidder et à Lahouel. Cet argent, est fourni pour 50 % par la CISL elle-même. Les autres 50 % sont fournis par les pétroliers de l'ARAMCO, consortium dont l'un des principaux actionnaires est un puissant financier américain, M. Hammer, fils. Celui-ci, intervenant financièrement sur directives des services spéciaux américains.
Le général De Gaulle ne peut donc ignorer que depuis 1954, c'est une organisation capitaliste internationale qui est à l'origine du déclenchement de la guerre d'Algérie. Il s'agit d'une fraction du capitalisme financier moderne qui s'exprime en France à cette époque-là, par l'intermédiaire d'une mouvance capitaliste très active, que j'ai déjà évoquée : il s'agit de la mouvance pompidolienne. C'est elle qui actionne De Gaulle, en réalité. C'est elle qui en 1969, l'obligera à quitter le pouvoir.
Nous avons vu que cette fraction du capitalisme financier, avait décidé qu'il était stratégiquement nécessaire de mettre en œuvre les opérations de délestage économique du débouché algérien dans le but d'augmenter la valeur ajoutée des investissements
Cette opération de délestage, d'un point de vue tactique strict, consistait à se débarrasser des peuples ou plutôt pour s'exprimer comme le général De Gaulle, des populations qui y végétaient et dont la nature était d'être miséreuse.
Nous détenons ainsi la preuve que le parti communiste français, algérien et international, n'était intervenu en rien dans le déclenchement de la guerre d'Algérie d'une part. D'autre part, il n'intervenait en rien en 1956, dans les opérations du FLN déclenchées sur le terrain. Et c'est pratiquement en larmoyant que le communiste Hadjerès a mendié à Ben Khedda, l'autorisation de participer à la guerre.
Le premier refus de Ben Khedda, fut annulé secondairement. Sur recommandation de l'extérieur, il accepta la participation des communistes algériens dans le combat, à la condition, d'un silence absolu en ce qui concerne les convictions et le programme politique communistes.
En aucun cas Hadjerès n'était autorisé à faire du prosélytisme au sein des maquis FLN.
Hadjerès répliqua : « mais c'est notre mort politique que tu recherches ! » Il accepta néanmoins. Il tint cependant à enrichir cette corbeille de mariage d'un beau cadeau. Ce fut l'origine de l'affaire de l'aspirant Maillot.
Celui-ci vola un camion d'armes, aux "dépens de 20ème BT de Miliana.
Ce camion d'armes fut partagé en deux lots.
1°/ Le premier lot fut affecté à l'équipement d'un maquis organisé dans le Haut-Chélif, pas loin de Lamartine. Ce maquis était commandé par un instituteur communiste, Laban, qui s'était illustré pendant la guerre civile Espagnole, dans les Brigades Internationales. Maillot, va s'incorporer à ce maquis, comme commandant en second. Ce maquis sera encerclé par le 1er REP et anéanti par des hommes du contingent, du 20ème BT.
2°/Un deuxième lot sera stocké dans une villa algéroise. Il s'agit d'une villa célèbre du clos Salembier, à l'est d'Alger, dans un ensemble immobilier à vocation socio-humanitaire dirait-on aujourd'hui. Cette villa était sous la dépendance administrative et économique du maire FLN d'Alger, Jacques Chevallier. Dans cette villa étaient hébergés des ennemis de l'Algérie française. C'est un rôle qui fut attribué à cette villa, jusqu'en 1962 inclus : y accueillir tous les ennemis de l'Algérie française, de toutes origines. Y étaient cachés à cette époque, en 1956, le docteur Chaulet et son épouse, catholiques progressistes qui s'étaient inscrits dans le camp du FLN, dès le 1er novembre 1954. Madame Chaulet n'hésitait pas à affirmer :
« ne dites pas de nous que nous sommes pour le FLN. Nous sommes du FLN ».
C'est madame Chaulet qui réussit à incorporer une fraction importante de cet armement dans une voiture américaine : fusils, carabines, PM et FM. Munie des documents qui lui permirent de passer à travers tous les barrages de police, madame Chaulet parvint à livrer cet armement au chef rebelle Khodja qui opérait en Grande Kabylie, dans le secteur de Palestro. C'est à l'est de cette ville franco-kabyle que fut montée une embuscade contre une section de fantassins français. Il s'agissait de rappelés qui, dès leur arrivée en Algérie, furent engagés dans une opération extrêmement périlleuse. 18 de ces soldats furent odieusement massacrés et achevés : les yeux crevés, le ventre ouvert, la gorge tranchée et les couilles entre les dents. Car pour le FLN il ne s'agissait pas seulement de tuer. Il s'agissait aussi, de frapper l'imagination.
Donc, l'extraordinaire malheur, prévu publiquement et verbalement par De Gaulle en cas de sécession ne pouvait pas être imputable au parti communiste, dont la dictature n'était pas à redouter en Algérie. C'était un leurre, utilisé depuis longtemps pour occulter, par tous les moyens, l'identité capitaliste exclusive de cette guerre d'Algérie.
DEUXIEME OPTION : LA FRANCISATION
C'est un terme qui fut choisi par le général De Gaulle. On sait qu'il refusa le terme d'intégration. Pourquoi ? Parce qu'il s'agissait d'un mauvais terme ?
Pas du tout.
Le général De Gaulle, comme il l'exprima à un journaliste, refusa d'employer le terme « d'intégration » parce que l'on s'obstinait à lui demander de le faire.
Ce refus d'employer ce terme, cet entêtement terminologique, traduisait une volonté obsessionnelle à la limite du « paranormal ». Il proposa la francisation, en des termes extrêmement instructifs, en précisant les conséquences de celle-ci, selon lui : « ... les Algériens pouvant accéder à toutes les fonctions publiques... »
« ... résidant ou travaillant où bon leur semble... »
« ... devenant parti intégrante du peuple français... »
« ... qui s'étendrait dès lors, EFFECTIVEMENT DE DUNKERQUE A TAMANRASSET... » Il manquait un commentaire de sa part qui aurait pu être celui-ci :
« voilà ce que vous subirez en cas de francisation de l'Algérie ».
Il ne voulait qu'une chose : provoquer une réaction de refus, de rejet, de crainte chez nos compatriotes de la mère-patrie.
Comment s'exprimerait-il aujourd’hui devant un état de fait qu'il redou¬tait et qui, grâce à lui, est en train de s'établir en France, dans des conditions extrêmement défavorables pour l'avenir ethnico-religieux de la France. Il devait savoir, déjà, à cette époque, en 1959 que Ben M'hidi avait déclaré en 1957 :
« Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis moi que vous aurez l'Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».
Ce qui ne manquera pas de se réaliser, progressivement et à bas-bruit, si l'arabo-islamisme fondamentaliste continue à jouir encore des moyens nécessaires au déploiement de son influence révolutionnaire sur l'ensemble du territoire français.
B/ LES RAISONS MILITAIRES (suite)
Habituellement on a tendance à dire l'arabe littéraire. On m'a enseigné qu'il fallait dire l'arabe littéral.
Il s'adressait à des Berbères, tous hommes de lettres, qui vont faire de la langue arabe littérale, l'arme essentielle du combat, pour faire triompher selon Omar Smaïl, le message du Prophète de la Mecque et de Médine. La langue arabe littérale devint l'arme de guerre par excellence, certes. Comme elle l'avait été au VIIème siècle, lorsque la religion musulmane est devenue, expansive, et permettez-moi de dire sans blasphémer, quand elle est devenue invasive.
Un rappel est utile pour comprendre la signification de cette exigence d'Omar Smaïl.
Le coran, c'est la parole de Dieu : c'est le fondement de l'islam.
Mais le coran, lorsqu'il fut enseigné par Mohamed, ne le fut pas en langue arabe. Pour une seule raison. Mohamed ne parlait pas l'arabe.
Lorsque je formule cette affirmation, il m'arrive parfois d'être apostrophé aigrement par mes interlocuteurs. Car la question que l'on me pose c'est évidemment la suivante :
« mais en quelle langue a t'il transmis le coran ? Et sur quoi t'appuies-tu pour oser une telle affirmation ? »
Je m'appuie sur le congrès orientaliste mondial qui s'est tenu à Alger en 1905 où se sont exprimés de grands savants, spécialistes de l'islam, des religions du Proche et du Moyen-Orient, de la philosophie et de la culture islamiques et des langues sémitiques.
Au cours des différentes communications magistrales, l'une d'entre elles fut formulée par un professeur allemand K. Vollers, de la faculté d'Iéna, grand spécialiste de l'islam, du coran et surtout des langues sémitiques.
Il a démontré, sans provoquer de scandale, que le Prophète Mohamed ne s'exprimait pas en langue arabe. Et que c'est le 3ème Calife qui prit la décision, en même temps qu'il remaniait le coran, de le faire traduire dorénavant, en langue arabe littérale.
De faire ainsi, de la langue arabe littérale, la seule formulation acceptée dorénavant, de la parole de Dieu partout où l'islam était rayonnant.
Au tout début, et localement, la religion musulmane fut diffusée en langue vraisemblablement koraïchite, qui est la langue, ou plutôt le dialecte que l'on parlait dans le Hedjaz.
Ce message fut accepté avec enthousiasme sur des territoires voisins, par toutes les collectivités dissidentes du christianisme romain. Les Nestoriens, les Donatiens, et les Ariens en particulier. Les Ariens, depuis le 3ème siècle rejetaient le mystère de la Sainte Trinité auquel les catholiques romains étaient fidèles. Ils croyaient EN UN SEUL DIEU UNIQUE ET SAGE A NUL AUTRE PAREIL.
Et lorsqu'ils ont pris connaissance de la SCHAHADA. la prière des musulmans. ils y ont trouvé en quelque sorte. une confirmation de leur propre foi :
« il n'y a de dieu que Dieu », c'est le premier temps de la SCHAHADA.
Le deuxième temps de cette SCHAHADA leur offrait une confirmation divine. puisque :
« Mohamed est le rasoul. c'est-à-dire l'envoyé de Dieu ».
Ces adhérents non-arabes. pour répandre ce message qui les confortait dans la CONVICTION UNITAIRE qui les opposait aux TRINITAIRES ROMAINS, ont saisi l'opportunité de diffuser le coran en langue grecque. Pour le bénéfice de : l'usage du monde intellectuel du Proche et du Moyen-Orient de culture grecque : mathématiciens, astronomes, médecins et philosophes en particulier. Et c'est par l'intermédiaire de la langue grecque mise au service du coran, que l'islam connut l'extension explosive que l'on a observée en territoires sassanide, mésopotamien, hittite, caucasien, égyptien et nord-africain. Par captation de la parole de Dieu, effectuée par un monde intellectuel, et par une élite qui n'avaient d'arabe... que la langue, à partir de la diffusion ultérieure du coran en arabe littéral sur exigence du califat.
Le 3ème calife avait décidé en effet, que dorénavant la langue arabe littérale, une langue pratiquée par l'élite, une langue à la calligraphie séduisante. serait la seule langue d'expression universelle du coran.
Par cette décision, il engendra une phénoménologie arabe qui constitua l'arrière fond philoso¬phique, ésotérique même, de toutes les expressions de l'islamisme fondamentaliste. C'était vrai hier. C'est encore vrai aujourd'hui.
Plus tard, en Algérie, le cheik berbère des oulémas Ben Baddis, animateur de cette phénoménologie arabe. président de l'association des Oulémas depuis le 7 mai 1931, proclama tout logiquement :
ma religion c'est l'Islam ma langue c'est l'arabe ma patrie c'est l'Algérie.
Il se servit de l'enseignement lointain du 3ème calife pour, à partir de l'arabisme seulement, exprimer sa religion et inventer une patrie qui n'avait jamais existé jusqu'à ce jour et l'inclure ainsi d'une manière symbolique et ésotérique dans la phénoménologie arabe, telle que celle-ci se manifestait au XXème siècle.
Si je me suis permis de rappeler cette évolution de l'arabo-isla¬misme fondamentaliste en Algérie, c'est parce que de toute évidence, quand il prononce ce pauvre discours du 16 septembre 1959, le général De Gaulle refuse de lui reconnaître la valeur opérationnelle qu'elle représente.
Il n'a pas vu que l'arabo-islamisme fondamentaliste illustrait la menace dont la France allait être l'objet, à partir du moment où il permettait aux rebelles, soumis à ce même fondamentalisme et actionnés par lui, d'apparaître comme les vainqueurs historiques de la France.
Il n'a pas compris à quel point il allait conférer à l'arabo-islamisme fondamentaliste une promotion historique que celui-ci n'avait pas réussi à atteindre jusqu'alors, malgré les entreprises du libanais, l'émir Chekib Arslan.
Car c'est l'indépendance de l'Algérie qui va conférer à l'arabo-islamisme universel la dynamique opérationnelle et historique qu'on lui connaît aujourd'hui. D'autant plus que par l'intermé¬diaire des grandes banques arabes, il peut prétendre s'inscrire de nos jours, parmi les postulants à la domination finale du monde.
Mesdames et Messieurs, je viens de vous exposer les raisons pour lesquelles, après ce discours, nous nous sommes mis en mouvement, nous les militants du FNF (Front National Français), ainsi que les autres défenseurs de l'Algérie française.
J'ai pris alors la décision d'organiser ce mouvement en commandos ou plutôt en unités de choc. C'était encore en 1959.
Joseph Ortiz, notre président, m'a laissé toute latitude pour conduire cette tâche au meilleur résultat possible.
Evidemment, je n'ai pas manqué de devenir l'objet d'attentions soutenues de la part de la police des Renseignements Généraux.
Chacun parmi les patriotes français exerçait son militantisme dans un secteur d'activité qui lui était propre. Personnellement j'intervenais plus directement au sein du peuple d'Alger, par des réunions quotidiennes.
Entre temps, j'ai eu la surprise de bénéficier d'un appui de la part du général Massu, qui, je le rappelle exerçait les fonctions de chef du Corps d'Armée d'Alger et de superpréfet de l'Algérois.
Par l'intermédiaire du commandant Navarro, il m'a fait savoir qu'il ne voyait aucun inconvénient à ce que j'exerce mon entreprise de recrutement et de structuration du FNF au sein des Unités Territoriales du Grand-Alger et d'ailleurs. Il m'a autorisé à intégrer le Dispositif de Protection Urbaine (DPU) à mon propre dispositif de structuration des « Unités du FNF ».
Je l'ai fait du mieux possible.
Massu a formellement confirmé tout ce que je vous rappelle ici, lorsqu'il est venu témoigner au procès des Barricades. Sur une question du Président du tribunal il a déclaré en substance :
« Tous ces hommes ont été sous mes ordres (il désignait tous ceux qui étaient présents dans le box des accusés du Haut Tribunal militaire). Je sais que le FNF était divisé en commandos. Je savais que c'était le docteur PEREZ qui les commandait ».
Pour moi ce fut un travail de tous les jours. Un énorme engagement. L'Algérie française nous appelait à son secours. Et c'était son cri qui nous engagea dans le combat.
Voilà les conséquences provoquées par les déclarations du général De Gaulle lors du discours du 16 septembre 1959. Un discours dont le cinquantenaire a souffert d'un coup de pâleur que vous avez sûrement noté. On ne l'a pas célébré. On a l'impression que, dans le monde résiduel gaulliste, l'on voudrait oublier ce pauvre discours.
Ce discours a entraîné des protestations. Mais n'a pas généré une prise de conscience du danger immédiat que nous étions en train de vivre. Nos concitoyens n'ont pas voulu voir le danger de mort immédiat qui menaçait l'Algérie française.
Certains s'appuyaient, pour justifier leur passivité, sur les quatre années de paix nécessaires, d'après le général De Gaulle, pour que puisse s'effectuer la consultation ou plutôt l'autodétermination de l'Algérie. Certains soulignaient que quatre années c'était suffisant pour vaincre le FLN d'abord. Puis pour organiser cette autodétermination dans des conditions qui auraient été favorables ... à la francisation, selon leurs espoirs.
Personne ne semblait comprendre que ce discours du 16 septembre ne correspondait A RIEN.
Car nous savions, je vous l'ai rappelé précédemment, que depuis 1956 au moins, De Gaulle n'agissait qu'en faveur de L'INDEPENDANCE DE L'ALGERlE. Nous l'avons vu quand nous avons évoqué ses relations avec l'Organisation Extérieure de la rébellion algérienne à partir de la rue de Solferino par l'intermédiaire de Boumendjel en 1956, puis de Farès et d'autres mandataires auprès du GPRA, après que celui-ci eût vu le jour, le 18 septembre 1959 au Caire.
Quoi qu'il en soit, notre foi nous guidait certes. Mais c'est notre intelligence qui nous imposait d'agir.
Tout fut accéléré d'une manière dramatique par le rappel à Paris du général Massu.
Massu, d'après ce que l'on voulait nous faire croire, était tombé dans un piège que lui aurait tendu un journaliste allemand, Kempski. Celui-ci aurait rapporté des commentaires imprudents, faisant allusion à l'aberration des orientations gaullistes, formulés par le général Massu. D'après Kempski, Massu a tenu des propos irrespectueux à l'égard du chef de l'Etat qui ont motivé son rappel à Paris pour qu'il s'expliquât.
Nous savions que le départ de Massu c'était priver, en théorie, le potentiel militaire d'Algérie, d'un facteur déterminant pour la sauvegarde de l'Algérie française. Massu à lui tout seul. aurait été capable d'entraîner l'année dans une attitude de rébellion qui, sans heurt. et sans guerre civile, aurait été capable de renvoyer le général De Gaulle dans sa maison de Colombey pour y terminer dans le calme et la sérénité le reste de son âge.
Le général Massu est-il tombé dans un piège ?
Le général Massu était-il complice de cette conjuration ?
Le général Massu a-t-il joué un rôle conscient et volontaire dans cet incident ?
Autant de questions qui se sont posées, qui se posent et qui de toute évidence se poseront encore.
D'après le colonel Argoud qui, je le rappelle, était son chef d'état-major, le général Massu passait son temps à dire qu'il était « con et gaulliste ». Il voulait dire à mon avis, qu'il était gaulliste avant tout. Quitte à passer pour un con si nécessaire.
Mais depuis lors, nous avons été enrichis par d'autres informations.
En 1974, j'ai fait la connaissance du commandant Botella.
Celui-ci pendant la guerre de 1939/1945, avait été parachutiste SAS comme Massu et comme d'autres patriotes français. Il était de conviction « Algérie française » indiscutable. En 1961. il s'est approché de très près de I'OAS métropolitaine. mais sans s'y engager totalement. Il a vécu avec douleur le drame de la mort de l'Algérie française. Bien qu'en relation suivie avec lui par l'intermédiaire de mes correspondants parisiens. dans le cadre de mes fonctions de chef national de l'ORO, je n'avais eu aucun contact avec lui jusqu'en 1974.
A cette date. je l'ai rencontré à Argenteuil dans une maison « amie » et il m'a relaté l'événement suivant :
« en 1958. lorsque se sont déclenchées les manifestations du 13 mai à Alger, le directeur de la Sécurité du Territoire. parfaitement informé de la conjuration gaullo-FLN, a éprouvé la nécessité d'expédier d'urgence à Alger. deux anciens officiers parachutistes SAS, anciens compagnons d'armes de Massu, pour l'informer des intentions réelles du général De Gaulle et lui demander de prendre des mesures définitives pour empêcher l'homme de Colombey d'agir dans le sens qui était le sien ».
Massu se refusa à neutraliser le général De Gaulle dès son arrivée à Alger. Il faut savoir que lui-même avait déclaré à partir du balcon du Forum. le soir du 13 mai 1958 : « nous refusons tout Dien Bien-Phu, diplomatique ou militaire. Nous supplions le général de Gaulle de faire entendre sa voix. »
Massu laissa néanmoins les coudées franches au Général De Gaulle. Il ne combattra pas contre lui. Il se soumettra. Un point c'est tout.
Cependant, il espéra l'infléchir. C'est sans doute pour cette raison qu'il me laissa agir comme je l'ai rappelé, lorsque j'ai mis en œuvre une riposte au discours du 16 septembre 1959.
Agir ? Mais comment ?
Nous prîmes soin au FNF d'en¬richir notre implantation au sein de la garde territoriale. C'était logique et c'était facile puisque la majorité de nos adhérents et militants étaient des territoriaux.
Il y avait dans le Grand Alger, 22.000 territoriaux disposant de 2.200 armes. Sous un angle militaire strict, cette force ne représentait pas une véritable unité de combat.
Nous étions sûrs néanmoins que dans l'éventualité salutaire où se serait développé en son sein, un esprit identique au nôtre, le regroupement de ces territoriaux en armes et uniformes soutenus par la masse du peuple d'Alger, en aurait fait une force d'appoint décisive pour ceux qui sacrifiaient tout pour que vive l'Algérie française. J'ose affirmer que j'étais l'un de ceux-là.
Le capitaine Ronda commandait une grosse Compagnie du Bataillon-Centre des UT d'Alger. L'effectif se trouvant sous son commandement atteignait 800 hommes environ, parmi lesquels la compagnie opérationnelle des UT, qui un peu plus tard, passera sous le commandement du capitaine Jourdes, qui s'engagea par un acte de volontariat dans la semaine des Barricades, dès le 24 janvier 1960, au matin.
Ronda avait été incorporé au Bureau Directeur du FNF. Il était en contact avec le commandant Sapin-Lignières qui commandait un bataillon UT dont le PC était installé dans la casbah d'Alger. C'est Ronda qui me présenta à Sapin-Lignières au mois de décembre 1960.
Au début du mois de janvier 1960, d'odieux attentats FLN avaient provoqué une très forte émotion en Oranie et dans l'Algérois. La tension psychologique était extrême.
C'est dans cette ambiance que survint l'affaire Massu, que j'ai évoquée précédemment.
Par son départ, Massu favorisa volontairement ou non, l'accélération donnée à la politique d'abandon. Il importait donc, au plus haut point, qu'une opération de sauvegarde fut tentée dans les plus rapides délais car, nous l'avons vu, une majorité d'officiers généraux et de commandants de secteurs restaient encore fidèles à la thèse de l'Algérie française.
Réunions, visites aux commandements UT, contacts avec le colonel Gardes, tout cela la fut mon travail quotidien.
Ortiz restait en contact permanent avec le colonel Argoud, chef d'état-major du corps d'armée d'Alger, qui lui-même était en contact téléphonique avec le général Massu à Paris.
Une manifestation de masse fut décidée, en accord avec Argoud, en accord aussi, je le souligne, avec les autres mouvements nationaux, pour le dimanche 24 janvier. Le 22 au soir, une réunion importante se tint chez Ortiz. Tout le bureau directeur du FNF était rassemblé. Le capitaine Filippi nous fit part de deux coups de téléphone contradictoires qu'Argoud avait reçus de Paris de la part de Massu.
Lors du second, celui-ci aurait fait le commentaire suivant :
« De Gaulle est complètement fou, je vous donne carte blanche ».
Je quittai la réunion pour préparer nos effectifs qui étaient déjà chauffés à blanc. Je me souviens encore de Me Jean Trape me disant, lors de mon départ :
« Tout repose sur vous, ne vous faîtes pas prendre avant ! »
B/ LES RAISONS MILITAIRES
Qu'espérions-nous ?
Après un appel à la population, nous espérions obtenir des 22.000 UT qu'ils se présentent, sur le lieu de la manifestation, en formations militaires, en uniformes et avec leur armement, même réduit. Avec leurs officiers.
Obtenir une extension de ce mouvement, à toutes les grandes villes d'Algérie.
Obtenir des organisations métropolitaines un soutien à la manifestation par tout ce qu'elles pouvaient mobiliser comme moyens.
Le 23 janvier, une grève se déclencha d'abord dans la partie-est d'Alger, à Belcourt et au Champ de Manœuvres. Elle s'étendit lentement à toute la ville mais d'une manière incomplète. C'était une initiative spontanée, indépendante de tout ordre donné et reçu. Alger était dans l'angoisse. Alger était dans l'attente. Alger était happée par la violence qui s'annonçait.
Le 23, dans l'après-midi, fut réunie l'assemblée générale constitutive de la Fédération des Unités Territoriales d'Alger. Sapin-Lignières en fut nommé le président. Le capitaine Ronda en fut élu le secrétaire général. Cette assemblée générale se tint dans l'immeuble de la Compagnie Algérienne à l'angle de la rue Charles Péguy et du boulevard Laferrière. C'est là que se situera par la suite ce que l'histoire appellera « Le PC Ortiz ».
Le dimanche matin, 24 janvier, je participai à la constitution de petits cortèges qui se mirent en route à partir de l'est d'Alger : Champ de Manœuvres, Belcourt, Le Hamma, Le Ruisseau. Ces groupes, je l'ai dit, étaient peu nombreux mais très déterminés. Quelques centaines seulement. Ils réussirent à rejoindre, avec moi, le Plateau des Glières, vers 11 heures.
J'eus la surprise, en arrivant devant l'immeuble de la Compagnie Algérienne, de constater que la foule était absente. Des dizaines de personnes, voire plusieurs centaines étaient éparpillées sur cette place entre l'avenue Pasteur et le bas du Plateau des Glières. Quelques centaines de personnes, certes très actives, mais cela faisait pauvre et squelettique.
Autour du PC, patrouillaient des hommes de la Compagnie Opérationnelle du capitaine Jourdes. Ils étaient en uniforme et armés en guerre. L'ambiance était crispée. C'était une attente anxieuse de la suite des évènements.
Pierre Lagaillarde était retranché dans l'enceinte de la faculté d'Alger, avec un effectif résolu, qui lui était fidèle, mais dont la population d'Alger ignorait qu'ils étaient là, à ce moment du 24 janvier 1960. Eux aussi attendaient la suite des évènements pour se montrer.
Ortiz me posa la question :
« Mais où sont les hommes de Bab El Oued ? »
J'avoue, que j'étais surpris comme il l'était lui-même, de l'absence de cette masse populaire dont j'espérais la présence au Plateau des Glières. Quelque chose n'avait pas marché comme prévu. Je décidai d'aller à la recherche de ce que je considérais comme l'effectif principal de la manifestation.
Je réussis malgré les barrages, à me faire conduire avenue de la Bouzaréah, Place de l'Horloge, où était effectivement concentrée une foule énorme.
A sa tête, plusieurs centaines de mes camarades du FNF étaient en tenue de la garde territoriale et portaient casque lourd. C'était des territoriaux faisant partie des effectifs du bataillon des UT de Bab-El-Oued et du bataillon des UT de la casbah, commandé par le commandant Sapin-Lignières.
Derrière ces UT, des milliers de personnes qui chantaient la Marseillaise et les Africains.
Je pris la tête de cette colonne et nous voilà en route pour traverser Alger et rejoindre le Plateau des Glières.
Le trajet prévu était de rejoindre d'abord l'avenue du 8 novembre, en passant par l'avenue de la Marne et la place du Lycée Bugeaud.
Nous eûmes la surprise désagréable de voir l'accès de l'avenue de la Marne interdit par un imposant barrage de parachutistes. C'était les compagnies du 3ème R.P.I.M.A. Elles étaient disposées en profondeur sur toute la longueur de cette avenue. Ce régiment était com¬mandé par le colonel Bonnigal.
Pourquoi fûmes-nous surpris ?
Parce que la veille, j'avais entendu Argoud nous affirmer que les régiments parachutistes de la 10ème DP allaient se déployer en tampon entre les manifestants et les forces de gendarmerie, pour éviter tout incident.
Cette opposition vigoureuse des paras » du 3ème RPIMA nous paraissait une véritable monstruosité. Ce glorieux régiment était connu à Alger, pour son esprit « Algérie française », manifesté à maintes occasions. Il avait été commandé par le colonel Bigeard, et ses hommes étaient appelés les « Bigeard's-boys ».
En toute sincérité, nous étions persuadés que, dès notre arrivée, avec nos drapeaux et nos chants patriotiques, avec nos cris de « vive la France » et de « vive l'Algérie française », ce régiment allait ouvrir ses lignes pour nous permettre le passage, et éventuellement, nous escorter.
Mais il n'en fut rien. Les paras s'opposèrent avec une volonté farouche, à notre passage. Nous avons dû les affronter et enfoncer leurs barrages sur toute la longueur de l'avenue de la Marne. Il y eut lutte, combat, bousculade. Les paras » n'avaient, pour nous interdire le passage, en plus de leur aptitude très affûtée au combat, que des PM et des carabines. Ils ne disposaient pas de fusils qui sont plus commodes et plus efficaces pour le matraquage des manifestants. Ils s'opposèrent avec vigueur à notre progression. Mais ils ne purent l'interdire. Comme l'expliqua plus tard, durant le procès des Barricades, un officier de ce régiment :
Pour les arrêter, il nous aurait fallu ouvrir le feu ».
Ils n'ont pas tiré. Ils nous ont cédé le passage. Mais ce régiment éprouva par la suite, une profonde rancune contre les défenseurs de l'Algérie française. Un régiment « para » de cette valeur qui cède le passage à une foule de manifestants de Bab-El-Oued, c'était pour eux insupportable ! Cette rancune, se traduisit au moment du putsch du 21 avril 1961, par un défaut de ralliement du colonel Bonnigal et de son régiment aux effectifs de la 10ème DP, qui soutint le général Challe.
Plus tard, cet officier, celui qui a témoigné au procès des Barricades dans les termes que j'ai rappelés en substance précédemment, justifia ou plutôt expliqua la fusillade du 26 mars 1962 de la manière suivante :
« Devant des colonnes de manifestants si on ne tire pas, on ne peut pas les empêcher de passer. Nous l'avions bien vu lors du 24 janvier 1960 ».
Après avoir franchi cet obstacle, nous réussîmes à nous regrouper Avenue du 8 novembre et à nous reformer en colonnes présentables.
Nous fûmes rejoints par Auguste Arnould, président du Comité d'Entente des Anciens Combattants.
II nous attendait devant le siège de son association accompagné de tous les notables de cette association qui avec des leaders musulmans, nous rejoignirent, porteurs de leurs écharpes tricolores et de leurs décorations.
Je me sentais beaucoup moins seul en tête de ce cortège.
Pour rejoindre la grande poste par le bas du Plateau des Glières, ce fut une affaire beaucoup plus sérieuse.
En effet, le long de la rue Alfred Lelluch, plusieurs escadrons de gendarmerie mobile étaient disposés en profondeur. Mais eux, étaient armés de fusils. C'est-à-dire qu'ils disposaient de moyens plus efficaces pour s'opposer à notre progression. Les coups se mirent à pleuvoir. Ce fut une bagarre épique. Mais nous réussîmes à passer grâce au bélier de 200 casques lourds qui marchaient en tête du cortège.
Plusieurs d'entre nous furent blessés. Moi-même, j'encaissai plusieurs coups de crosse, en particulier deux coups de crosse qui ont sérieusement endommagé mes gros orteils.
Cette échauffourée, physiquement, avait marqué beaucoup d'entre nous. Une remarque est à souligner.
J'ai évoqué la progression des manifestants de Bab-El-Oued brièvement, pourquoi ?
Parce que ce qui nous parut en revanche très important, à notre arrivée, ce fut la vacuité presque totale du lieu du rassemblement prévu et espéré.
Où étaient les milliers d'UT ?
Où étaient Alger, El-Biar, Birmandreis, Hussein-Dey, Kouba, Birkadem, Maison-Carrée ?
Où était le peuple Pied-Noir ?
Où était le peuple d'Alger-Centre ?
Où était le peuple des cadres d'Algérie, ceux qui raillaient parfois le peuple de Bab-El-Oued ?
Il y eut, indiscutablement, une volonté, aussi bien du 3ème R.P.I.M.A que des escadrons de la gendarmerie mobile, de nous empêcher de passer. Leur détermination était sans faille. La nôtre aussi. La plupart des hommes que je conduisais, étaient armés : pistolets automatiques, PM MAS 36. Mais personne ne perdit son sang-froid, personne n'a tiré. Aussi bien parmi les forces de l'ordre que parmi les manifestants, la discipline fut rigoureuse. Je tiens à affirmer à quel point ces hommes que je conduisais se comportèrent avec calme, avec détermination, animés d'un esprit de sacrifice qu'il convient de souligner. Personne n'était animé de la volonté de faire couler le sang français, à cette heure-là. Il a fallu beaucoup de courage pour progresser pendant des kilomètres en prenant des coups et parvenir au point de ralliement.
On m'arracha au cortège qui se répandit sur la place, donnant ainsi plus de vie à cette manifestation qui se développait dans un esprit de « miserere nobis ». C'est en boitant que je me rendis au PC Ortiz où se trouvaient réunis tous les membres du Bureau directeur, dont je rappelle qu'avec Ortiz et Susini, j'étais l'un des trois membres les plus importants.
En boitant, car j'avais les ongles des gros orteils écrasés par les coups de crosse des gendarmes, lors de la bagarre précédente.
J'étais éreinté et je fus apostrophé par Meningaud qui me déclara :
« On ne sait plus que crier pour faire arriver la foule. Je t'en prie, dis-leur quelque chose ! ».
Je réussis à hurler :
Allez tous chercher les pantouflards qui sont restés chez eux et amenez-les ici. L'Algérie française a besoin de son peuple ! ».
A quoi était dû cet échec ? Cette défection de la part de la population algéroise ?
Avant toute chose, à la désertion de la grosse majorité des 22.000 UT algérois.
Je ne veux pas évoquer les promesses de participation dont j'avais été destinataire de la part de quelques commandants d'unités de ces territoriaux. Mais, lors de l'assemblée générale constitutive des UT qui s'était tenue la veille, j'avais entendu le chef du bataillon d'UT d'Alger-Centre, déclarer à Sapin-Lignières, qu'il refusait de s'engager en uniforme dans une manifestation de civils.
En disant cela, il se s'est pas rendu compte qu'il a contribué activement, à un moment décisif, à la mort de l'Algérie française.
Aujourd'hui encore, je suis persuadé que si le 24 janvier 1960, les 22.000 UT s'étaient présentés à la manifestation, en armes avec leur chef de corps à leur tête, ils auraient drainé derrière eux toute la masse du peuple d'Alger. Des Français de toutes confessions, y compris les musulmans.
Cette masse énorme aurait provoqué des rassemblements du même style, vraisemblablement à Oran et dans les autres grandes villes d'Algérie.
Si Alger et l'Algérie française avaient été dans la rue, le général Challe n'aurait pas hésité à prendre la tête du mouvement et à réunir les moyens d'inviter le général De Gaulle à jouir d'une retraite anticipée dans sa maison de Colombey-les-Deux-Eglises.
Malgré ce début raté, progressivement, la foule que nous avions rameutée, croissait en volume et en dynamisme. Encore une fois, aucune violence, aucune agressivité. L'enthousiasme de la France. à travers l'enthousiasme de l'Algérie française était perceptible dans l'énergie que manifestaient ces femmes et ces hommes.
J'évoluais la plupart du temps au milieu des manifestants et j'éprouvais un sentiment de confiance au sein de cette foule qui devenait impressionnante et qui, par sa présence, obligeait le général Challe à se posait la question à laquelle il devait répondre :
« Dois-je prendre la tête de la manifestation ? ».
Je savais qu'il avait reçu Ortiz au début de l'après-midi. Il avait même partagé un sandwich avec lui. Certes il lui avait recommandé de dissoudre la manifestation mais il savait très bien qu'Ortiz attendait beaucoup plus de sa part. Son engagement était espéré.
Perclus de douleurs consécutives aux coups de crosse que j'avais reçus dans la bagarre de la matinée, je fus examiné par l'un de mes confrères qui tint à vérifier l'état de mes pieds en particulier. Il voulut me conduire dans une clinique voisine, pour m'y faire soigner. Je refusai mais j'acceptai néanmoins l'invitation d'une manifestante de mes amies, qui m'invita dans son appartement pour me donner les soins nécessaires : aspirine et bandage des orteils écrasés.
A ce moment-là, rien ne laissait supposer l'évolution tragique de la manifestation. C'est le bruit de la fusillade qui me fit bondir dans la rue et rejoindre le PC Ortiz.
Lorsque j'y arrivai, la fusillade était terminée.
Un communiqué du général Challe institua l'état de siège à Alger. L'ordre de nous disperser nous parvint d'une manière péremptoire et menaçante. On nous annonçait la mort de 14 gendarmes et de plusieurs civils. Des dizaines de gendarmes étaient blessés.
Je décrirai les circonstances de la fusillade, à la fin de cette étude. Car elle mérite une attention particulière étant donné le black-out dont elle est encore victime.
Permettez-moi de préciser que cette femme qui s'est manifestée comme mon infirmière occasionnelle, a joué, sans le savoir, le rôle d'un ange gardien dont je fus bénéficiaire au plus haut point.
En effet, par la suite, les autorités judiciaires qui s'occupèrent de notre dossier pendant l'instruction du Procès des Barricades, étaient littéralement avides de m'inculper, par tous les moyens, dans « le dossier de la fusillade d’Alger ».
Sur commission rogatoire, mon infirmière occasionnelle fut interrogée et elle certifia que lors de la fusillade, qu'elle avait parfaitement entendue elle-aussi, j'étais présent chez elle, à bénéficier de ses pansements et pommades. Grâce à ce témoignage, je ne fus pas inculpé dans ce dossier de la fusillade d'Alger, comme le furent le capitaine Ronda et le capitaine Jourdes ainsi que le lieutenant Rambert, qui bénéficièrent ultérieurement d'un non-lieu dans cette accusation. Ils furent inculpés, comme les autres accusés du procès des Barricades, de « complot contre la sûreté intérieure de l'Etat ».
Après la fusillade du plateau des Glières, l'ambiance avait totalement changé. Nous redoutions une réaction violente des forces de l'ordre. J'étais néanmoins rassuré par la proximité des régiments parachutistes, le 1er REP et le 1er RCP.
L'ordre d'évacuer les lieux nous fut donné à maintes reprises par le commandement en chef. Nous décidâmes de ne pas obtempérer.
La nuit fut longue. Mais chaque heure qui passait contribuait à enrichir mon espoir. Malgré quelques avis pessimistes.
En début de soirée, par exemple, vint nous rendre visite un officier du REP, détaché à la Préfecture d'Alger, le capitaine Hautdechaud. Il nous déclara :
« Ce soir il y aura 600 morts à Alger ».
J'étais avec Ortiz quand il est venu nous faire cette déclaration encourageante.
Plus tard, s'est présenté le colonel Dufour, commandant le 1² REP. « Cette nuit, il ne se passera rien. Dormez. Demain il fera jour ».
Ce fut une recommandation apaisante qui laissait supposer que les régiments parachutistes allaient, nous l'espérions tout au moins, prendre position du côté des manifestants.
Vers la fin de la nuit, on me prévint qu'un officier du REP demandait à me voir.
« Pierre Sergent », se présenta.
« Le commandant en second du régiment, aimerait vous rencontrer ». ajouta-t-il.
J'acceptai de l'accompagner au PC du régiment pour rencontrer cet officier qui me reçut amicalement pour me déclarer en substance que l'Algérie française allait être sauvée par une décision prochaine du général Challe. Il me recommandait de maintenir le calme parmi nos effectifs et de continuer à entretenir la manifestation. Je retournai au PC Ortiz transmettre ce message qui, bien évidemment, rassura tout le monde.
Au début de la matinée, je fus appelé dans la rue Charles Péguy par le colonel Broizat. Il commandait le ter RCP. J'avais participé avec lui dans les semaines précédentes, à la préparation de ces évènements. Il me présenta au général Gracieux, commandant la 10ème DP. Celui-ci me fit les mêmes recommandations que le commandant en second du 1er REP que j'avais rencontré plus tôt. II affirma que le général Challe était sur le point de prendre sa décision : prendre la tête du mouvement.
Une estafette vint l'informer que tous les chefs de corps de la 10ème DP étaient convoqués à l'E.M.I. (Etat-Major interarmes). Broizat se retourna alors vers son commandant en second, le chef d'escadron B... pour lui tenir en substance, les propos suivants :
« Je vous confie le régiment et je vous interdis d'obéir à tout ordre qui ne viendrait pas de moi. En particulier, je vous interdis d'obéir à tout ordre d'ouvrir le feu sur les manifestants ».
La manifestation se poursuivit pratiquement tous les jours. La foule ne nous trahit pas. A partir du mardi, quand ils crurent l'affaire gagnée, les officiers UT, les déserteurs du 24 janvier, se présentèrent au PC Ortiz en uniforme, avec pistolet au ceinturon et leurs décorations. Ils venaient faire allégeance à Sapin-Lignières et à Ronda, ne se rendant pas compte que par leur absence, ils portaient la responsabilité de la fusillade d'Alger sur laquelle je reviendrai.
Le jeudi de cette semaine, c'est Delouvrier, le délégué du gouvernement en Algérie qui prit une décision fatale pour l'avenir de l'Algérie française. Il emmena le général Challe à la Réghaïa. C'est-à-dire qu'il extirpa le général Challe de l'ambiance favo¬rable à l'Algérie française dans laquelle il évoluait. Il le soumit à l'influence exclusive de l'autorité gouvernementale.
Et, à la fin de la semaine, il fallut envisager la fin des Barricades d'Alger.
Le capitaine Sergent vint me dire le vendredi que la décision avait été prise de faire entrer le 1er REP dans les Barricades, l'arme à la bretelle, pour recevoir la reddition du camp retranché. Je lui ai manifesté mon opposition. Je lui dis textuellement :
« Vous ne pouvez pas entrer de force dans les Barricades et nous traiter en vaincus. Trouvez une autre solution ! ».
« Je vais transmettre au colonel », me déclara-t-il.
Il a rapporté lors de sa déposition au procès des Barricades, ce que je viens de vous relater. Et d'après lui, c'est à partir du refus que j'avais manifesté, que fut mise au point une autre procédure de liquidation des Barricades, en particulier par une sortie en armes et dans l'honneur, de ceux qui étaient encore là.
Il m'avait précisé cependant :
« Ne vous faites pas prendre avant la fin des premières 24 heures ».
C'est donc 24 heures plus tard que je rejoignis le 1er REP à Zéralda, pour m'incorporer au commando Alcazar qui était en train de se constituer avec une partie de ces volontaires qui avaient participé au défilé de sortie des Barricades.
Je fus accueilli, avec une sympathie fortement exprimée, par l'aumônier du Régiment, le père Delarue et par tous mes camarades de ce commando.
Docteur Jean-Claude PEREZ
Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N°1 83, 184, 186
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De « JE VOUS AI COMPRIS »
« QUAND AURONS-NOUS ENFIN COMPRIS? »
Envoyé par M. Alain Algudo
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Mes Chers compatriotes si aujourd’hui je m’adresse à vous à l’occasion de ce Congrès de VERITAS c’est pour vous dire d’abord combien mon émotion est forte d’avoir auprès de nous, rétabli et en voie de guérison complète notre cher, très cher Ami et Président Joseph HATTAB PACHA car il est et restera toujours pour nous, ses proches et ses amis, et de par son douloureux et glorieux passé, le symbole, la figure emblématique de ce combat pour la justice et la vérité.
Certes, il n’est pas le seul qui mérite encore aujourd’hui tout ce respect que nous devons aux femmes et aux hommes d’honneur, ces femmes et ces hommes debout, toujours présents, sans compromission, face au mensonge, au mépris, à la duplicité, à la désinformation criminelle de ce que fut notre vie las bas et qu’un jour un être, qui devait s’avérer « machiavélique, » est venu nous dire qu’il nous avait « compris!
Non, notre Président n’est pas le seul, mais lui a cette « aura » particulière ce « charisme » à nul autre pareil car se dégage de lui non seulement une souffrance physique endurée et ses séquelles, mais aussi une grande souffrance morale, plus forte encore que la nôtre, due certainement à ses origines qui font qu’il reste d’une authenticité inégalable, l’exemple d’une France qui a su se faire si fortement aimé et qui fait de lui l’homme particulier que nous apprécions et que nous sentons tellement proche, d’une manière indéfinissable, sans superlatifs et, il le mérite tellement.
Les origines du peuplement de ces territoires, jusqu’en 1830 et durant des siècles, sous domination diverses avant les envahisseurs arabes, puis repères de pirates et d’esclavagistes, font que beaucoup d’entre-nous qui restons les pions d’une politique de colonisation, ont des ascendances diversifiées venant surtout du pourtour méditerranéen, dont votre serviteur. Alors à l’image de notre Président nous nous demandons comment, au regards du sort qui nous a été réservé et qui continue, 50 après, à l’être, par quel miracle nous aimons encore ce pays qui décidément n’en rate pas une pour nous humilier, nous rabaisser au rang de Français de seconde catégorie et nous en avons des démonstrations tous les jours.
Il est venu nous dire « Je vous ai compris » mais nous, chers compatriotes, « quand aurons-nous enfin compris » que l’heure est au rassemblement, non pas à cette « union » que nous ne ferons jamais puisque nous n’avons pas su la faire derrière le Général JOUHAUD, mais à cette unité derrière des engagements fermes sur des principes simples.
Il ne s’agit pas, comme certains donneurs de leçons encartés le disent, d’être atteint encore de «réunionite » ou pour les initiateurs du projet de vouloir « se faire un nom » qu’ils ont déjà, je crois, mais enfin d’avoir une ligne de conduite définie pour faire face à la calomnie récurrente dont nous sommes les victimes.
Finalement croyez-vous que nos véritables ennemis sont les descendants majoritaires des envahisseurs arabes, que nous avons combattu hier, ou ceux qui, aujourd’hui encore, auteurs ou descendants de la trahison, jettent l’anathème sur une communauté nationale qui revendique l’obtention de ses simples droits moraux et matériels?
Non seulement en conservant une stratégie qui leur a réussie, ils continent leur travail de désinformation pernicieux et mensonger à travers des promesses qu’ils n’ont jamais tenues et ne tiendront jamais mais, en plus, par leur obséquiosité et leurs déclaration, ils donnent des gages à des gouvernants, exterminateurs barbares encore au pouvoir las bas.
La raison d’état ? Mais cette raison doit-elle être permettre des déclarations de repentance qu’on nous avait promis de ne jamais faire et qui s’apparente aujourd’hui comme l’acceptation pure et simple d’une sodomisation diplomatique et, vis-à-vis de nous, comme une trahison bien gaullienne de la parole donnée ?
J’exagère pour certain ? Alors je vous livre une des déclarations de Jean-Marie BOCKEL, envoyé de Sarkozy en Algérie dernièrement dans une interview à un journal algérien :
« Le Président Sarkozy s’est engagé dans la voie de cette reconnaissance des crimes coloniaux. Des pas avaient été déjà faits dans ce sens, en Algérie, notamment en 2005. Lors de sa visite à Constantine, en Décembre 2007 (notez bien la date antérieure à ses trois lettres et à son discours de Toulon), le chef de l’état a condamné les crimes de la colonisation et reconnu l’injustice qu’à fait peser le système colonial sur la population algérienne. »
Et je vous assure que dans le contenu de cet entretien dont je possède l’intégralité, la bassesse et la veulerie ont dépassées les limites et il serait aujourd’hui ici trop long pour développer toutes ses insanités verbales.
Et de rajouter, évidemment nous concernant :
C’est bien fait pour nous, nous n’avions pas, à nos âges, à brûler des voitures, saccager des bâtiments publics et privés, tirer sur la police, et troubler ainsi l’ordre public à Marignane, Béziers et Perpignan pour défendre nos monuments !!!!
« Il convient d’ailleurs de ne pas confondre la parole officielle (sic) avec celle tenue éventuellement, çà et là, par certains groupes qui peuvent défendre une mémoire particulière (re-sic), ce qui est leur droit du moment que l’ordre public est respecté. » Trois fois sic !!!
Mais notez bien le mépris affiché devant un journaliste étranger, ce rejet vers la quantité négligeable de ces « certains groupes ! » Voilà en vérité ce que nous représentons pour ces politiciens de pacotilles qui nous gouvernent encore aujourd’hui et qui sont censés parler au nom de la France et donc prétendre le faire en notre nom, et ce, dans notre pays natal.
Non, M. BOCKEL, vous ne trompez personne chez nous, nous vous considérons comme la pale figure d’une France qui a longtemps cessée d’être une Nation respectée, d’une France que nous aimions, que nous ne reconnaissons plus et que vous rabaissez tous les jours avec vos semblables, enfants putatifs du grand menteur, le raciste de Colombey !
Alors je ne dirai pas ici ce que ces « certains groupes » vous diraient s’ils plagiaient Cambronne.
Alors je le répète « QUAND AURONS-NOUS ENFIN COMPRIS ?
Lui, il nous avait tellement « Compris » que pour arriver à son projet prémédité il a vidé les geôles françaises des criminels de droit commun pour venir écraser ceux qui refusaient sa trahison par une guerre sans merci, sans pitié, la plus terrible qu’il soit contre une population innocente finalement assiégée, mitraillée à la 12/7, canonnée dans ses appartements même à ORAN et BAB EL OUED, les T6 en piqué mitraillant tout ce qui bougeait pendant qu’une barbouzerie sanguinaire d’assassins en puissance enlevait, torturait et livrait même certains de leur prisonniers directement au FLN ou abandonnait ses otages dans les quartiers musulmans en folie meurtrière, quand on ne les retrouvait pas coupés en morceaux comme l’ingénieur PETITJEAN ou disparaissaient dissous dans des fûts d’acide pour les moins chanceux.
Mais avec les actions des « Delta », gloire à eux, ils y ont laissé quelques plumes, les armes légères et les Cocktails Molotov, les explosifs ont fait payer une partie de ce sang que « le vol noir de ces corbeaux » répandaient à profusion chez nos compatriotes sous les directives des sbires du « plus grand français de tous les temps! »
Mais alors nous nous demandons si tous ces malandrins envoyés en Algérie et dressés comme on dresse des chien à tuer, machine infernale à la solde d’un État félon, nous nous demandons en effet aujourd’hui s’ils ne se trouvent pas parmi les troupes de ceux qui commémorent la victoire de l’ennemi puis complice d’hier, le 19 mars.
Alors comment voulez-vous qu’ils ne considèrent pas eux aussi les résultats dramatiques de leurs crimes ignobles comme une victoire, alors qu’ils sont du ressort des crimes contre l’humanité ?
Eh oui chers Amis, ne vous méprenez pas, ce 19 mars ils ne l’abandonneront jamais, c’est pour eux une victoire des prédateurs sanguinaires, c’est la victoire d’une certaine fange d’une armée dévoyée contre notre communauté qu’ils haïssent et qu’ils ont combattu pour certains, c’est une victoire de ceux du parti de la haine anti-Pieds-noirs et qui annoncent la couleur en chantant « l’internationale » devant nos banderoles leur rappelant certaines vérités. Comme pour le FLN c’est aussi pour eux, une victoire contre l’Algérie Française !
Alors peu leur importe la folie meurtrière qui s’en est suivie, ayant une pierre à la place du cœur, que leur importe le génocide de nos compagnons d’armes Harkis, que leur importe l’innommable épuration ethnique dont nous avons été les victimes, peu leur importe leur propres compagnons d’armes prisonniers et abandonnés, peu leur importe notre déracinement dans des conditions épouvantables.
Comment en effet voulez vous qu’ils ne soient pas conforté dans leur détermination et leurs certitudes quand un Ministre du gouvernement vient de confirmer dans une interview accordée au même journal algérien :
« J’ai donc demandé aux Préfets, dans chaque département, de participer à ces cérémonies associatives, selon leur appréciation du contexte local. »
Mais jusqu’à qu’elle bassesse notre pays va-t-il sombrer, confirmer à l’ennemi d’hier qu’on célèbre officiellement sa victoire sur la France ?
Vous connaissez tous maintenant l’irresponsable et scandaleuse déclaration de l’ambassadeur de France à Alger, M. BARJOLET pour ne pas le nommer, qui se permet l’abjection de dire pour le 14 juillet dernier, devant un parterre de responsables algériens, et surtout à la face des familles, que nos soldats sont « morts pour une cause qui n’était pas la leur ! » Pensez et réfléchissez à la monstruosité de telles paroles car cet iconoclaste plagie, presque mot pour mot, les termes d’une lettre signée et adressée par le monstre sanguinaire AMIROUCHE, au père d’un soldat qu’il détenait prisonnier, Robert BONNET.
Quand Le Président de la République déclare à la NARTELLE, le 8 Mai dernier, que nos soldats engagés dans les deux dernières grandes guerres s’étaient battus « comme s’ils l’avaient fait pour leur mère Patrie !»
Merci pour ces combattants qui étaient donc, on ne sait qui, et qui venaient dont ne sait où !
Alors on se pose la question de savoir si ce sont des ignares en histoire, ce qui serait étonnant, ou tout bonnement si ce ne sont pas tout simplement des paroles encore préméditées pour donner encore plus de gages à une repentance déguisée face à ceux qui demandent et obtiennent tous les jours que le pantalon de la diplomatie française glissent, irréversiblement, vers les chaussettes, en plus d’avoir, une fois de plus, tourné la veste.
Nous avons vécu dans le début des années soixante, les assauts armés de troupes censées nous défendre et qui se sont jointes aux barbares dans le but prouvé de nous anéantir,
Nous avons vécu l’enfer d’un rapatriement d’une indignité qui est à couper au couteau avec le comportement louable pour un drame récent, d’une indignité voir d’une sauvagerie morale et souvent physique, unique dans les annales d’un pays civilisé qui persiste dans la désinformation.
Alors croyez vous qu’aujourd’hui les conditions sont réunies pour que les mentalités à notre égard changent ?
Tous les jours nous apportent leurs lots de preuves qu’il n’en est rien, mais n’en sommes-nous pas un peu responsable en agissant éparpillés?
Alors, gardons nos indépendances associatives, mais rassemblons nous derrière un code d’honneur et désignons nous-mêmes nos représentants face aux autorités en place en proposant à nos compatriotes une liste de noms de volontaires ayant fait la preuve de leurs compétences dans les négociations pour les questions matérielles et pouvant apporter des éléments de propositions réalistes à exposer en ce qui concerne, l’indemnisation, la réinstallation, les retraites ainsi que la nomination de nos meilleurs défenseurs pour notre mémoire, ceux dont le passé parlent pour eux et, surtout, pour toutes ces questions sensibles, des représentants sachant garder leur sang froid face aux gens d’un système qui ne nous fait aujourd’hui encore aucun cadeau.
Nous avons ces hommes disponibles, compétents et intègres, dégagés de toute appartenance politique officielle, et capables d’obtenir, tout simplement, le respect et l’application de la Constitution, du Code Civil de la République Française et des droits de l’homme et du citoyen.
Ces critères doivent être le gage de notre crédibilité !
L’intransigeance sur ces points est essentielle parce que le but est d’obtenir cette justice d’où découlera finalement la vérité. Cette vérité qui les terrorise et c’est la raison pour laquelle nous pouvons qualifier le comportement de ceux qui font barrage à la libre consultation des archives comme des criminels, au même titre que ceux qui se sont rendus coupables d’enlèvements, car ils refusent ainsi aux familles la possibilité de faire leur deuil, une ignominie de plus à leur actif. Mais quand on sait que ces archives sont passés entre les mains expertes des responsables voir des complices de ces crimes, nous sommes en droit de nous poser aussi la question : Qu’allons-nous trouver ?
Alors « QUAND AURONS NOUS ENFIN COMPRIS » que ce silence coupable de la Nation est un aveu de culpabilité, que cette nation continue dans le droit chemin d’une occultation voulue pour ne pas détruire un mythe qui, une fois dévoilé à sa juste valeur, la rabaisserai au rang d’une république bananière coupable de crimes contre l’humanité.
Pour finir et ce sera ma conclusion, réfléchissons et essayons de nous mettre à la place de ces familles meurtries à jamais quand elles voient s’incliner devant le mausolée des barbares d’un autre temps et aux côté de leur chef encore vivant, celui qui vient de leur déclarer :
« Vous avez tout perdu. Vous avez été victimes d’une histoire et encore victimes d’un mépris. Votre mémoire a été incomprise et parfois souillée…..mon premier engagement est de ne jamais sombrer dans la démagogie de la repentance….. Si la France à une dette morale, c’est d’abord envers vous ! »
OUI mais voilà, Monsieur le Président au jour de l’anniversaire de la tuerie de la place Tiananmen à PÉKIN, vos médias nationaux, dont l’audiovisuel qui emploient les grands moyens aux heures de grandes écoutes déclarent, je cite : « Black out total sur le printemps de Pékin, le gouvernement chinois veut effacer ce drame de la mémoire collective !»
Alors je pose deux questions : N’y a-t-il pas « black out » total sur « l’hiver de l’Algérie Française ! » N’y a-t-il pas intention délibérée et récurrente d’effacer notre tragédie de la « mémoire collective ! »
Alors faudrait-il vous rafraîchir la votre ? Qu’ont fait les différents gouvernements depuis près d’un demi- siècle maintenant, et que continuez-vous à faire aujourd’hui si ce n’est de nier les crimes, en complicité de silence, d’un système parlementaire où se retrouvent, complices, gauche centre et droite, tous avançant toujours masqués, comme aimait à le dire celui qui est toujours leur référence.
Alors ne croyez vous pas que le comble de l’odieux a été atteint par les comportements irresponsables des représentant de la nation en Algérie !!!!
ALORS CHERS AMIS
QUAND AURONS-NOUS ENFIN COMPRIS ?
Prendrons-nous aujourd’hui la décision de la leur dire à notre tour :
NOUS VOUS AVONS COMPRIS ET NOUS ALLONS VOUS LE PROUVER !
C’est notre dernière chance
Alain ALGUDO ex Président fondateur Comités de Défense des Français d’Algérie
Rédigé à BÉZIERS le 10 Mai 2009
ex Vice Président du Comité et de la revue VERITAS
Auteur de « Mon Combat »
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PHOTOS D'ECOLE BÔNE
Envoyé par M. E. Vassalo
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ECOLE Victor Hugo 1953
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Le néant, c’est le vide : le vide ne serait rien ?
Mais rien, c’est quelque chose et on le ressent bien.
La nature, cependant, a très horreur du vide,
Et c’est de consistant qu’elle se montre avide.
Le totalement vide, un grand vide absolu,
Même dans l’univers, est une chose inconnue.
Le vide, au mètre cube, entre étoiles, compté,
Contient toujours, au moins, un atome isolé.
Dans l'abîme du rien, du néant infini,
Le vide se déploie, sombre et indéfini.
Le moindre son lui même en intrus est traité.
Sans vibration, écho, son ou tonalité.
Au silence profond, où tout semble effacé,
Répond l’obscurité sans nébulosité.
Cette absence totale heurte notre émotion ;
Le rien est une énigme à l’imagination.
C’est être « plein de vide », qu’être « plein de soi-même » !
Mais la tête trop pleine est encore un problème…
L’érudition, au fond, n’est qu’écume de pages
Dans une tête de vide : on y sent le truquage.
Ce remplissage-là est loin de la sagesse.
Trop plein comme trop vide est signe de faiblesse.
Certes, on ne peut remplir que ce qui est vidé,
Mais de produits « sous vide » il n’est pas d’éclairés.
Écrire, c’est flotter dans un vide autonome,
Se créer un château qui guète ses fantômes.
Les pages sont bien vides avant qu’on les remplisse
Et souvent re-vidées plus tard, in extremis,
Quand, à la relecture, on sent que c’est du vent,
Et que ces lignes-là sont du mauvais roman.
Le néant n’est ni vie, ni mort à autopsier ;
Là, meurt jusqu’au désir de naître et d’exister.
Avec l’estomac vide on reste impassible
A l’appel patriote à tuer tous les nuisibles.
Ventre plein lui aussi, nous fait des têtes vides,
Sans plus de réactions qu’un zombie impavide.
Le plein voudrait du vide et le vide du plein ;
La nature a besoin d’évolutions sans fin.
Un sac vide, a-t-on dit, « jamais ne tient debout » ;
Et pourtant, être heureux, n’est-ce pas « vider tout » ?
Jacques Grieu
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Oran mai 1962 : le cortège des enfants brisés
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(Une tragédie au cœur des derniers jours de l’Algérie française)
« Des mots qui pleurent et des larmes qui parlent » (Abraham Cowley)
Qu’elle était trompeuse, presque insolente de pureté, l’aurore de ce dernier dimanche de mai 1962 à Oran… Le ciel, d’un blanc irréel, semblait tendu comme un linceul de gaze sur une ville déjà condamnée. Une poussière d’or flottait dans l’air, fine et silencieuse, comme si la lumière elle-même hésitait à se poser sur tant de misère. Telle une plume blanche, un nuage solitaire se courbait au dessus de la ville, cette ville, hier si gaie, si propre, si belle qui, aujourd’hui, avait le visage gris des malades incurables, des cancéreux à quelques jours de leur mort.
Avec le mois de Mai étaient revenus les cortèges immaculés des premiers communiants, et dans cette époque de violence et de haine, il n’y avait rien de plus émouvant que ces enfants graves et recueillis, rayonnants de foi et vêtus de la blancheur des lys.
Parmi eux, se trouvait Frédérique Dubiton, amputée d’une jambe et qu’on portait dans le cortège des communiantes. Elle avait été l’une des premières victimes du « boucher d’Oran », le général Katz, commandant le secteur autonome d’Oran qui avait donné la consigne à ses troupes essentiellement constituées de « gens sûrs » — en l’occurrence de gendarmes mobiles — « de tirer à vue sur tout Européen qui aurait l’audace de paraître sur une terrasse ou un balcon lors d’un bouclage ». (1)
Que dire de ceux qui ont permis cela ? Que dire de ces mains qui ont armé, de ces voix qui ont commandé, de ces regards qui ont détourné les yeux ? Il faut les nommer pour ce qu’ils sont : non pas des hommes, mais les artisans d’une cruauté sans visage, des exécutants dociles d’une violence qui dévore tout, jusqu’à l’enfance elle-même. Tirer sur des balcons, cribler des murs, faucher des vies sans défense… quelle lâcheté plus abyssale ? Quelle déchéance plus totale ?
Les premières victimes du « boucher d’Oran » furent deux adolescentes de 14 et 16 ans : Mlles Dominiguetti et Monique Echtiron qui étendaient du linge sur leur balcon. Elles furent tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde de 12/7 traversèrent la façade et fauchèrent dans leur appartement, Mme Amoignan née Dubiton, dont le père était déjà tombé sous les balles d’un terroriste du FLN, ainsi que sa petite fille, Sophie, âgée de deux ans et demi et sa sœur, Frédérique, âgée de treize ans qui, atteinte à la jambe, eut le nerf sciatique arraché et dut être amputée…
Une mère atteinte. Une enfant de deux ans et demi arrachée au monde avant même d’en comprendre la douleur. Et Frédérique, treize ans… treize ans !… frappée, mutilée, condamnée à porter dans sa chair la signature infâme de cette cruauté.
La violence des hommes s’était abattue sur ces corps d’enfant. Déjà, l’inhumanité avait laissé sa marque indélébile. Une jambe arrachée à la vie, à la course, à l’insouciance, amputée, comme on retranche sans remords ce qui gêne. Elle, petite fille, avait été livrée à la mécanique froide des ordres aveugles et des consciences mortes.
Et cette question, lancinante, insoutenable : Comment ceux qui ont fait cela peuvent-ils encore se dire hommes ?
Et malgré tout — malgré l’indicible — on voulut lui laisser sa robe blanche car, la lui refuser cela aurait été ajouter une cruauté de plus à l’horreur. Elle n’aurait pas compris, elle, petite victime innocente, quelle nouvelle punition on lui imposait après tant de souffrances imméritées.
Alors, toute parée, superbe dans ces blancheurs d’étoffe qui l’entouraient comme d’un rayonnement de candeur, Frédérique, se sentait enveloppée d’amour, réchauffée par les sourires lumineux des badauds qui lui témoignaient leur tendresse et l’astre radieux, semblait une pluie d’or qui ruisselait de ses mains fines.
Mais l’innocence elle-même était cernée…
Des hommes armés encadraient ces enfants parce que leur quartier était bouclé par suite d’une perquisition générale. On n’avait pas le droit d’en sortir, sinon avec ces charmants messieurs. Des regards soupçonneux posés sur des visages encore vierges de toute faute. Quelle image plus monstrueuse ? Quelle absurdité plus révoltante ? Ces petites filles parées de blanc, se rendant vers l’aumônerie du lycée, ridiculisaient par leur innocence la faconde de ces matamores qui les accompagnaient d’un air soupçonneux. Pensez donc, si elles allaient emporter sous leurs voiles les tracts et les armes de l’OAS ! Et pendant que ces enfants avançaient, dociles, silencieux, c’est toute une humanité qui reculait.
On massa les communiants, place de la Bastille, avec les mitrailleuses braquées sur eux. Et le chanoine, sur le devant de son église, les bénit en disant :
« Aujourd’hui, pour venir ici vous avez dû franchir les armées ; vous avez franchi les armées de Satan ! Ne l’oubliez jamais ! Que cela vous reste comme le symbole, l’exemple de ce que vous devrez toujours être prêts à faire : franchir les armées du démon pour venir à la maison de Dieu. »
Après cette déclaration, le chanoine fut arrêté…
Comme on a raison de cacher aux enfants la vue des laideurs humaines. Le triomphe de la force, la victoire de l’injustice sont des secousses trop violentes pour eux. Ils doivent croire longtemps que Dieu intervient en faveur des belles causes, que le Mal ne peut prévaloir contre l’amour et le sacrifice. Quand l’âme a pris ce pli de foi dans l’enfance, rien après ne l’efface plus. Ces petits êtres vêtus de blanc ont été dépouillés trop jeunes de leur tunique d’illusions. Ils ont vu que leurs prières d’enfants purs ne touchaient pas le ciel, que la tendresse de leurs parents ne pouvait pas les protéger contre les abus de la force, qu’une balle bien dirigée ou qu’un couteau trop vif valait plus que cent cœurs vaillants… et de ce jour, ils sont restés tristes de cette certitude.
Ah… lorsque viendra pour nous le sommeil sans rêve, puisse-t-il au moins nous épargner le souvenir de ces jours où l’humanité, en pleine lumière, a choisi de se renier elle-même.
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Sur le Canon Français
Par M. Loïc Steffan
Envoyé par Anonymous
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Loïc Steffan, Enseignant agrégé, professeur d’Economie-gestion à l’Université de Nouvelle-Calédonie.
Sur le Canon Français et la sortie du recteur Chems-eddine Hafiz, de certains amis de gauche ou de membres de LFI, deux mots de fond.
Je rappelle que j’ai étudié la sociologie de l’alimentation à Toulouse, auprès de Jean-Pierre Poulain. Mon grand-père était agriculteur, mon père a été conseiller à la Chambre d’agriculture du Tarn. J’ai gardé ce lien avec mes racines et avec ce département rural où des domaines viticoles organisent chaque été des banquets de plusieurs centaines de convives autour d’un cochon à la broche, d’un agneau ou d’une pièce de bœuf. Personne (ni LFI, ni aucun recteur, ni aucun ami de gauche) n’y a jamais vu une exclusion symbolique.
Ce qui se joue dans un banquet de plusieurs milliers de personnes n’est pas politique au premier chef. C’est sociologique. Poulain l’a montré dans Sociologies de l’alimentation avec le concept d’espace social alimentaire, qui structure l’identité d’un groupe humain à partir de sa connexion bio-anthropologique à son milieu. Le porc en France, ce n’est pas un signal idéologique. C’est environ trente kilos par habitant et par an, une filière auto-suffisante à 100%, plus de 400 produits de charcuterie inscrits au patrimoine, et une tradition du tue-cochon qui structure le calendrier paysan depuis le Moyen Âge. Fischler ajouterait que c’est un opérateur d’incorporation collective, ce qui fonde le « nous » autour de la table.
Ces banquets fonctionnent comme des hyper-lieux au sens de Michel Lussault. Densité sociale concentrée, expérience corporelle partagée, mémoire affective collective. Le Vélodrome un soir de derby, la Feria de Bayonne, le Hellfest, les ferrades camarguaises relèvent du même régime. Bakhtine et Caillois parlaient d’effervescence festive et de suspension momentanée de l’ordre. Dans des temps anxiogènes (collapse rampant, perte de repères, atomisation néolibérale), la demande d’effervescence augmente mécaniquement. C’est un fait social, pas un complot.
Il faut ajouter une dimension que les commentateurs parisiens ratent systématiquement : la nostalgie des urbains déracinés. Pour la saisir, il suffit de s’arrêter une minute sur un phénomène que tout le monde connaît sans l’analyser : « Les Lacs du Connemara » de Michel Sardou. La chanson sort en 1981. Quarante-cinq ans plus tard, elle reste l’hymne incontournable des fins de mariage, des pots de départ, des fêtes étudiantes et des troisièmes mi-temps de rugby. Or quel est son contenu ? Une nostalgie celtique imaginaire pour une terre d’Irlande que la quasi-totalité des chanteurs n’a jamais foulée, peuplée de Connors et de O’Connolly qui leur sont parfaitement étrangers, dans une géographie qu’ils seraient bien incapables de placer sur une carte. Et pourtant des dizaines de millions de Français se lèvent et hurlent les paroles avec une émotion authentique. Ce n’est pas du folklore. C’est un fait sociologique massif. Les Français s’inventent des racines celtiques qu’ils n’ont pas, parce qu’ils ont besoin de racines tout court et que celles qu’ils auraient pu avoir (le village, la paroisse, le métier transmis, le patois) leur ont été retirées par deux siècles d’industrialisation et d’urbanisation.
Le mécanisme est exactement celui que décrit Jean-Claude Kaufmann dans ses travaux sur l’identité narrative : nous nous racontons à nous-mêmes des histoires d’enracinement pour tenir debout dans un monde qui a liquidé les ancrages hérités. Jean Viard parle depuis vingt ans de cette quête de réenracinement des classes moyennes urbaines, qui passe par le détour festif, gastronomique et terroir. Fischler avait anticipé cela en parlant de « gastro-anomie » dans les sociétés modernes : l’aliment perd ses repères, le mangeur cherche à les reconstruire ailleurs, dans la fête, dans le voyage gastronomique, dans le retour aux produits de terroir, dans la chanson collective, dans la communion sportive. Trois ou quatre générations après l’exode rural, la France compte des millions d’urbains qui n’ont plus de campagne d’origine, plus d’occitan à parler, plus de fête de village héritée, plus de feria régionale à laquelle se rattacher légitimement. Le Sud-Ouest a sa Feria, la Bretagne ses fest-noz, l’Alsace ses messti, la Provence ses ferrades. L’urbain hors-sol de la grande couronne parisienne, lui, n’a rien. Quand il se déplace pour un banquet de cochon à la broche, il ne revendique pas une supériorité sur quiconque, il achète un fragment d’enracinement qu’il n’a pas hérité.
Refuser ce mouvement, ou le soupçonner d’arrière-pensées, c’est ne pas comprendre que le besoin de racines est universel. Ceux qui en ont (par leur région, leur famille, leur communauté religieuse, leur appartenance migratoire encore vivante) ne mesurent pas toujours ce que c’est que de ne plus en avoir. Les urbains qui chantent Sardou un samedi soir et qui mangent un cochon à la broche un dimanche de banquet font la même chose pour la même raison : ils reconstituent par eux-mêmes ce que la modernité leur a retiré. C’est touchant, c’est émouvant, c’est sociologiquement intelligible, et cela ne mérite ni mépris ni soupçon politique.
Et c’est là où il faut introduire les vrais protagonistes de ces banquets : les artisans qui servent d’intermédiaires entre la terre et la table. Les maîtres charcutiers, les maîtres fromagers, les boulangers, les bouchers, les vignerons, les rôtisseurs. J’ai travaillé avec des Meilleurs Ouvriers de France et je sais ce que ce savoir-faire représente. Affiner un Saint-Nectaire fermier, désosser et saler un jambon de Bayonne dans les règles, conduire la cuisson lente d’un cochon entier sur seize heures, tirer un Cahors ou un Gaillac qui exprime son terroir : ce sont des gestes techniques transmis sur des décennies, parfois sur des siècles, qui n’ont aucun équivalent industriel. La France compte plusieurs centaines de MOF en activité dans les métiers de bouche, plusieurs milliers d’artisans titulaires de qualifications de haut niveau, et derrière eux toute la chaîne des AOP, IGP, Label Rouge et CRPA. C’est l’un des plus denses patrimoines techniques vivants d’Europe, reconnu par l’UNESCO en 2010 quand le repas gastronomique des Français a été inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité.
Ces artisans ne sont pas un détail décoratif du banquet. Ils en sont la condition de possibilité. Sans eux, la matière première paysanne reste matière première. Avec eux, elle devient gastronomie, c’est-à-dire un fait culturel transmissible. Poulain insiste sur ce point dans le Dictionnaire des cultures alimentaires : la culture culinaire d’un peuple ne réside pas seulement dans ses produits, mais dans la chaîne de transformations qui en fait des aliments mangeables et désirables collectivement. Casser cette chaîne, ou la déconsidérer, c’est appauvrir le pays bien plus sûrement que n’importe quelle politique économique ratée.
Et c’est là où les organisateurs du Canon Français, dont je ne partage pourtant pas la sensibilité politique, font quelque chose qu’il faut savoir reconnaître pour ce que c’est : un coup marketing brillant. Ils ont parfaitement compris la sociologie qu’ils exploitent. Ils ont lu (ou intuitionné) Kaufmann sur l’identité narrative, Viard sur la quête de réenracinement, Fischler sur la gastro-anomie. Et ils en ont tiré une offre commerciale d’une efficacité redoutable : un récit clé en main d’enracinement français, livré sous forme de banquet IGP-AOP, vendu très exactement 79,99 € TTC le couvert. Le centime manquant n’est pas un détail : c’est du « charm pricing » classique, la technique du retail mondial qui consiste à placer le prix juste sous le seuil rond pour suggérer qu’on tire les prix. Carrefour, Lidl, Amazon, Decathlon font pareil. Le Canon Français vend la nostalgie paysanne avec les codes marketing de la grande distribution. C’est une indication précieuse sur le profil professionnel de ses opérateurs : ce ne sont pas des militants improvisés, ce sont des marketeurs qui maîtrisent leur métier.
Le format est lui aussi modulaire, ce qui confirme la nature commerciale de l’opération. Les banquets s’organisent sur des jauges de 1 800 à 4 000 convives selon le potentiel du territoire visé. À 79,99 € le couvert, cela donne entre 144 000 et 320 000 € de chiffre d’affaires par événement, sur une seule journée, sans compter les sponsors, les partenariats médias et la captation des fichiers clients pour les éditions suivantes. Multipliez par le nombre d’étapes de la tournée et vous obtenez plusieurs millions d’euros par saison. C’est la logique d’un opérateur de tournée musicale qui adapte la salle à la demande locale solvable, pas celle d’une mobilisation militante.
Le convive, lui, achète un cochon à la broche, du Bayonne, du Comté, du Cahors, et surtout une histoire dans laquelle il peut se loger l’espace d’une journée. Une France imaginée, simple, conviviale, paysanne, qu’il n’a probablement jamais habitée mais qu’il croit reconnaître. Ce n’est pas un complot, c’est du business model appliqué à la nostalgie collective.
Boltanski et Chiapello l’avaient vu venir dans Le Nouvel Esprit du capitalisme (1999) : le capitalisme contemporain absorbe ses propres critiques et les recycle en niches commerciales. Le Canon Français n’est pas une alternative au marché, c’est une déclinaison identitaire du marché. La « France authentique » est vendue TTC avec mention de TVA et prix psychologique calibré. Cohérent business, intellectuellement contradictoire, sociologiquement révélateur.
Le précédent existe et il est massif : le Puy du Fou. Plus de 2,6 millions de visiteurs par an, deuxième parc de France, succès commercial incontestable. Et pourtant les historiens de métier (Mathilde Larrère, Florian Besson, Guillaume Mazeau, le collectif qui a publié Le Puy du Faux en 2022 chez Arkhê) ont démontré méthodiquement que ce qu’on y voit n’est pas l’histoire mais un récit cohérent fabriqué avec des matériaux historiques sélectionnés. Vikings, Jeanne d’Arc, chouans, Belle Époque sont mobilisés comme briques narratives au service d’une trame politique implicite, qui valorise le martyr, le sacrifice, la fidélité au terroir, la transcendance catholique, et gomme ce qui dérange.
Le Canon Français est exactement le Puy du Fou appliqué à la table. Le mécanisme est identique : prendre des matériaux authentiques (cochon à la broche, IGP, MOF, convivialité paysanne), les agencer en récit cohérent, vendre l’expérience à un public urbain qui n’a plus accès à la chose réelle dont ces matériaux dérivent. Le Puy du Fou vend de l’enracinement historique reconstitué. Le Canon Français vend de l’enracinement gastronomique reconstitué. Les deux marchent pour la même raison : ils répondent à un besoin sociologique massif avec un produit fabriqué, là où l’État, l’école, les institutions publiques ont renoncé à proposer un récit collectif, parce qu’elles ont (à juste titre sur le plan scientifique) privilégié l’histoire critique sur la grande narration. Le problème, c’est que la critique éclaire, elle n’enracine pas. Elle ne donne pas à pleurer aux mariages.
Et c’est exactement ce que mon grand-père agriculteur dans l’Aude et mon père conseiller agricole dans le Tarn savaient sans l’avoir lu. Le vrai enracinement est lent, transmis, modeste, souvent contradictoire et toujours singulier. Il ne se vend pas à 79,99 € TTC le couvert et il ne se met pas en scène avec pyrotechnie. Il vit dans une vendange chez le voisin, un repas après l’abattage du cochon en février, une partie de cartes au café de la place, un enterrement à Lavaur ou à Lautrec.
Henri Mendras avait diagnostiqué dès 1967 dans La fin des paysans que cette France-là disparaissait. Elle a disparu : la paysannerie est passée de 35% de la population active en 1955 à moins de 1,5% aujourd’hui. Ce qui reste, après cette disparition, c’est de la mémoire, du folklore, et désormais des produits de substitution comme le Puy du Fou ou le Canon Français. Les disqualifier en disant qu’ils mentent ne suffit pas. On ne les disqualifie qu’en proposant mieux. Et là, leurs adversaires sont silencieux.
Et c’est précisément ce qui devrait alerter la gauche, plutôt que le porc à la broche. Quand un acteur politiquement marqué identifie un besoin sociologique massif que personne d’autre ne traite, et qu’il y répond avec un produit cohérent et bien tarifé, il occupe un espace stratégique que ses adversaires lui abandonnent gratuitement. Les Lacs du Connemara à 79,99 € avec saucisson, en quelque sorte, mais structurés, organisés, médiatisés, et reproduits sur tout le territoire.
Pendant ce temps, ceux qui dénoncent l’opération offrent quoi à la même demande de communion festive enracinée ? Rien, ou des injonctions morales. Le marché de l’enracinement existe, il est massif, et la seule question politique sérieuse est de savoir qui l’occupe et avec quel récit.
Sur le plan strictement économique, l’opération reste vertueuse pour les filières paysannes et artisanales, indépendamment des intentions des organisateurs. Ils paient le juste prix à des producteurs qui en ont besoin. Ils donnent une visibilité à des terroirs et à des savoir-faire que le marché concentré rend invisibles. Quand plusieurs milliers de personnes mangent du Bayonne IGP, du Comté AOP, du Sainte-Maure de Touraine, du Cahors AOC ou un cochon élevé en plein air dans le Limousin, ce sont des dizaines d’exploitations et d’ateliers d’artisans qui passent un meilleur trimestre. Sur ce plan-là, leur banquet est plus vertueux qu’un dîner bioéthique tenu dans le 11e arrondissement avec du quinoa péruvien et du saumon norvégien. C’est un fait économique mesurable, pas une opinion. Refuser de le voir, c’est mépriser à la fois les mangeurs, les paysans et les artisans qui font tenir la chaîne.
Je ne suis pas dupe des organisateurs. Le nom « Canon Français » active un imaginaire défensif assumé, et la présence de Pierre-Édouard Stérin au capital n’est pas neutre. Il existe une instrumentation possible du dispositif festif au service d’un projet politique, et il faut la nommer.
Mais confondre les organisateurs avec les milliers de convives venus chercher une communion festive populaire, c’est une faute d’analyse. C’est ce que Bourdieu appelait la mécompréhension des pratiques populaires par les clercs. Le banquet n’appartient pas plus à ses organisateurs que le stade n’appartient à son président de club, ou que la Feria n’appartient à ses ganaderos. Le rituel, une fois lancé, échappe à ses initiateurs et devient un bien commun temporaire de ceux qui y participent, et un débouché commercial bien réel pour ceux qui le nourrissent.
À ce compte-là, il faudrait disqualifier les Fêtes de Bayonne (jambon IGP, chistorra, un million de participants), les ferias du Sud-Ouest, les comices agricoles, les fêtes de village du Tarn et d’ailleurs. Personne ne le fait, parce que ces sociabilités sont protégées par leur étiquette régionale. Le Canon Français ne l’est pas, parce qu’il s’affiche national. Or la nation est devenue suspecte là où la région reste légitime. Cette asymétrie est le vrai problème, et elle est intellectuellement insoutenable. Soit on accepte que les groupes humains aient le droit de manifester collectivement leur identité alimentaire, et alors on l’accepte aussi pour la nation française. Soit on le refuse, et alors il faut interdire la Feria, le Hellfest, les fest-noz, et tous les banquets viticoles du Tarn pendant qu’on y est.
La position de LFI (grande pourfendeuse de ces rassemblements) et du recteur de la mosquée de Paris est donc soit mal informée, soit stupide. Mal informée si elle ignore la sociologie de l’alimentation, la grammaire des hyper-lieux et la sociologie de la nostalgie urbaine. Stupide si elle l’ignore volontairement, parce qu’elle produit mécaniquement le vote qu’elle prétend combattre (Christophe Guilluy l’a démontré sur quinze ans, Jérôme Fourquet le confirme enquête après enquête). Quand vous dites à plusieurs milliers de personnes qu’elles participent à une exclusion symbolique en mangeant ensemble, vous ne les ramenez pas. Vous les expulsez du camp de la respectabilité, et elles vont chercher leur dignité ailleurs.
La France n’a pas à demander pardon de manger ensemble. Les paysans français n’ont pas à demander pardon de vendre leurs produits. Les artisans des métiers de bouche n’ont pas à demander pardon de transmettre leur savoir-faire. Les urbains déracinés n’ont pas à demander pardon de chercher un peu de communion festive, ni de chanter à tue-tête une nostalgie celtique qu’ils se sont inventée.
Et la sociologie, la vraie, celle qu’on apprend à Toulouse et qu’on lit chez Poulain, Fischler, Corbeau, Kaufmann, Mendras, Boltanski ou Lussault, ne dit pas le contraire.
Loïc STEFFAN
Article repris et publié le 8 mai, par M B. Renouvin.
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Ne leur en déplaise, c’est bien la France qui a créé l’Algérie
PAR MANUEL GOMEZ 6 mai 2026
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Il n’y a jamais eu d’État algérien, avant la colonisation française en 1830, contrairement à ce qu’affirment les dirigeants de l’Algérie indépendante depuis 1962 et notamment le président actuel de l’Algérie Abdelmajid Tebboune tout récemment, suite aux déclarations jugées offensantes du président Emmanuel Macron.
Une analyse de l’historien Pierre Vermeren, professeur d’histoire des sociétés berbères et arabes contemporaines à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, en apporte la preuve : « Avant il n’y avait pas de nations, mais des empires ou des royaumes ». L’Algérie ne fait pas exception. Avant le débarquement des Français en 1830, ce qui n’est pas encore l’Algérie (le nom a été inventé par les Français en 1839) est l’une des régences dites barbaresques de l’empire Ottoman depuis le début du XVIe siècle. Pour la Sublime Porte, c’est la province d’Alger : une colonie militaire sans dynastie locale contrairement au Maroc ou à la Tunisie, dirigée par un chef, le Dey d’Alger, et des soldats envoyés directement par Istanbul. Basée à Alger, cette province ottomane avait quelques relais militaires et administratifs dans l’arrière-pays. « Plus on allait vers le sud, vers les montagnes et loin des villes, plus les tribus étaient autonomes ».
Sur l’ensemble des tribus berbères et arabes, un tiers était fidèle au sultan, et « 40 % échappaient complètement aux Ottomans ».
« L’Histoire ne peut être falsifiée » a également déclaré le président Tebboune alors que, mieux que personne, il sait que l’Histoire a justement était totalement « falsifiée » auprès de la jeunesse algérienne, et cela depuis le premier jour de l’indépendance, dans l’objectif d’accuser la France de tous les crimes et massacres commis durant les 132 années de, selon lui, « l’occupation » du territoire algérien par les colons français et européens.
Y avait-il une nation avant l’arrivée des colonisateurs français en 1830 ?
Avant 1830, ce territoire a subi trois siècles de domination ottomane et il ne s’agissait ni d’un État ni d’une nation tout simplement parce qu’il n’y avait pas d’unité ethnique, linguistique, et politique.
Ce vaste territoire, sur lequel ne vivaient que les nomades Berbères, avait été occupé successivement par les Byzantins, les Vandales, les Romains puis les Arabo-musulmans et, même sur une petite partie de la côte de ce qui deviendra la région d’Oran, les Espagnols.
Après avoir battu militairement les « colonisateurs » Ottomans, l’armée française a dû affronter, durant une quinzaine d’années, les tribus rassemblées et ralliées sous la bannière de l’émir Abdelkader, qui tentera d’unifier le territoire algérien face à la conquête des Français.
Il s’agissait de quelques centaines de tribus arabes et berbères, éparpillées sur tout le territoire, qui se faisaient la guerre entre elles et l’émir Abdelkader ne réussit finalement qu’à en mobiliser la moitié, souvent par la force et la menace.
Il devra s’incliner vers 1847 et deviendra un grand ami de la France.
Que cela plaise ou non aux dirigeants successifs de l’Algérie indépendante, c’est bien la France qui a créé la nation algérienne en unifiant l’entité territoriale de l’Algérie en intégrant ce territoire, qui ne deviendra Algérie qu’en 1839, au sein de la République Française.
Le président Macron n’a donc pas eu tort d’affirmer (c‘est très rare mais, hélas, vrai, mais cette affirmation n’a pas effacé sa déclaration absurde de la pré-campagne présidentielle : « La colonisation fut un crime contre l’humanité ». Si la France n’avait pas été humaniste, l’Algérie serait toujours française) que l’Algérie n’avait pas été une « Nation » avant la colonisation française. Cela peut paraître inaudible pour le président algérien mais il s’agit pourtant d’un fait incontestable, et d’ailleurs il n’est contesté ni par les historiens ni par les chercheurs qui tous sont d’accord pour le confirmer : « Il n’y avait pas de nation algérienne avant 1830. »
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Bougez, exprimez-vous,
Envoyé par Inconnu
Mai 2013
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J'ai grandi avec toi dans un monde de respect, avide de connaissance et de partage.
Mes valeurs étaient simples mais justes, le respect des autres, la reconnaissance, l'honnêteté.
Le foyer familial était un havre de tendresse et de repos où s'épanouissaient curiosité et bonheur.
L'école communale fût la maison du savoir où l'instituteur n'avait qu'un seul désir, celui de nous transmettre la connaissance de notre pays, de sa géographie, de son histoire, de sa langue aux chants inépuisables. Nous le respections et l'aimions pour cela.
Nos billes en plâtre de toutes les couleurs, celles en verre encore plus belles, les petits soldats et voitures miniatures que nous nous échangions faisaient de nos jeux les plus passionnants du monde.
Nous étions riches de nos rêves, de nos idées, nous étions heureux.
Le lycée, puis la faculté nous ont guidé sur le chemin de la vie, nos amitiés se sont confortées avec le temps, nos vies privées et professionnelles se sont construites, sans que jamais nous ne nous écartions de nos vraies valeurs.
Aujourd'hui, nos enfants nous regardent sans nous comprendre.
La vie que nous voulions leur expliquer n'est pas celle qui les entoure : L'école n'est plus qu'un lieu de présence à caractère obligatoire, tant pour les enseignants que pour les élèves où les uns font ce qu'ils peuvent, les autres ce qu'ils veulent.
Entreprises à la merci de syndicats pourtant minoritaires au détriment de cette majorité silencieuse qui subit sans rien dire.
Course à l'argent, Dieu de la réussite, par tout moyen possible, honnête ou non, que l'on appelle : aides, subventions, travail dissimulé, fraude... Objectif : en faire le moins possible qu'il s'agisse du temps passé à travailler, que l'on parle d'horaires, d'arrêt de travail, de retraite anticipée, ou de la quantité de travail effectuée.
De nombreuses vérités annoncées n'ont pas leur place dans notre culture où liberté de pensée et laïcité représentent des valeurs essentielles. Pourtant, personne ne les dénonce, par peur ou par lâcheté.
Le statut d'homme politique était avant tout un sacerdoce
L'intérêt de la France était le seul objectif de ces hommes de qualité. Aujourd'hui, c'est sur le mensonge que le pouvoir leur a été confié.
Des promesses intenables dont ils avaient parfaitement connaissance, et c'est en toute impunité qu'ils resteront en place jusqu'au terme de leurs mandats.
Faire croire et faire semblant voile l'incompétence de ces Messieurs dont le seul but est de maintenir ce pouvoir auquel ils aspiraient depuis si longtemps.
Toutes les initiatives prises vont dans ce sens :
Le droit de vote aux « non français » leur donnera des voix supplémentaires.
Les emplois aidés, aides et subventions renforcées en feront de même, sachant que ces décisions ne sont prises que le temps des élections. Nomination à des postes clé d'amis fidèles et dévoués, afin de conforter la situation.
Une partie de la France a cru que tout était possible.
Que gagner plus en travaillant moins ne posait de problème à personne dans une conjoncture mondiale annoncée comme difficile alors qu'elle était en état de crise grave
Qu'il suffisait de prendre l'argent des riches et de le redonner aux pauvres pour que tout aille bien.
Que les décisions se prendraient sans tenir compte de l'Europe et que le simple changement de politique allait repeindre toute la maison France en bleu blanc rouge.
Que le chômage cesserait, que l'économie et le pouvoir d'achat repartiraient à la hausse.
Mais Français, où êtes-vous donc ? Réveillez-vous !
Tout le monde peut se tromper mais reconnaissez l'erreur avant qu'il ne soit trop tard.
On nous a trompé certes, mais le temps passe très vite et la situation empire de jours en jours.
Bougez, exprimez-vous, sortez de votre torpeur, cesser de vous lamenter en petit groupe dans les jupes de la France, c'est votre pays, c'est votre richesse, n'en faites pas votre ruine.
Un citoyen Français comme les autres.
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Que s’est-il passé en mai-juin 1945 dans le Constantinois ?
PAR MANUEL GOMEZ 9 mai 2026
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Le message totalement inculte du président Macron, pratiquement identique à celui du président Tebboune, accuse uniquement la France colonialiste de ce massacre. Or ce n’est pas du tout la vérité.
Sauf pour les partisans du « Vivre-ensemble » mais uniquement dans le but avoué publiquement que l’État français reconnaisse officiellement les crimes commis en son nom, pas uniquement le 8 mai 1945 mais également tout au long de son histoire coloniale.
Revenons brièvement sur le déroulement réel des événements du 8 mai 1945 :
– Les partis nationalistes algériens appellent à manifester. Cette manifestation politique est autorisée par les autorités françaises à la condition qu’il n’y ait ni armes ni drapeau algérien.
– La manifestation se dirige vers le centre-ville de Sétif mais un meneur, le chef scout musulman Aïssa Cheraga, déploie le drapeau algérien en passant devant le « Café de France », avenue Clemenceau. Le commissaire Olivéri tente de le lui enlever. Un jeune scout, Bouzid Saâl, le récupère. Un coup de feu part et il est abattu par un policier.
– Aussitôt cette foule de manifestants (pacifiques) se rue vers le centre-ville et les émeutiers, hurlant des slogans meurtriers, « Tuez les chrétiens, tuez les juifs, tuez tous les non croyants », massacrent à l’arme blanche et armes à feu tous les « Blancs » qu’ils trouvent sur leur chemin.
– Le maire de Sétif est tué, Alfred Denier, secrétaire du Parti Communiste, est égorgé et ses deux mains tranchées à la hache.
– On dénombre, ce jour-là, 28 morts européens, des enfants, des femmes, des vieillards, égorgés et plus de 80 blessés, et chez les musulmans 30 morts et 60 blessés.
Le soir même le calme est rétabli à Sétif.
Mais de nouvelles émeutes se développent dans différentes villes et villages de petite Kabylie : Guelma, Kherrata, etc. Les fermes européennes sont attaquées, brûlées, des actes de barbarie se multiplient, des femmes sont violées.
Le bilan : 102 morts européens et plus de 110 blessés.
Le général De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de l’État français, ordonne à l’armée d’intervenir par la force.
C’est donc 2000 soldats, composés par la Légion Étrangère, les Tabors Marocains et les Tirailleurs Sénégalais, sous le commandement du général Duval, qui sont chargés de réprimer ces émeutes, car les effectifs stationnés sur place, en Algérie, sont alors insignifiants, puisque 20 classes, soit 168.000 Français, sont encore mobilisés en métropole, soit 15,6 % sur une population de 1.076.000.
Presqu’un mois de folie meurtrière puisque la répression prend fin le 22 mai.
Les chiffres les plus fantaisistes ont été avancés par différentes sources.
Le général De Gaulle confie au général Paul Tubert le soin de comptabiliser les victimes, côté musulman. Son estimation : 1020 à 1340 morts, est immédiatement sujette à caution.
Moins cependant que ce chiffre de 45.000 proposé par les États-Unis, qui avait un intérêt géopolitique à déstabiliser le gouvernement français. Chiffre repris par la suite par les dirigeants du FLN et par tous les gouvernements de l’Algérie qui se sont succédé depuis l’indépendance.
Belaïd Abdessalam, ancien Premier ministre, a affirmé dans un important hebdo algérien que ce chiffre de 45.000 avait été retenu par ces gouvernements algériens à des fins uniquement de propagande.
2500 morts fut le chiffre calculé d’après la consultation des listes du ravitaillement et des listes électorales de 1945 et 1946.
Le Centre de recherche historique et de documentation sur l’Algérie a établi un chiffre plus précis, en date du 9 avril 2005, grâce à ses chercheurs Rachid Messli et Abbas Aroua, de 8000 victimes environ.
Le 19 mai 1945, le quotidien communiste L’Humanité titrait :
« Il faut châtier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigés l’émeute »
Le Parti Communiste, qui participait alors au gouvernement de la France dirigé par De Gaulle, avait lancé un appel à la répression, comme en témoigne un tract distribué le 12 mai en Algérie dans lequel il demandait de « passer par les armes les instigateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigé l’émeute. Il ne s’agit pas de vengeance, ni de représailles. Il s’agit de mesures de justice. Il s’agit de mesures de sécurité pour le pays. »
(Dix années plus tard, dès 1954, ce même Parti communiste « français » et ses réseaux parisiens, financeront et armeront le FLN dans sa lutte contre l’armée française, et seront responsables de milliers de morts, nos enfants et vos enfants, Français de métropole.)
Il y aura, parmi les musulmans, 4500 arrestations et 99 condamnations à mort, dont 22 seront exécutées.
Voilà la réalité sur ces événements tragiques. Que cela plaise ou non.
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Le 13 mai 1958 : prémices d’une trahison
14 mai 2026 Eric de Verdelhan
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« Jamais, moi vivant, le drapeau du FLN ne flottera sur Alger… »
(Charles De Gaulle, en juin 1958)
Aujourd’hui, les quelques vieux soixante-huitards encore de ce monde, devenus les bobos de la gauche-caviar, vont se remémorer, avec des trémolos, leur 13 mai 1968 : cette époque bénie où ces enfants trop gâtés de l’après-guerre (1) pouvaient tout casser, brûler des voitures, jeter des pavés sur les forces de l’ordre et hurler « CRS=SS » quand les flics ripostaient à coup de matraque. Bravant sans le moindre risque le pouvoir gaullien, ils se prenaient pour des révolutionnaires ou mieux, pour des héros. J’avais 18 ans en mai 68 et je ne pensais pas que cette colère de fils à papa allait amorcer le déclin de notre civilisation. Ces événements, presque exclusivement parisiens, me faisaient plutôt sourire : voir les godillots du gaullisme serrer les fesses devant des étudiants gauchistes (qui étaient souvent leur propre progéniture) avait quelque chose d’hilarant. « Et en même temps » comme dirait l’avorton présidentiel, les CRS casqués tapant allègrement sur cette vérole gauchiste, ce ramassis de pouilleux hirsutes, était un spectacle carrément jouissif. Avec le recul, quand je vois ce qu’est devenu l’écolo-libéral Dany le Rouge, j’en viens à penser que, finalement, les CRS de mai 68 auraient dû taper beaucoup plus fort ! Cette pseudo-révolution magnifiée, idéalisée, par toute une génération de larves, aura fait… sept morts et de nombreux blessés entre mai et juin 1968.
Édouard Balladur a qualifié mai 68 de « carnaval triste » et Raymond Aron de « saturnales menées par la jeunesse dorée du XVIe arrondissement » et ce fut effectivement ça : une colère de gosses de riches, de têtes à claques auxquelles il aura manqué précisément… des baffes.
Pour ma part, chaque 13 mai, j’ai une pensée pour celui de mes huit ans. C’est loin, mais je n’ai rien oublié de ce fameux 13 mai 1958, raconté avec force détails par de nombreux écrivains, plus ou moins témoins ou acteurs de ce qu’il faut bien appeler un coup d’État des séides gaullistes.
Je me souviens comme si c’était hier d’une discussion, à Tarbes, à la sortie de la messe, entre mon père – commandant à l’époque et qui s’apprêtait à repartir pour l’Algérie – et un vieux colonel de cavalerie en retraite, Gonzague de C………, qui habitait près de chez nous. Mon père disant : « De Gaulle va tout brader… », et ce brave colonel lui affirmant péremptoirement et en martelant ses mots : « Mais non, voyons, De Gaulle c’est l’empire ! ». Hélas, mon père avait raison !
Sur Wikipédia, on peut lire : « Le putsch du 13 mai est le coup d’État mené à Alger le mardi 13 mai 1958, conjointement par l’avocat et officier parachutiste de réserve Pierre Lagaillarde, les généraux Raoul Salan, Edmond Jouhaud, Jean Gracieux, l’amiral Auboyneau avec l’appui de la 10e Division Parachutiste du général Massu et la complicité active des alliés de Jacques Soustelle… ».
C’est (comme d’habitude sur Wikipédia !) très approximatif et assez incomplet.
Au départ, en pleine guerre d’Algérie, c’est un drame qui allait provoquer l’indignation des foules : le 25 avril 1958 un tribunal révolutionnaire de l’ALN (2) condamnait à mort et exécutait trois soldats français prisonniers depuis le 1er novembre 1956. Ces soldats, tombés dans une embuscade, étaient René Decourteix et Robert Richomme du 23e RI et Jacques Feuillebois du 18e Dragons. Pendant 18 mois, ces malheureux garçons avaient subi un atroce calvaire, traînés de village en village, la corde au cou, couverts de crachats, de coups et d’insultes. Ils furent finalement fusillés par l’ALN… sur le sol tunisien, ce « pays neutre et ami de la France » aux yeux de l’ONU.
Le général Raoul Salan était aux premières loges. Il a raconté en détail le 13 mai 1958 dans un numéro de la revue Historia ; récit repris ensuite, intégralement, dans ses mémoires (3).
En France, le gaulliste Alexandre Sanguinetti remuait ciel et terre pour organiser une grande manifestation en mémoire des trois soldats fusillés. À Bône, à Oran, à Constantine, puis à Alger, les partisans de l’Algérie française et les associations d’anciens combattants en font autant.
Mais il ne faudrait pas occulter l’agitation provoquée autour de ce drame par les partisans de l’ermite de Colombey qui, depuis douze ans, ne rêvait que d’un retour au pouvoir. Un retour que seules des conditions dramatiques, inespérées, pouvaient provoquer.
Le dimanche 11 mai, un gaulliste historique demande à Raoul Salan : « Mon général, pouvez-vous temporairement vous passer de deux régiments parachutistes et, en cas de troubles, les envoyer sur la région parisienne ? ». Le 13 mai 1958 était bien un coup d’État : les gaullistes ont envisagé un coup de force des paras pour s’emparer du pouvoir, mais ce fut un coup d’État sans victimes.
Raoul Salan était prêt à marcher puisque, comme il l’écrira lui-même : « À Paris, des hommes politiques reprochent à cette guerre de s’éterniser et de coûter cher. 400.000 hommes, disent-ils, n’arrivent pas à bout de 60.000 fellaghas! Je retrouve les propos tenus autrefois sur l’Indochine, mais Alger est à la porte de Paris… ». Manipulé par les gaullistes – qui ont pourtant tenté de l’assassiner en janvier 1957 (4) – Salan déclarera à la presse : « Pour éviter le désordre, je suggère que monsieur Pflimlin se retire et qu’un gouvernement de salut public soit constitué avec à sa tête le général De Gaulle, seul garant pour nous de l’Algérie française ». Dans cette affaire, le général Salan, trop naïf, s’est fait rouler dans la farine. Il en tirera les conséquences plus tard et passera à la dissidence.
Le 13 mai donc, une grève générale est décidée à Alger, ainsi qu’une grande manifestation patriotique au plateau des Glières, où se trouve le monument aux morts de la ville.
Cette manifestation de Pieds-noirs et de musulmans, qui fraterniseront avec les paras du 3e RPC (5) de Trinquier et ceux du 6e de Romains-Desfossés va prendre une ampleur considérable.
Au balcon du gouvernement général, la foule en liesse acclame les différents orateurs. On crie « Vive l’Armée », « Vive Massu », « Vive Salan », « Algérie française », mais surtout « Vive De Gaulle » et « De Gaulle au pouvoir ». La machination, première étape de la trahison, était en route.
De nombreux auteurs, crédules, qualifieront d’« heures historiques » ce qui fut, en réalité, une gigantesque manipulation. Pendant ce temps, De Gaulle secoue ses supporters en leur rappelant qu’il n’interviendra que « comme arbitre ». Il n’ose pas encore dire comme sauveur ! Pour beaucoup, il est le seul homme capable de sauver l’Algérie française. Plus personne n’évoquait son discours du 30 janvier 1944 à Brazzaville dans lequel il déclarait : « … En Afrique française, comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n’y aurait aucun progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n’en profitaient pas moralement et matériellement, s’ils ne pouvaient s’élever peu à peu jusqu’au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C’est le devoir de la France de faire en sorte qu’il en soit ainsi. Tel est le but vers lequel nous avons à nous diriger. Nous ne nous dissimulons pas la longueur des étapes… Au demeurant, il appartient à la nation française et il n’appartient qu’à elle de procéder, le moment venu, aux réformes impériales de structure qu’elle décidera dans sa souveraineté… ».
Et l’ermite de Colombey revint aux affaires, après une longue traversée du désert, à coups de propos mensongers. Bernard Moinet, dans son Journal d’une agonie (6) s’est donné le mal de reprendre les différents discours, notes, conférences, dans lesquels l’homme du 18 juin a pris position en faveur du maintien de la France en Algérie mais surtout, a demandé aux militaires, aux Pieds-noirs, aux Harkis, de lui faire confiance. C’est à la fois édifiant et scandaleux !
Le fourbe va rapidement tomber le masque. Dès janvier 1959, une des premières mesures du tout nouveau président de la République laisse les Pieds-noirs et l’armée perplexes : la grâce de 180 terroristes – excusez du peu ! – du FLN condamnés à mort pour des massacres ; la libération de 7000 prisonniers (qui s’empressent de gagner le maquis pour reprendre les armes contre la France) ; et le transfert de Ben Bella et de ses codétenus à l’île d’Aix, où ils allaient bénéficier d’un logement confortable. Cette clémence n’était que la première étape du chemin de l’abandon.
Très rapidement De Gaulle – qui découvre, en revenant aux affaires, l’utilisation qu’on peut faire de la télévision – dévoile ses véritables intentions : l’indépendance à court terme.
Déjà des émissaires gaullistes rencontraient en secret des responsables du FLN pour préparer ce que De Gaulle appelait « la paix des braves ». Le 16 septembre 1959, il prononçait son discours sur « l’autodétermination » qui ouvrait la voie à l’indépendance. Pierre Pflimlin, éphémère président du Conseil qui n’avait tenu que 20 jours avant d’être renversé par les gaullistes en mai 1958, avait vu juste quand il déclarait : « Les gens d’Alger vont avoir des surprises avec De Gaulle. Il les matera durement. Il ne croit pas à l’Algérie française. Il ira plus loin dans la politique algérienne qu’aucun gouvernement n’aurait pu le faire… Un jour les Français d’Algérie regretteront de m’avoir renversé. »
C’était une belle prémonition ! La perte de l’Algérie française, c’est la fin de notre autosuffisance énergétique et le début de l’immigration-invasion que nous subissons actuellement. Comme disait un humoriste – Coluche sauf erreur ? – « Lors du divorce entre la France et l’Algérie, c’est la France qui a obtenu la garde des enfants ». J’ai un peu de mal à comprendre pourquoi une majorité de Français – y compris ceux qui étaient antigaullistes de 1958 à 1969 – évoque aujourd’hui le retour au pouvoir de L’homme du 18 juin en 1958 comme une époque bénie pour notre pays. Le bradage de nos départements d’Algérie et du Sahara, où nous avions découvert et mis en valeurs d’immenses gisements gaziers et pétroliers, aura été une catastrophe que nous allions payer au prix fort.
Pour moi, le 13 mai sera toujours une journée de deuil ! Semper fidelis.
Éric de Verdelhan
1) C’est une époque où 20 % des bacheliers, généralement issus de la bourgeoisie, pouvaient faire des études supérieures. Depuis, par souci d’égalité, on donne un bac totalement dévalorisé à 95 % d’une classe d’âge et on s’étonne qu’il n’ouvre qu’une porte ; celle de Pôle-emploi.
2) Armée de Libération Nationale ; la branche armée du FLN.
3)« Mémoires » du général Raoul Salan, mémoires en trois tomes. Le dernier, et le meilleur, traite du drame algérien ; Plon ; 1973.
4) « L’affaire du bazooka » qui coûta la vie au commandant Rodier. Philippe Castille, l’un des auteurs de l’attentat, rejoindra plus tard Salan au sein de l’OAS.
5) RPC : Régiment de Parachutistes Coloniaux.
6) « Journal d’une agonie » de Bernard Moinet ; éditions Saint-Just ; réédition 1981.
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MISE A JOUR
Par M. J.P.B.
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LIVRE D'OR de 1914-1918
des BÔNOIS et ALENTOURS
Par J.C. Stella et J.P. Bartolini
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Tous les morts de 1914-1918 enregistrés sur le Département de Bône et la Province du Constantinois méritaient un hommage qui nous avait été demandé et avec Jean Claude Stella nous l'avons mis en oeuvre.
Jean Claude a effectué toutes les recherches et il a continué jusqu'à son dernier souffle. J'ai crée les pages nécessaires pour les villes ci-dessous, des pages qui pourraient être complétées plus tard par les tous actes d'état civil que nous pourrons obtenir. Jean Claude est décédé, et comme promis j'ai continué son oeuvre à mon rythme.
Vous, Lecteurs et Amis, vous pouvez nous aider. En effet, vous verrez que quelques fiches sont agrémentées de photos, et si par hasard vous avez des photos de ces morts ou de leurs tombes, nous serions heureux de pouvoir les insérer.
De même si vous habitez près de Nécropoles où sont enterrés nos morts et si vous avez la possibilité de vous y rendre pour photographier des tombes concernées ou des ossuaires, nous vous en serons très reconnaissant.
Ce travail fait pour Bône, Guelma, Philippeville, etc. a été fait pour d'autres communes de la région de Bône et de Constantine.
POUR VISITER le "LIVRE D'OR des BÔNOIS de 1914-1918" et du Constantinois
Le site officiel de l'Etat a été d'une très grande utilité et nous en remercions ceux qui l'entretiennent ainsi que le ministère des Anciens Combattants qui m'a octroyé la licence parce que le site est à but non lucratif et n'est lié à aucun organisme lucratif, seule la mémoire compte :
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La femme Corse...
Envoyé Par Paul
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La liberté de la femme Corse, quel tempérament !...
Deux gendarmes appellent leur quartier général et demandent à parler à l'officier de garde :
« Nous avons un problème ici, une femme vient d'abattre son mari d'un coup de fusil de chasse parce que celui-ci a marché sur le carrelage frais lavé. »
Vous avez arrêté la femme ? » demande l’officier.
"Non Chef.... c'est pas encore sec..."
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Notre liberté de penser, de diffuser et d'informer est grandement menacée, et c'est pourquoi je suis obligé de suivre l'exemple de nombre de Webmasters Amis et de diffuser ce petit paragraphe sur mes envois.
« La liberté d'information (FOI) ... est inhérente au droit fondamental à la liberté d'expression, tel qu'il est reconnu par la Résolution 59 de l'Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1946, ainsi que par les Articles 19 et 30 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui déclarent que le droit fondamental à la liberté d'expression englobe la liberté de « chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».
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